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mardi 3 septembre 2013

La bonne manière de manger


Conférence du 26 Janvier 1946
Omraam Mikhaël Aïvanhov (1900-1986)


Il y a plusieurs années, j'ai parlé de la question suivante. Ce n'est pas la quantité de nourriture absorbée qui donne la force, mais la manière de la manger. Dieu a mis des forces incommensurables dans les légumes et dans les fruits, mais on ne sait pas absorber cette nourriture. On mange quatre à cinq fois dans la journée; on est gavé, surchargé, on s'imagine que plus on mange, plus on sera fort (ce qui est un mensonge). On fatigue l'organisme qui s'habitue à recevoir une quantité excessive de nourriture et ne digère pas normalement. Il est convaincu que son maître le nourrira toujours comme cela; il rejette presque toute la matière nutritive et en conserve fort peu. L'organisme devient alors paresseux et l'homme commence à se sentir dégouté de tout, car il est surchargé, ses canaux sont bouchés. Les Initiés qui comprennent autrement cette question diminuent la quantité de nourriture, mais leur façon de manger s'améliore. Toute leur attention est fixée là-dessus.

Bien manger, c'est mâcher lentement, se concentrer sur la nourriture, ne pas parler, ni critiquer, ni s'agiter en mangeant. Il n'y en a pas un qui mange de cette façon. C'est à table qu'on commence à parler de tous les ennuis, de toutes les dettes, de toutes les choses à régler. On absorbe cela inconsciemment et tout est troublé: la respiration, la digestion, la concentration et l'on s'imagine qu'il en sortira des choses qui transformeront le monde et les nations, qui rétabliront l'ordre.

Tous le croient, mais moi, je ne le crois pas. Je sais que ce n'est pas ainsi qu'on transformera l'humanité. Il suffit que je vois manger quelqu'un pour savoir ce qu'on peut attendre de lui. Si je vois quelqu'un manger en regardant à droite et à gauche en grommelant, cela me montre que c'est un fauve. On ne peut rien en attendre: il est comme les animaux qui n'ont pas des pensées pures, qui craignent qu'on prenne ce qu'ils ont volé. D'autres mangent tranquillement et c'est merveilleux. À la façon dont mange une personne, je connais des choses détaillées.
J'ai dit un jour, à Lausanne, une chose terrible: «Ceux qui mangent de la viande ignorent qu'ils produisent en eux des sentiments et des pensées animales». Quand ils vous parlent de Dieu, de la justice, de la pureté sans la comprendre, ne croyez pas ce qu'ils disent, car c'est la viande qui s'exprime par leur bouche.

Les Initiés qui ont étudiés durant des milliers d'années (plusieurs vies) comment manger très peu de nourriture dans le silence, avec amour, en méditant, parviennent à puiser tant de forces dans les aliments qu'ils peuvent faire des choses merveilleuses avec des quantités minimes. La science ne l'explique pas, mais les faits sont là.

Que font ces Initiés? Ils désagrègent la matière. Ils savent que leur cerveau représente une matière qui peut se désagréger à volonté en dégageant des forces, comme le fait maintenant la science avec la bombe atomique, en coupant les liens entre les atomes. Ces Initiés ne désirent pas que la science arrive à réaliser cela, bien qu'ils aient su le faire eux-mêmes depuis des siècles et que, grâce à cela, ils peuvent accomplir des miracles et guérir les gens. Ce n'est ni la quantité de nourriture, ni la viande qui donne cette force. Si vous voulez évoluer, vous dominer, prendre une prépondérance sur votre côté inférieur, ce n'est pas la viande qui vous le permettra. Vous vous imaginez que vous vous dominez, mais pourquoi n'y arrivez-vous pas, en fait? Vous n'avez pas étudié ce que sont les cellules de la viande. Ces cellules sont individualisées et elles vous enseignent un individualisme forcené. Peu à peu, toutes vos cellules deviennent indépendantes, personnelles et quand vous essayez de vous calmer, d'avoir de la patience, vous cherchez en vain l'équilibre ; car en vous nourrissant de viande, vous avez rendu toutes vos cellules rigides, opiniâtres. Voilà pourquoi aucun de ceux qui mangent de la viande ne parviennent à se maîtriser comme il faut.

Si vous cherchez à évoluer, la question est réglée, vous constaterez vous-même ce que la viande apporte à l'intelligence. Je ne vous conseille pas d'en manger. Vous rencontrerez de tels obstacles et tant de difficultés qu'il vous faudra des heures, des jours, pour vous calmer. Même si vous parvenez à trouver un calme apparent, celui-ci ne sera pas stable et sûr.

Ceux qui se nourrissent consciemment de fruits et de légumes et qui sont instruits des effets de la nourriture végétarienne poseront les fondements d'une vie solide ; s'ils ont tendance à s'agiter, leurs cellules se calmeront car elles aiment la paix et auront les conditions pour la réaliser. Tandis que les carnivores auront beau gagner les montagnes pour s'isoler ou s'enfermer dans un caveau d'airain, ils auront peut-être le calme extérieur, mais en eux régnera toujours la trépidation. Le calme ne vient pas si on ne sait pas se nourrir.

Il me reste encore quelques mots à ajouter. Que tous ceux qui disent: «Mais si nous ne mangeons pas de viande, les animaux se reproduiront tellement qu'ils nous mangeront.» N'ayez pas peur. Il y a dans la nature une loi qui règle tout. Quand une espèce animale est poursuivie, elle se multiplie. La multiplication des animaux vient justement de cette menace qui pèse sur eux. Considérez les animaux non poursuivis, ils sont peu nombreux. Actuellement, ceux qui se répandent exagérément, ce sont les microbes. Ils sont les seuls à avoir accompli comme il faut l'ordre de Dieu: «Croissez et multipliez.» Ils le font avec une rapidité foudroyante. Que voulez-vous que je vous dise encore?

Je tirerai une conclusion; ni du point de vue esthétique, ni du point de vue hygiénique, ni des points de vue mystique, religieux, philosophique, politique, scientifique, la viande n'est recommandée. Quand on voit combien cette nourriture peut causer de dégâts et entraver l'évolution, on comprend que ce qu'on a mangé coûte très cher. Les calculs de la majorité sont différents. Tous disent: «Mangez de la viande, elle est moins chère, d'ailleurs on trouve difficilement des fruits et des légumes.» Je sais que les fruits manquent en ce moment, où les conditions sont particulières (France, 26 Janvier 1946). Je ne suis pas tombé d'une autre planète sans savoir ce qui se passe sur la terre. J'ai compris combien il est difficile de s'approvisionner, mais je tiens quand même au végétarisme. Quand un jour il y aura beaucoup de fruits, ce sera mieux.


Il est en définitive plus onéreux de manger de la viande que d'acheter très cher une nourriture végétarienne. Cette nourriture coûte très cher en monnaie-papier, mais la santé représente de la monnaie-or, car lorsqu'on mange de la viande, tôt ou tard on paie sous forme de maladie. On paie le docteur, les infirmières, les cliniques. Qu'est en réalité la maladie? C'est ce qui vient d'une nutrition impure. La nourriture pure n'apporte jamais de maladie. En réalité, la viande coûte extrêmement cher. Ceux qui savent comprendre, comprendront. Ceux qui disent qu'il ne faut pas jeter ce qu'ils ont préparé la veille, même si c'est fermenté, ne comprendront pas. Leur méthode revient aussi très chers, car ils économisent quelques centimes, mais par la suite, quand commencent les douleurs, ils paient des sommes fantastiques pour se soigner et ils trouvent cela normal. Voilà comment les hommes bêtes raisonnent sur toutes les questions.

Reconnaître la qualité d’une nourriture


Conférence du 26 Janvier 1946
Omraam Mikhaël Aïvanhov (1900-1986)


Considérez les fruits et les légumes. Quelle beauté est la leur! Regardez par exemple une belle feuille verte de salade, la véritable poésie s'y trouve. Et que dire aussi des fraises, des oranges, des pamplemousses et de tous les autres fruits!

Comment reconnaître la qualité d'une nourriture? Il existe plusieurs méthodes pour la déterminer. Le critère que je vous donne là est parmi les meilleurs; la matière d'une nourriture de bonne qualité résiste longtemps à l'atmosphère; si elle se gâte facilement, sachez qu'elle n'est pas de bonne qualité. Ainsi, prenez de la viande, gardez-la vingt-quatre heures à l'air (les hommes sont malins, ils ont inventés les réfrigérateurs), vous verrez quel aspect elle aura et quels insectes se mettent à y pulluler. La viande se putréfie en dégageant des gaz, ce qui prouve que sa matière n'est pas parfaite. La même chose se produit dans l'estomac. C'est pourquoi ceux qui mangent de la viande ont une odeur de fauve.

Une question très importante pour ceux qui veulent se marier, c'est précisément celle de l'odeur. L'odeur désagréable est la cause de nombreux divorces. Les gens ne le disent pas, mais c'est ainsi. Les gens mariés qui ont mangé de l'ail ne le supportent que si tous les deux en ont mangé. De même, un herbivore souffre d'avoir épousé un carnivore. Les fruits, les légumes résistent longtemps, ce qui prouve que leur matière est pure. C'est de l'or qui ne s'oxyde pas, de la lumière céleste.

Comment les animaux savent-ils discerner les végétariens des hommes qui mangent de la viande? Vous avez peut-être lu des récits de voyage aux Indes. On y lit que des Initiés méditent assis dans les forêts, des jours entiers. Autour d'eux, les fauves (tigres, léopards, lions) se promènent et ne leur font aucun mal. Aucuns ne se jettent sur eux. Pourquoi? Parce que ces yogis, ces saints respectent ces frères-animaux qui, en retour, les aiment; ils les protègent et ne mangent pas leur chair. Aussi ne dégagent-ils pas cette odeur que les fauves perçoivent à des kilomètres. Les animaux sont donc avertis que cet homme est un grand frère qui ne mange pas les petits frères et ils sont si reconnaissants qu'ils le protègent et ne l'attaquent pas. Mais quand ils sentent que quelqu'un mange les leurs, ils savent en faire autant.

Voilà qui explique beaucoup. Transposez cela dans le plan astral (sentiments). Vous verrez que celui qui mange la chair des animaux est mangé par des animaux dans le plan astral. Chaque jours, il est inquiet, rongé de soucis. D'où viennent les souffrances terribles que traverse l'humanité actuellement? Savez-vous qu'on devient plus nerveux, plus irritable, quand on mange de la viande? On ne supporte ni un regard, ni un mot. Une simple parole peut briser une amitié. On le paie ensuite toute la vie. Cette nervosité, cette irascibilité sont nourries par la viande. C'est la viande qui pousse les hommes à être ainsi. Si vous me dites: «Frère Michaël, observez que les gens qui mangent de la viande supportent mieux certaines difficultés dans la vie; ils sont plus résistants, plus combatifs, plus tenaces, plus actifs.» Oui, c'est vrai. Mais il y a des explications à ce sujet. Si vous faites une comparaison entre carnivores et herbivores, qu'observez vous? Vous constatez que les carnivores sont beaucoup plus actifs, plus énergiques, qu'ils savent défendre leurs intérêts avec leurs dents, leurs ongles et leurs griffes. Se quereller, discuter, ne les fatigue pas énormément. En revanche, les herbivores ont besoin de paix, d'harmonie, de douceur et ils étouffent au milieu du désordre et de la discorde. Là où les carnivores sont bien armés, les autres doivent fuir. Tous ceux qui tirent des conclusions erronées disent que les premiers sont mieux armés pour la vie. C'est vrai. Mais quelle vie? Pour la vie animale.

Un végétarien ne peut dormir sous les ponts comme les clochards. Il est frileux. Nous touchons là à une autre question: ceux qui étudient le sujet constatent que ceux qui mangent de la viande ont une certaine qualité de chaleur qui leur permet de mieux résister au froid. Il y a deux sortes de chaleur et de froid. Dans l'une de ces chaleurs, un grande vitalité et toutes les passions s'éveillent. Quand on s'est bien régalé avec des saucisses, du jambon, la chaleur augmente et il faut étouffer le feu en buvant abondamment. En fait, c'est de l'huile jetée sur le feu, sous forme de vin. Plus on arrose l'incendie, plus on devient chaud. Bientôt, cette chaleur commence à gagner d'autres régions. Voilà comment l'homme qui a mangé de la viande a d'abord besoin de boire, puis ensuite d'autre chose que je n'ose pas dire... Après je ne sais pas pourquoi - pour se calmer, pour étouffer le feu, il doit fumer. Au contraire, ceux qui n'ont pas mangé de viande n'ont rien en eux qui les excite. La viande est liée à des esprits qui appellent leurs amis. L'histoire ne nous dit pas les conséquences désastreuses qui en découlent et la nécessité de consacrer toute une existence pour réparer les dégâts.

Ceux qui mangent des fruits et des légumes sont de plus en plus à l'abri de toutes ces tentations et de cette chaleur néfaste. Ils sont peut-être plus frileux, mais ils possèdent une chaleur d'un autre ordre. Ils sont frileux, mais ils peuvent incendier le monde. Ils sont froids, mais ils réchauffent tous les cœurs, toutes les âmes. Les autres sont chauds, mais partout où ils vont, c'est le froid. Ils font des bêtises et les autres se refroidissent à leur contact. On n'a pas encore étudié la vraie chaleur. Il existe une chaleur maladive. Vous ne savez pas encore différencier les deux chaleurs. Quand je touche la main de quelqu'un, je peux vous dire à quelle catégorie appartient la chaleur de son corps, si c'est la chaleur normale, saine, ou bien s'il s'agit de cette chaleur qui crée les complications de la vie et aboutit aux maladies. La vraie chaleur, dit le Maître Peter Deunov, est douce, agréable, tempérée. Elle crée en vous une lumière. L'autre vous brûle, vous consume et laisse des cendres. C'est une chaleur provenant du feu terrestre. Car il y a un feu terrestre et un feu céleste. Cette question est des plus initiatiques. Les Initiés n'ont étudié que le feu; le feu, c'est-à-dire le grand purificateur de tout, Dieu Lui-même: le feu sacré.
La viande nous apporte la chaleur terrestre qui permet même de coucher sous les ponts et sur le sol... Les herbivores sont plus frileux que les carnivores, mais ils ont d'autres qualités qui dépassent tout. Je préfère être frileux et avoir des pensées, des sentiments et des désirs d'un autre ordre qui me réchaufferont le cœur. Il faut s'habituer un peu à se chauffer davantage, mais ne pas se laisser envahir par cette chaleur qui vous consume. Vous avez tous en vous cette chaleur. Elle vous tue, elle vous désagrège.

On m'objectera autre chose en disant: «Observez les animaux carnivores, ils ont une énergie formidable et travaillent activement.» Oui, c'est vrai, mais voyez combien de temps cela peut durer. Tous les animaux féroces, les fauves, sont forts et puissants, mais ils ne peuvent poursuivre longtemps leurs efforts. Ils sont très forts dans l'instant, manifestent un grand dynamisme, mais ensuite ils s'affalent lamentablement. Les herbivores ne manifestent pas une force semblable, mais elle est régulière, équilibrée, pondérée, continue ; c'est pourquoi le travail qu'ils fournissent est beaucoup plus réel et effectif que celui des carnivores.


Considérez les fourmis, les abeilles ; elles sont infatigables ; les chevaux, les brebis, l'éléphant, également. Vous dites: «On a beaucoup de forces quand on mange de la viande.» Vous ajoutez que le lion est le roi des animaux. Mais comment se fait-il que l'éléphant soit le plus fort des animaux bien qu'il ne se nourrisse que de végétaux? D'où extrait-il cette force? Nous en arrivons à tirer la conclusion que ce n'est pas la nourriture qui donne des forces; elle nous donne des qualités spéciales de force, mais la force pure est une question qui n'est pas encore bien étudiée par la science. Pourquoi le blé, le riz, l'herbe, lorsque les éléments qu'ils contiennent sont bien absorbés, mâchés, distribués, apportent-ils une telle force? Pourquoi l'éléphant tire-t-il sa force des plantes, alors que l'homme ne sait pas l'en tirer? Pourquoi les Initiés mangent-ils du riz et peuvent ensuite améliorer la vie partout, déplacer des montagnes?

lundi 2 septembre 2013

Le choix de l’Humanité


Le moment est venu pour les hommes de faire le plus grand choix de leur histoire. Ils vont bientôt se rendre compte qu'il leur faut prendre une décision capitale, déterminante pour l'avenir de chaque homme, femme et enfant, et dont dépend la survie même de toutes les créatures qui peuplent ce monde. Ils vont devoir choisir entre la poursuite de leur aventure sur la Terre dans une créativité toujours plus féconde, et l'anéantissement de toute vie, humaine et sub’humaine, dans la dévastation de notre demeure planétaire.

L'homme a, hélas, percé le secret de la puissance redoutable qui se cache dans le noyau de l'atome ; il s'en est emparé pour la mettre au service de la guerre. Tant que l'humanité sera si divisée à cause de la cupidité, de la rivalité et de la soif de pouvoir qui l'animent, la menace de son extinction, accidentelle ou intentionnelle, sera toujours présente. Il appartient donc aux hommes de créer des conditions de vie qui les mettront hors de danger.

L'individualité des hommes et des nations est aujourd'hui si puissante, leurs divisions dans la lutte pour la vie sont si profondes qu'ils se sont égarés, et doivent impérativement retrouver leur chemin s'ils veulent survivre.

C'est pourquoi les Grands Etres qui sont vos Frères aînés ont entrepris de leur montrer la seule voie qui conduit à la paix. Nous l'affirmons : seuls le partage et la justice apporteront aux hommes cette paix, à laquelle tous aspirent au plus profond de leur cœur. Ce que nous préconisons est si simple ! Pourtant, jusqu'à présent l'humanité a bien du mal à le comprendre. Les hommes jouissent d'un libre arbitre divin, et sont les maîtres de leur destin. Notre conseil : qu'ils prennent le chemin du partage et de la justice, ces habits de la fraternité sans lesquels un homme n'est pas pleinement un homme.


Extrait de l'entremise de Benjamin Creme,

La place des Maîtres


Depuis de longues années, nous, les Maîtres, nous préparons pour l'Emergence ; l'heure est maintenant proche où, en formation de groupe, nous vivrons au grand jour parmi les hommes. Pour certains, ce sera une expérience entièrement nouvelle. Nombre d'entre nous ont passé tout leur temps au sein de la Hiérarchie depuis qu'ils sont des Maîtres, et il va leur falloir apprendre maintenant à travailler d'une façon tout à fait différente. Ils vont même devoir apprendre à faire usage de la parole, car la télépathie a longtemps été notre seul mode de communication.

Initialement, et pendant une période prolongée, nous devrons limiter nos contacts aux disciples de niveau élevé dans les divers secteurs d'activité, ainsi qu'aux professionnels de la gestion et de l'administration, en particulier dans le domaine de la distribution de nourriture. Parmi les Maîtres, beaucoup sont des spécialistes de l'administration, tandis que d'autres se consacrent plus volontiers à l'enseignement. L'objectif est de travailler en étroite collaboration avec l'humanité dans tous les domaines, et dès que possible en contact avec le public le plus large. Il faut souligner que, si les Maîtres ont pour but de stimuler et de guider les hommes, ils considéreront toujours comme essentiel de respecter leur libre arbitre.

Petit à petit, l'emplacement des différentes écoles des Mystères, de niveau préparatoire ou supérieur, sera divulgué et des milliers de disciples se tourneront vers elles dans l'espoir de les intégrer. Ils y recevront la préparation nécessaire aux deux premières initiations, et pénétreront ainsi dans le sanctuaire de la Hiérarchie.

Au commencement, on peut s'attendre à une certaine opposition à la présence des Maîtres et à leurs idées mais, à la longue, même les plus intransigeants des fondamentalistes de toutes confessions finiront par baisser pavillon devant l'innocuité des Frères aînés de l'humanité. En temps opportun, les villes du monde seront transformées et deviendront des lieux de grande beauté. La nouvelle science de la Lumière métamorphosera l'industrie et les déplacements, et la mobilité accrue des populations contribuera à l'unité du monde. Les gens de toutes nations travailleront ensemble, en équipe, au service de tous. Les Maîtres dispenseront volontiers leurs conseils, et guideront les hommes avec sagesse et bienveillance.

La simple présence dans le monde d'une poignée de Maîtres aura un effet électrisant sur les milliers d'individus qui brûlent de répondre aux besoins de l'humanité, et pour nombre d'entre eux le service deviendra un nouvel objectif de vie. Dans ces conditions, une immense transformation pourra se produire en un laps de temps relativement très court. Un vaste programme d'aide aux pauvres accomplira des miracles, dans des pays d'Afrique et d'Amérique du Sud par exemple. La nécessité d'agir sans délai pour corriger les erreurs du passé se fera sentir avec une force nouvelle, et impulsera des mesures d'aide d'une ampleur encore inégalée. Inspirés par Le Maître et son groupe, des centaines de milliers d'hommes et de femmes trouveront là leur vocation.

Nous, les Maîtres, n'avons d'autre but que d'enseigner et de guider, de montrer la voie aux hommes et de les protéger. La guerre sous toutes ses formes doit être bannie à jamais mais il revient à l'homme, et à lui seul, de décider qu'il en soit ainsi. Je le répète, nous avons pour tâche de brosser une esquisse de l'avenir et d'éclairer le chemin, mais ce sont les hommes et eux seuls qui devront s'y engager et le parcourir, étape après étape. N'ayez crainte, tout s'accomplira. L'avenir qui s'ouvre aux hommes ne pourrait être plus prometteur.


Extrait de l'entremise de Benjamin Creme,

dimanche 1 septembre 2013

Le corps de gloire : Divinisation, de Omraam


Une fois que l’âme a quitté le corps, inutile de jouer des comédies pour la faire revenir. Sur cette question il y a beaucoup d’histoires mensongères inventées par des ignorants ou des imposteurs. On parle de magiciens qui ont réussi à ressusciter des morts. Non, la vérité c’st que grâce à certaines méthodes qu’ils connaissaient, ils arrivaient à évoquer des entités terrestres ou souterraines qu’ils introduisaient dans le corps du mort pour le faire mouvoir. Ce n’était pas l’esprit du mort qui revenait, mais d’autres entités ; par des conjurations, en leur présentant des éléments qui leur conviennent (du sang, de la nourriture), le magicien réussissait à les faire entrer dans le corps, et elles restaient là pour quelque temps. Même Jésus n’a pas ramené des morts à la vie. Vous direz : « Pourtant, c’est ce que rapportent les Evangiles ! – Oui, mais en réalité ils n’étaient pas encore morts – Et Lazare ? Il était mort depuis trois jours… » Non, les autres le croyaient mort, en réalité il était encore vivant. D’ailleurs qua dit Jésus ? « Lazare, notre ami, dort, mais je vais le réveiller ». Et cela ne diminue en rien le mérite de Jésus, car Lazare serait réellement mort si Jésus n’était pas venu l’arracher du coma. Et même, ce que l’on dit de la mort de Jésus, et donc de sa résurrection, est-ce véridique ?... Mais je ne toucherai pas cette question pour ne pas troubler davantage les consciences chrétiennes.

La transfiguration de Jésus ne peut s’expliquer que par la manifestation de ce que la tradition spirituelle appelle le corps de gloire. Cette manifestation peut être d’une telle intensité qu’un flot de lumière semble surgir du plus profond de l’être pour embrasser son corps et même ses vêtements. Le germe du corps de gloire se trouve dans le corps éthérique, qui est le double du corps physique, et c’est sur ce germe que nous devons travailler. Comment ? Par nos pensées, nos sentiments, nos désirs, toute notre vie psychique, nous pouvons opérer des transformations au coeur même de nos cellules. Nous sommes habités par des milliards d’âmes, nos cellules, et chacune peut ressusciter. Vous direz que les cellules ne sont pas des âmes. Les cellules elles-mêmes, non bien sûr, mais chacune d’elles est la demeure d’une petite âme à qui a été confiée une activité particulière. Une cellule des yeux n’est pas une cellule du cerveau ou du foie ; elle n’est pas une simple particule de matière occupant une place quelconque dans notre organisme. Elle est comme une ouvrière consciente du travail qu’elle doit accomplir là où elle se trouve, parce que c’est de ce travail que dépend le bon fonctionnement de l’organisme. Seulement la « conscience » de ces milliards de cellules est le reflet de notre conscience à nous. Si nous menons une existence désordonnée, nous affaiblissons ces âmes qui ne peuvent plus faire correctement leur travail ; les unes après les autres, elles cessent de fonctionner, et nous allons vers la mort, la mort physique, mais aussi la mort spirituelle.

La biologie, la médecine, nous présentent l’être humain d’une manière qui n’est pas fausse, bien sûr, mais incomplète, car elles ne nous apprennent pas à considérer notre organisme comme une fraternité d’âmes. Et de plus que par notre conduite déraisonnable nous pouvons paralyser, anéantir toutes ces gentilles créatures qui travaillent pour nous, de même si nous décidons de mettre de l’ordre et de la lumière dans notre vie, nous pouvons les vivifier, les régénérer, les illuminer. Nous ne pouvons pas ressusciter sans l’aide de toutes nos cellules, car nous dépendons d’elles. Grâce aux puissances psychiques et spirituelles que nous possédons, c’est nous qui sommes à la tête, c’est nous qui décidons. Mais nous sommes complètement paralysés si les cellules de nos membres et de nos organes ne sont pas en état de réagir aux ordres que nous leur donnons. Nous dépendons de nos cellules, mais en même temps c’est à nous de leur faciliter la tâche, puisque nous sommes une entité spirituelle consciente et libre. Il est très difficile d’expliquer ce lien qui existe entre nous et toutes ces âmes qui peuplent notre organisme, mais ce lien existe et il est très fort. C’est pourquoi il faut arriver à animer, purifier, éclairer, spiritualiser toutes les cellules de notre corps. L’erreur des humains, c’est de ne pas sentir le lien qui les unit à tous ces habitants en eux, et cette ignorance les paralyse et les limite dans leurs possibilités. Vous direz ; « Mais comment établir ce lien avec nos cellules ? Jamais elles ne comprendront ! » C’est là encore que vous vous trompez, car elles aussi ont une forme d’intelligence. La preuve : vous vous blessez et quelque temps après, sans que vous fassiez quoi que ce soit, la plaie est refermée, on ne voit plus rien. Comment les cellules sont-elles arrivées à tout réparer ? est-ce que vous le savez ? Non, et moi non plus. Eh bien, elles, elles le savent. Tout ce peuple de cellules que nous abritons, en nous, possède une intelligence particulière qui les rend aptes à toutes sortes d’activités. Il y a des chimistes, des physiciens, des mécaniciens, des biologistes, des médecins, des philosophes ... Un jour la science découvrira toutes ces merveilles ! En attendant, c’est à nous de faire un travail par la pensée afin d’envoyer de la lumière et de l’amour dans tous les points de notre organisme pour le régénérer.

Lorsque, sur quelque sujet que ce soit, l’homme se laisse aller à l’incompréhension, à la jalousie, à la haine, etc… ce sont autant de miasmes qu’il projette, et les premiers touchés sont justement tous ces petits êtres qui sont en lui, ses cellules. Et alors, comment peut-il se sentir après les avoir malmenées et leur avoir donné de si mauvais exemple ? Combien de gens s’imaginent qu’ils ont fait leur devoir quand ils ont su donner aux autres une bonne image d’eux-mêmes, de leur courage, de leur maîtrise, de leur moralité ! Eh non, ce n’est pas devant les autres, c’est devant soi-même qu’il faut apprendre à donner l’exemple ; devant ses propres cellules, car nos cellules sont comme des enfants que nous devons éduquer. Qu’est-ce que c’est que cette comédie ? Devant les autres on s’efforce de se montrer impeccable, on fait des discours généreux, on prend des poses, mais quand on est seul face à soi-même, on abandonne toutes ces belles manières et on laisse libre cours aux mauvaises pensées et aux mauvais sentiments. Et les cellules qui sont là, qui observent, reçoivent un très mauvais exemple. Oui, parce que tout s’enregistre au-dedans, et les cellules disent : « Eh bien, nous aussi, nous ferons tout ce qui nous plaira », et il est impossible ensuite de les rendre obéissantes.

Il appartient donc, à chacun d’entre nous, d’attirer de l’océan cosmique les éléments les plus subtils, les plus rayonnants, pour former notre corps de gloire, le corps de l’immortalité, le corps de la lumière. Ce corps de gloire, nous l’avons tous en nous comme un germe que nous devons développer. Comment ?... Eh bien comment la mère forme-t-elle son enfant ? Cet enfant, lui aussi, est d’abord un germe ; mais en mangeant, en respirant, en pensant à lui, en l’aimant, elle lui donne les matériaux grâce auxquels il se développera. C’est elle qui le forme, aussi doit-elle être vigilante dans ses pensées et ses sentiments, afin de le former avec ce qui existe de meilleur. Il en est de même du corps de gloire. On peut dire du corps de gloire qu’il est le corps, la demeure, le temple que nous construisons pour le principe christique qui est en nous. Quand nous vivons les états de conscience très élevés, nous attirons des particules lumineuses qui vont contribuer à la formation de notre corps de gloire. C’est ainsi que nous le faisons grandir. Il ne peut être formé que du meilleur de nous-mêmes, et si nous le nourrissons longtemps de notre chair, de notre sang, de notre fluide, de notre vie, un jour il commence à rayonner. Le corps de gloire est formé de matériaux qui sont pure lumière, qui ne s’oxydent pas, qui ne se ternissent pas ; c’est pourquoi il est immortel et il fait des merveilles, en nous-mêmes d’abord, et ensuite en dehors de nous.

Chaque créature humaine peut construire son corps de gloire, mais à une seule condition : en s’efforçant de se dépasser, de se surpasser afin d ‘attirer les particules les plus pures et les plus lumineuses. Tant que l’homme reste à un niveau de conscience ordinaire, il attire des éléments, bien sûr, mais ces éléments ne lui servent qu’à alimenter son corps astral. Or ce corps astral va enfler, comme celui du riche dont parle Jésus dans la parabole, et l’empêchera de passer par la porte du Royaume de Dieu. Par nos pensées, nos sentiments, notre façon de vivre, il y a toujours quelque chose en nous que nous alimentons ; mais c’est à nous de savoir si nous volons alimenter nos corps inférieurs ou notre corps de gloire ; la construction du corps de gloire est une entreprise de longue haleine, c’est vrai, mais chacun peut commencer dès aujourd’hui ; en apprenant à mettre de l’ordre dans sa vie psychique, en apprenant à la purifier, à l’harmoniser, il élève son niveau de conscience et parvient ainsi à attire à lui des matériaux de la meilleure qualité.


La transfiguration de Jésus, c’était l’irruption de son corps spirituel, son corps de gloire, dans le plan physique ; et cette vision était insoutenable, parce qu’il ne s’agissait plus de la lumière physique à laquelle nos yeux sont habitués, mais de la lumière spirituelle qui est l’expression d’une vie tellement intense qu’elle peut nous foudroyer. C’est pourquoi il est dit que les disciples sont tombés face contre terre. Le moment n’était pas encore venu pour Jésus de détacher son corps glorieux du corps physique pour vivre définitivement en lui, mais il pouvait déjà le faire apparaître dans la plénitude de sa manifestation. 

La Résurrection et le Jugement Dernier : Divinisation, de Omraam


La résurrection des morts et le Jugement dernier sont des questions qui, telles qu’elles sont enseignées aux chrétiens depuis des siècles, restent extrêmement obscures et brumeuses. Pour éclaircir ces sujets devant vous, je commencerai par vous lire un passage de l’Evangile selon saint Marc.

« Les Sadducéens, qui disent qu’il n’y a point de résurrection, vinrent auprès de Jésus et lui firent cette question : Maitre, voici ce que Moïse nous a prescrit ; Si le frère de quelqu’un meurt et laisse une femme sans avoir d’enfants, son frères épousera sa veuve, et suscitera une postérité à son frère. Or, il y avait sept frères. Le premier se maria et mourut sans laisser de postérité. Le second prit la veuve pour femme et mourut sans laisser de postérité. Il en fut de même du troisième et aucun des sept ne laissa de postérité. Après eux tous, la femme mourut aussi. A la résurrection, duquel d’entre eux sera-t-elle la femme ? Car les sept l’ont eue pour femme. 

Jésus répondit : N’êtes-vous pas dans l’erreur, parce que vous ne comprenez ni les Ecritures ni la puissance de Dieu ? Car à la résurrection des morts, les hommes ne prendront point de femmes ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges dans les cieux. Pour ce qui est de la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu, dans le livre de Moïse, ce que Dieu lui dit à propos du buisson : Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob ? Dieu n’est pas Dieu des morts, mais des vivants. Vous êtes grandement dans l’erreur ».

Dans cette page, il ya quelques points importants sur lesquels nous nous arrêterons. Et particulièrement cette réponse que fait Jésus aux Sadducéens : « N’êtes-vous pas dans l’erreur parce que vous ne comprenez ni les Ecritures ni la puissance de Dieu ? » Voilà une phrase qu’il faut approfondir, car elle peut être la clé pour comprendre tout le reste. Oui, la puissance de Dieu, quel est le rôle de la puissance de Dieu dans la résurrection des morts ?...

Ensuite Jésus dit : « Car à la résurrection des morts les hommes ne prendront point de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges dans les cieux ». Et comment sont les anges dans les cieux ? D’abord, ils n’ont pas de corps physique. Ensuite, ils sont asexués, au sens où ils n’ont pas d’organes sexuels tels que nous les connaissons, mais ils ont d’autres organes, bien supérieurs, grâce auxquels eux aussi font des échanges. Car les échanges ne sont pas limités au monde des humains, ils continuent dans l’univers tout entier, aucune créature n’en est privée ; tous sont là pour faire des échanges d’amour, c’est seulement l’expression et la qualité qui en sont différentes. Si vous saviez combien les anges s’aiment entre eux ! Vous direz : « Oh ! nous pensions qu’ils étaient tellement purs qu’il n’avait pas besoin d’amour ». Mais Dieu est amour et Dieu vit dans toutes les créatures, alors comment pourraient-elles échapper à l’amour ? Il faut seulement comprendre la nature et les manifestations de cet amour. Quant à ce qui concerne la résurrection des morts, Jésus répond : « Dieu n’est pas Dieu des morts, mais des vivants ». Encore une question que l’on n’a pas comprise. Voilà donc quelques points importants que nous devons étudier pour éclairer ce problème extraordinairement important : la résurrection.

Depuis deux mille ans, la chrétienté parle de la résurrection et lit les passages des Evangiles où il est raconté que Jésus est ressuscité. Quelques femmes arrivèrent dans le jardin, un ange se tenait près du tombeau, mais Jésus n’était plus là ; et il apparut ensuite à Marie de Magdala, puis à ses disciples, etc. nous ne nous occuperons pas aujourd’hui de ces passages-là pour ne pas nous disperser ; nous nous arrêterons seulement sur la signification des paroles de Jésus dans la page que je viens de vous lire.

Vous savez comment la majorité des chrétiens comprennent la résurrection : un homme meurt, on l’enterre, et désormais il va attendre dans sn tombeau le jour où  il ressuscitera dans son corps physique pour être jugé. Donc, depuis le début de l’histoire des hommes, c’est à dire depuis des millions d’années, tous ceux qui sont morts attendent leur jugement. Le moment n’est pas encore venu et il ne viendra qu’à la fin des temps…. Eh bien, moi je ne crois pas à cette résurrection ! Pourquoi ? Mais parce que ce ne sont plus les mêmes créatures.

Une fois qu’un homme est enterré, il se passe à peu près la même chose que dans l’atelier d’un imprimeur (je parle des anciens imprimeurs qui imprimaient les livres avec des lettres de plomb) ; une fois l’impression terminée, ils replaçaient les caractères dans de petits casiers, où ils les reprenaient plus tard pour les placer dans un ordre différent afin de composer un autre livre. Il en est de même avec l’homme ; les imprimeurs sont venus, oui, les anges des quatre éléments, et avec des particules de terre, d’eau, d’air et de feu, ils ont composé son corps. Et quand l’homme meurt, tout se disperse ; après quelque temps, il ne reste plus que des os, et ensuite les os aussi disparaissent. Où sont allées toutes ces particules ? Elles sont retournées se fondre dans les quatre éléments, la terre, l’eau, l’air et le feu, d’où elles étaient venues. Alors, où les chercher maintenant pour ressusciter dans leur corps physique tous ces hommes et ces femmes que l’on avait enterrés ?...

Et puis, quand on pense à tus les monstres, les assassins et les bourreaux qui ont peuplé l’humanité, et à tous ceux qui étaient malades, gangreneux, syphilitiques… quel spectacle, je vous demande un peu, si on doit les ressusciter !... Une véritable « cour des miracles » ! Et depuis des millions d’années que l’humanité existe, combien de gens sont nés et sont morts ? On ne peut même pas faire le calcul. Alors, où va-t-on les mettre quand ils reviendront ? Il n’y aura jamais assez de place sur la terre. Et de plus il faudra démolir la nature entière pour récupérer partout les particules de leurs corps ! Je sais bien qu’il se trouve parmi eux quelques saints et quelques prophètes, mais c’est la minorité, et ils sont perdus là, au milieu, comme une goutte d’eau dans l’océan. Alors, je vous demande, à vous, les esthètes, comment trouvez-vous cette perspective ? Charmante, n’est-ce pas ? Revoir tous ces gens-là en chair et en os, dressés sur leurs pieds pour être jugés… Je plaints les juges, les juges célestes, mon Dieu, que je les plains ! Comment vont-ils supporter les odeurs ? Parce que tout doit être reconstitué. Ah ! écoutez, comment peut-on juger quelqu’un si on ne sait pas comment il sentait ? On ne peut pas prononcer le verdict, il faut que toutes les preuves soient réunies, toutes les pièces à conviction, et je me demande comment ces grands esprits-là vont pouvoir résister tant de laideur.

Pauvres chrétiens ! et ils sont émerveillés à l’idée qu’un beau jour toute cette humanité va ressusciter : leurs oncles, leurs tantes, leurs grands-pères… pour le moment, tous ces gens-là attendent sans bouger… regardez-moi cette école de paresse que le Seigneur a inventée ! Et quelle patience….

Sachez déjà que jamais aucun mort ne ressuscitera pour être jugé, car il n’y a pas de résurrection des morts ; les morts ne ressuscitent pas, c’est fini pour eux. Ce sont les vivants qui ressuscitent. Les âmes qui ont quitté leurs vêtements, qui sont vivantes, elles, oui peuvent ressusciter, mais pas les corps physiques. Jésus l’a dit : « Dieu n’est pas Dieu des morts, mais Dieu des vivants ». Le corps est déjà mort, il ne ressuscitera pas. C’est l’âme qui ressuscite. Et quand ? Tout est expliqué ici dans le passage que je viens de retranscrire, mais il faut savoir lier les choses entre elles pour les interpréter.

Tous les humains sont donc prédestinés à ressusciter un jour et à devenir, comme les anges, d’une pureté parfaite. Mais cette résurrection sous-entend la réincarnation. Vouloir maintenant me convaincre que c’est dans la tombe que les hommes deviendront des anges .. jamais de la vie ! Ils sortiront de là, ils se réincarneront, ils apprendront, ils se purifieront jusqu’à devenir parfaits. Cette amélioration qui les amènera peu à peu à la perfection, c’est cela la résurrection. Toutes les créatures ressusciteront un jour de cette façon. Mais pas les morts… Seuls les vivants ressuscitent. 

Le fait que Jésus soit ressuscité signifie que nous pouvons, nous aussi, accélérer ce processus de la résurrection qui doit se produire un jour pour toute l’humanité. Oui, tous les hommes ressusciteront un jour… mais il faudra beaucoup de temps ! Cependant vous pouvez, si vous voulez, accélérer ce processus de la résurrection, mais pour cela il faut travailler sur vos pensées, vos sentiments et vos actes pour les améliorer. C’est possible ; Jésus est ressuscité, il n’a pas attendu des siècles et des siècles pour ressusciter avec toute l’humanité. Et il n’est pas le seul, la résurrection a toujours été enseignée dans les temps initiatiques, et beaucoup d’êtres ont déjà ressuscité. Car il n’est pas nécessaire de mourir physiquement pour ressusciter, il n’est pas nécessaire d’être placé d’abord dans la tombe. Ressusciter, cela veut dire ne plus avoir les mêmes faiblesses, les mêmes vices, les mêmes maladies. Voilà la résurrection ! Pour qu’un être ressuscite, il faut que ses cellules soient d’une pureté parfaite et qu’elles vibrent intensément. Tous ceux qui vivent une vie spirituelle très intense se préparent à ressusciter. La nature a mis partout des indices pour nous apprendre comment la résurrection peut se produire en nous. Quand vous méditez, que faites-vous ? Vous êtes comme cette chrysalide enfermée dans son cocon, en train de préparer sa métamorphose. Si vous n’êtes pas encore devenu un papillon, c’est que votre travail n’est pas suffisant ; vous êtes retourné à votre vie prosaïque, comme la chenille qui se traîne et qui mange des feuilles. Le jour suivant, vous vous renfermez dans votre cocon, vous tissez encore quelques fils spirituels, mais à nouveau les affaires vous appellent et à nouveau vous interrompez le travail. Le lendemain vous le reprenez… et ainsi de suite, jusqu’au jour où enfin vous sortirez du cocon semblable à un papillon ! A ce moment-là, vous n’aurez plus besoin de manger des feuilles ; vous vous  nourrirez du nectar des fleurs, c'est-à-dire que vous puiserez ce qu’il y a de plus subtil dans le cœur et dans l’âme de toutes les femmes et de tous les hommes. Car chaque être possède en lui quelque chose de délicieux, un peu de  nectar… et si vous pouvez puiser ce nectar sans abîmer les fleurs, vous êtes heureux, vous volez dans la lumière.


La résurrection n’est rien d’autre qu’une qualité de vie, une vie de fils de Dieu. Il ne faut pas attendre des siècles pour vivre cette vie. Le Christ est la résurrection et la vie, alors prenez le Christ comme modèle ; liez-vous à lui, vivez la vie qu’il a vécue et vous aussi vous serez la résurrection et la vie. Voilà les nouvelles notions que je vous donne, et ces vérités sont les seules capables de vous faire sortir des tombeaux. Oui, car c’est maintenant que vous êtes dans les tombeaux, et si vous attendez pour sortir que les trompettes sonnent, alors là vous pourrez attendre des siècles et des millénaires ! 

La deuxième naissance : Divinisation, de Omraam


Comme nous l’avons vu, ce qui a été écrit dans les Evangiles sur la naissance de Jésus peut ne pas être vrai du point de vue historique, mais c’est absolument vrai du point de vue symbolique et c’est cela l’essentiel, car cette naissance peut se produire dans chaque être humain. C’est ce que l’on appelle la deuxième naissance, et c’est Jésus lui-même qui l’a mentionnée dans un des passages les plus mystérieux, où un pharisien nommé Nicodème vient une nuit lui rendre visite. 

« Il lui dit : Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu, car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si dieu n’est pas avec lui. Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le Royaume de Dieu. Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer dans le sein de sa mère et naître ? Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’esprit, il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’esprit est esprit. Ne t’étonne pas que je t’aie dit : il faut que vous naissiez de nouveau. Le vent souffle où il veut et tu en entends la voix, mais tu ne sais ni d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme né de l’Esprit ».

Pour venir au monde, l’être humain a besoin d ‘une mère et d’un père physiques, et pour entrer dans le Royaume de Dieu, il a besoin d’une mère et d’un père spirituels. Entrer dans le Royaume de Dieu est donc une naissance, la nouvelle naissance, et cette naissance, dit Jésus, ne peut se produire que grâce à notre mère, l’eau, et à notre père, l’esprit, c’est à dire le feu, car symboliquement l’esprit est représenté par le feu. De même que la naissance d’un enfant est le résultat du travail que le père a fait sur la mère, de même l’entrée dans le Royaume de Dieu est le résultat du travail du feu sur l’eau.

Dans le langage des symboles, le feu représente donc l’esprit, et l’eau représente la matière primordiale. L’eau et le feu sont l’expression des deux grands principes masculin et féminin qui se manifestent du haut en bas de la création. Quand le feu et l’eau travaillent ensemble, ils produisent une énergie et cette énergie est une puissance qui peut être utilisée. Les humains ont fait avec la machine à vapeur une découverte formidable, essentielle, mais ils ne l’ont mise en application que dans le plan physique pour faire fonctionner des machines, ce qui est encore peu de chose. Les deux principes masculin et féminin du feu et de l’eau sont représentés en nous par l’intellect et le cœur, ou encore à un niveau supérieur, par l’esprit et l’âme. Pour entrer dans le Royaume de Dieu, nous avons besoin de ces deux principes ; le principe masculin seul ne suffit pas, et le principe féminin seul ne suffit pas non plus. Pour travailler, nous avons besoin des deux.

Dans les quelques mots de la réponse de Jésus à Nicodème, il a montré qu’il possédait lui aussi cette science de l’eau et du feu, qui est la science des deux grands principes cosmiques masculin et féminin.

Tout le monde sait ce qu’est la première naissance. C’est la venue au monde d’un enfant conçu par un père et une mère physiques. Et lorsqu’il arrive, il est en possession de tous les organes qui lui permettront de poursuivre sa vie terrestre. Pour subsister sur la terre, on a besoin de respirer, de manger, de saisir les objets, de marcher, de parler… et la nature nous a donc donné les poumons, la bouche, l’estomac, les bras, les jambes, les cordes vocales etc… La première naissance, si vous voulez, c’est notre entrée dans le monde physique que nous devons étudier, où nous devons travailler pour nous développer. Mais cela ne suffit pas ; il existe un autre monde qui est pure lumière, pur amour, pure beauté, et dans ce monde aussi nous devons pénétrer un jour pour l’explorer, entendre sa musique, sentir ses parfums, contempler ses fleurs, ses arbres, ses lacs, ses montagnes… Vous direz : « Ce monde contient aussi tout cela ? » Oui, puisque le monde d’en bas, qui est le nôtre, est à l’image du monde d’en haut, c’est que, sous une autre forme, toutes les beautés du monde visible existent aussi dans le monde invisible.

Comme la naissance physique, la deuxième naissance nécessite aussi une conception, et cette conception se fait dans le monde spirituel ; l’esprit s’unit à la pure matière pour concevoir un enfant divin. Et quand l’enfant est né dans le monde spirituel, lui aussi il peut respirer, bien sûr, marcher, parler, travailler. C’est cela, la deuxième naissance ; pouvoir entrer et vivre dans un univers d’une autre dimension. Vous direz : « Mais est-ce moi qui nais une deuxième fois, ou un autre qui naît en moi ? » En réalité, que ce soit vous ou lui, c’est la même chose. Mais on peut dire que c’est vous qui naissez puisque vous sentez que vous avez une autre conscience, d’autres pensées, d’autres sentiments ; et vous entrez dans un monde qui existe de toute éternité, mais où vous ne pouviez pas encore pénétrer, puisque vous n’étiez pas encore « né une deuxième fois ».

Quand l’âme est l’esprit s’unissent, ils mettent au monde un germe qui se développe comme une conscience nouvelle, et c’est cette conscience qui nous ouvre les portes du Royaume de Dieu. Cette conscience nouvelle se manifeste comme une lumière intérieure qui chasse les ténèbres, comme une chaleur tellement intense que, même si le monde entier vous abandonnait, vous ne vous sentez jamais seul, comme une vie abondante que vous faites jaillir partout où vos pieds vous portent, comme un afflux de forces que vous consacrez à l’édification de votre être intérieur, comme une joie aussi, une joie extraordinaire de vous sentir en liaison avec toutes les âmes évoluées de l’univers, une joie de faire partie de cette immensité… et la certitude que personne ne peut vous enlever cette joie. Dans l’Inde, on appelle cet état la conscience bouddhique, et chez les chrétiens on l’appelle la naissance du Christ.

Vous pouvez maintenant mieux comprendre encore pourquoi on dit que le véritable Initié est androgyne, c'est-à-dire un être qui possède en lui-même les deux principes masculin et féminin en parfaite harmonie. Pour faire naître en lui l’enfant divin, il faut qu’il soit à la fois père et mère, homme et femme ; en tant que père, il déclenche le processus de la conception, et en tant que mère il déclenche le processus de la formation ; il forme et nourrit l’enfant. Un Initié est un être de plénitude, rien ne lui manque, car il possède les deux principes.

La naissance du principe divin est un événement intérieur tellement exceptionnel que s’il vous est donné la grâce de le vivre un jour, vous ne pouvez pas vous y tromper. C’est comme si le Ciel était là ouvert devant vous, et vous sentez la présence d’un autre être qui vous soutient, vous éclaire, vous protège, vous réjouit. Même dans les circonstances les plus terribles, au moment où vous êtes le plus découragé, vous sentez que cet être est là et qu’il vous aide ; oui, c’est la sensation d’une présence, d’un contact qui n’est jamais coupé. Comme si vous aviez auprès de vous, en vous, une flamme qui ne s’éteint jamais. Au moment où vous en avez besoin, elle vous donne toute sa lumière et sa chaleur, mais en attendant, vous sentez qu’elle est toujours là, comme une veilleuse.

La deuxième naissance, c’est la naissance dans le monde divin, et cette fois, c’est l’homme lui-même qui décide de naître et qui le fait grâce à ses propres efforts. Pour naître dans le plan physique on ne vous a pas demandé votre opinion ; ce sont d’autres qui vous ont appelé, qui vous ont façonné ; cela ne dépendait pas tellement de vous. En réalité, si d’une certaine façon, cela dépendait de vous, car votre destinée est décrétée par les Vingt-quatre Vieillards d’après la manière dont vous avez vécu vos existences antérieures, mais enfin, disons que ça aujourd’hui pour simplifier les choses. Tandis que pour la deuxième naissance, c’est vous qui êtes vraiment responsable, c’est vous qui décidez de naître dans le monde de la lumière ; consciemment, patiemment, intelligemment, vous vous façonnez une autre conscience pour naître dans le Royaume de Dieu.

« Si un homme ne naît pas d’eau et d’esprit, il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu », cela veut dire qu’on ne peut renaître si on ne possède pas en soi les deux principes du père et de la mère. La mère, c’est l’eau, c’est l’amour de votre cœur sublimé par l’âme. Le père, c’est le feu, c’est la sagesse de votre intellect sublimé par l’esprit. Si vous ne possédez pas ces deux principes ; l’amour qui est le principe féminin et la sagesse qui est le principe masculin, vous ne pouvez pas renaître. Un enfant sous-entend toujours un père et une mère… Eh bien, sans l’amour et la sagesse, les parents manquent et l’enfant ne naîtra jamais. Vous êtes déjà né une fois, c’est entendu, mais vous n’êtes pas encore né de l’amour et de la sagesse. Pour naître une deuxième fois, il faut un père et une mère plus élevés, plus évolués que le père et la mère physique : il faut l’amour et la sagesse, et l’enfant qui naîtra sera la vérité, le Royaume de Dieu dont parle Jésus.

Vous direz : « Comment ? La vérité, c’est le Royaume de Dieu ? Mais ce n’est pas ainsi que les philosophes et les théologiens la présentent ». Je sais, on a donné de la vérité toutes sortes de définitions qui n’ont réussi qu’à embrouiller la question. Il est impossible de dire ce qu’est la vérité, car elle n’existe pas en tant que telle ; seuls existent la sagesse et l’amour. C’est pourquoi tant de gens qui prétendent posséder la vérité sont en réalité dans l’erreur, on le voit bien à ce qu’ils ne se manifestent ni avec sagesse ni avec amour. C’est le comportement qui révèle si un être est dans la vérité, non les théories et les élucubrations qu’il présent aux autres. Celui qui agit avec amour et sagesse est dans la vérité, et même s’il ne dit rien, tout le monde un jour ou l’autre finira par le sentir. Quant à ceux qui se plaignent que la vérité est difficile à connaître, je répondrai que non. S’ils veulent sincèrement la trouver, ils n’ont qu’à progresser dans l’amour et la sagesse. Oui, que ce soit bien clair ; vous ne trouverez jamais la vérité comme un élément isolé, car elle ne peut se concevoir indépendamment de l’amour (c'est-à-dire du cœur et de l’âme) et de la sagesse (c'est-à-dire de l’intellect et de l’esprit). C’est votre amour et votre sagesse qui vous mettront dans la vérité, le Royaume de Dieu.


Si la vérité reste une question tellement obscure, c’est parce qu’on la considère comme une abstraction. Or, la vérité, c’est le monde dans lequel nous sommes plongés, nous sommes liés à elle, nous ne faisons qu’un avec elle, il n’est pas possible de nous séparer d’elle. Nous vivons dans la vérité, nous la mangeons, nous la respirons, et il faut donc cesser de penser qu’elle va venir de l’extérieur. Celui qui s’attend à rencontrer quelque chose d’extérieur dont il pourra dire ; « Voilà la vérité », se trompe. La vérité, on peut seulement s’approcher d’elle en étudiant l’amour et la sagesse et en cherchant à les manifester. Chaque fois que vous introduisez dans vos pensées et vos sentiments les éléments de l’amour et de la sagesse, vous faites un pas de plus vers la vérité, vous touchez un certain aspect, vous atteignez un certain degré de la vérité. Et ces aspects, ces degrés sont en nombre infini ! La vérité, il faut l’avoir trouvée et en même temps continuer à la chercher ; c'est-à-dire qu’il faut s’attacher une fois pour toutes à ces deux principes irréfutables de l’amour et de la sagesse, et en même temps il faut toujours continuer à chercher les formes les plus convenables pour mettre ces deux principes en application. C’est ainsi qu’un jour vous sentirez que vous êtes en train de naître une seconde fois.