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vendredi 16 mai 2014

Se voir tels que nous sommes



« se voir tel que l'on est » - Alors, c'est surtout ce que vous vous cachez à vous-même. Il faut d'abord éclairer la poussière, ça je l'ai déjà dit. Et, une fois que la poussière est éclairée, y a plus lieu de s'y intéresser. Et à ce moment-là, seulement à ce moment-là, se révélera les différentes facettes de la Vérité de Lumière que vous êtes, mais pas avant. Ça veut dire que vous allez commencer à vous apercevoir que vous n'êtes pas ce corps, pas uniquement en idée, en pensée, mais en Vérité Vibratoire. Vous allez vous identifier, Vibratoirement et en Conscience, à chacune de vos quatre lignées et aussi en fonction de votre origine stellaire.

Mais la première phase, comme j'ai dit déjà depuis un mois, c'est d'accepter de voir la poussière. Et, une fois qu'il y aura plus de poussière, que la maison sera propre, comme disait Christ, à ce moment-là, dès que les dernières Clés de la Lumière Vibrale seront effusées sur la Terre, à ce moment-là, vous pourrez vous voir tel que vous êtes, et non pas tel que vous renvoie l'image du miroir. C'est à dire que la Vérité se superposera, sur le plan Vibratoire, avec l'illusion.

Ça fait partie aussi de ce qui a été dit, c'est à dire les particules de la Lumière Vibrale qui commencent à s'accumuler au sein même de votre structure physique, vous donnant pour certains ces douleurs au niveau des chakras, au niveau des lampes, et aussi ces Vibrations que vous percevez dans vos corps. Et il y aura un beau jour où, quand vous allez vous regarder dans la glace, vous verrez plus le corps physique que vous êtes. Et, quand vous allez vous regarder à l'intérieur, vous verrez la même chose. Vous allez voir des drôles d'animaux. La difficulté sera surtout pour ceux qui seront tellement identifiés à leur forme, qui étaient persuadés de pouvoir maintenir cette forme au sein de la Vérité. On vous a toujours dit que vous n'étiez pas ce corps. Là, vous allez découvrir que c'est la stricte Vérité. En Vérité, vous êtes un autre corps.

Question : comment va se manifester ce qu'on va voir mais qu'on ne voulait pas voir ?


Réponse d'OMRAAM : Ça, ça va se manifester sous forme de la vision, comme a dit No Eyes, de ce que vous êtes, c'est à dire que vous passez, nous passons tout notre temps, quand nous sommes incarnés, à projeter une image extérieure. Et nous sommes persuadés que l'image que nous projetons correspond à ce que nous idéalisons à l'intérieur de nous.
Mais c'est pas la Vérité. C'est une partie de la Vérité. De la même façon, vous avez l'impression d'être honnête, d'être joli, d'être ceci, d'être cela, eh bien, c'est pas la Vérité, donc une projection à travers l'extériorisation de la Conscience au sein de la limitation de ce qu'on veut que les autres voient. Mais y a aussi ce qu'on veut se voir, soi-même, qui ne correspond pas du tout à la Vérité. Mais rappelez-vous, déjà, ça a été dit à plusieurs reprises par Anaël. Beaucoup de gens, même au niveau spirituel, au sein des groupes, au sein de la vie, trichent. Ils trichent en étant persuadés que les autres ne les voient pas tricher. Mais, plus la Vibration monte, plus vous vous apercevez quand l'autre triche, et vous, vous vous apercevez pas que vous trichez. Bientôt, vous pourrez plus tricher, avec les autres comme avec vous-même. Tout ce qui était zones d'ombres, poussières, va vous apparaître. Alors ça, ça ne concerne pas une vision par les yeux ou par la vision Intérieure.
Quand je dis, ça va vous apparaître, ça va devenir évident que toutes les peurs que vous vouliez pas voir, les problématiques que vous vouliez pas voir, vont vous sauter à la figure, comme on dit. Ça a déjà commencé, pour certains. Le but n'étant pas de travailler, de savoir pourquoi, comment, quelle est la cause et tout ça, mais d'acquiescer, de voir, d'accepter que la Lumière vous montre cela. Ça s'appelle être authentique avec soi-même, parce qu'au sein de la Vie, quel est celui qui n'a jamais caché quoi que ce soit, sur ses agissements, sur ses comportements, sur l'image qu'il veut donner à voir à l'extérieur ? Eh bien, tout cela, ça sera plus possible. Au niveau des mondes Unifiés, vous ne pouvez rien cacher, même pas vos pensées. Elles diffusent dans l'univers, en totalité.

Vous ne pouvez pas, par exemple, penser d'une entité, quelque chose, en lui cachant, parce qu'instantanément, où qu'elle soit dans les Dimensions, elle va la recevoir. Y a plus l'amortissement lié à la matière. Donc vous ne pouvez plus rien cacher.

mercredi 14 mai 2014

Le Baptême : Les pouvoirs de l’eau



A la naissance d’un enfant, ses parents, s’ils sont chrétiens, se préoccupent le plus rapidement possible de le faire baptiser. En effet, l’Eglise enseigne que le baptême est une purification par l’eau, destinée à laver l’homme du péché originel et à le faire admettre dans la communauté chrétienne ; il est la condition de son salut en ce monde et dans l’autre. Cette croyance au pourvoir du baptême est si bien ancrée que, d’après la théologie chrétienne les enfants morts avant d’être baptisés ne sont pas admis au paradis, mais restent dans un lieu indéterminé appelé limbes.

Il n’y a rien à dire contre le sacrement du baptême, mais à condition d’ne comprendre véritablement le sens. Baptiser un enfant ou un adulte fait de lui un chrétien, c’est entendu. Mais celui qui n’a pas reçu le baptême n’est pas pour autant une âme égarée, et celui qui l’a reçu ne doit pas s’imaginer que cela suffit pour faire son salut. Comment croire que les esprits du mal seront tenus à distance parce qu’on a plongé quelqu’un dans l’eau et qu’on lui a mis de l’huile sur le front quand il était petit ? C’est à chacun de travailler ensuite toute sa vie pour conserver, amplifier les effets du baptême ; s’il ne le fait pas, il n’en reste bientôt plus rien, et c’est la porte ouverte à tous les diables. Oui, ils n’ont pas peur, ils ne sont pas impressionnés par le baptême.

On vous baptise, on vous lave du péché originel – admettons – c’est bien, mais c’est toute la vie que vous devez continuer à maintenir ce que le prêtre a déposé en vous au moment du baptême. Il n’y a pas de quoi être tellement fier d’avoir été baptisé ! Si chaque jour, consciemment, de tout votre cœur, de toute votre âme, vous ne travaillez pas à vous laver, à vous purifier, cela ne sert plus à grand-chose. C’est vous qui devez chaque jour contribuer à votre salut.

Si on veut comprendre la signification du baptême, il faut étudier l’eau, sa nature, ses pouvoirs. L’eau est, de tous les éléments, celui qui possède les plus grandes qualités plastiques et absorbantes. Elle n’a, par elle-même, ni forme ni couleur, mais elle prend celles des récipients dans lesquels elle est placée, des lieux qu’elle traverse. Elle absorbe tout, le bon comme le mauvais. Et parce qu’elle est en perpétuelle circulation dans la nature, elle transporte tous les éléments subtils qu’elle a absorbés sur son passage. Vous direz que la terre aussi a un grand pouvoir d’absorption. C‘est vrai, mais la terre n’a pas cette fluidité et cette pénétrabilité de l’eau. Quant à l’air, il est trop mobile pour conserver longtemps ce qu’il a  reçu.  C’est justement à cause de ses pouvoirs d’absorption et de transmission que l’eau a été de tout temps utilisée pour les opérations magiques. De nombreux ouvrages rapportent les cas de sorciers transformant un être humain en animal : oiseau, cheval, etc., après avoir prononcé des paroles magiques au-dessus d’un récipient d’eau dont ils aspergeaient ensuite leur victime. Mais ces propriétés de l’eau peuvent avoir évidemment aussi un usage bénéfique. C’est pourquoi les prêtres utilisent l’eau pour bénir les fidèles : cette eau qui a le pouvoir de retenir les courants et les influences que l’on introduit en elle, devient ainsi le support des paroles de bénédiction qu’ils prononcent. L’efficacité d’une bénédiction dépend donc de l’élévation spirituelle de celui qui la donne. S’il se conduit comme un fonctionnaire parce que, fatigué de répéter les mêmes rituels, il se contente d’exécuter les gestes qu’on attend de lui en pensant à autre chose, cette bénédiction ne rime à rien. Et il en est de même pour le prêtre qui donne le baptême.

Mais n’allez pas maintenant vous inquiéter de l’état dans lequel était le prêtre qui vous a baptisé, il y a des années et des années, quand vous n’aviez que quelques jours. Et ne vous inquiétez pas non plus si vos parents ne vous ont pas fait baptiser. Car c’est tous les jours que l’on peut recevoir le baptême, tous les jours que l’on peut faire ce travail de purification en connaissant les pouvoirs de l’eau.

Que ce soit les mains, le visage ou le corps entier, la majorité des gens se lavent chaque jour, et se laver passe à juste titre pour faire partie du comportement des êtres civilisés. Mais comment se lavent-ils ? ça, c’est une autre question. On enseigne aux enfants qu’il faut se laver par mesure d’hygiène, pour être propre et pour ne pas traîner sur soi de mauvaises odeurs qui incommodent les voisins, c’est tout. Eh bien, c’est insuffisant, car on peut être lavé et propre physiquement, mais rester intérieurement aussi sale que si on n’avait jamais pris un seul bain de sa vie. 

L’homme ne possède pas uniquement un corps physique, mais aussi des corps subtils (éthérique, astral, mental) qu’il doit également veiller à débarrasser de toutes les saletés qu’il a accumulées, les impuretés produites par les sensations, les désirs, les sentiments, les pensées de nature inférieure qu’il accueille et nourrit quotidiennement en lui. Si l’eau nous lave dans le plan physique, c’est qu’elle a la propriété d’entraîner et d’absorber les impuretés. Dans le plan spirituel, elle possède exactement les mêmes propriétés. Toutes les religions ont préconisé la purification par l’eau : les ablutions, les bains rituels… Ces pratiques sont fondées sur un savoir millénaire concernant les pouvoirs de l’eau. Vous direz que les conditions de la vie actuelle ne se prêtent pas tellement à ce genre de pratique. Mais si, au contraire, car depuis le matin au réveil jusqu’au soir où vous vous préparez à vous coucher, vous avez plusieurs occasions d’utiliser l’eau pour vous laver et vous pouvez profiter de ces occasions pour faire un travail psychique et spirituel. 

L’eau que nous connaissons et dont nous nous servons tous les jours n’est que la matérialisation de ce fluide cosmique qi remplit l’espace, et par la pensée nous pouvons entrer en contact avec ce fluide, car c’est ne lui que baignent toutes les créatures. La première condition pour ce travail de purification est donc de se laver avec la conscience qu’à travers l’eau on touche un élément de nature spirituelle. Cette conscience commencera par modifier nos gestes. Combien de gens ont l’habitude de se laver le matin avec des gestes brusques et désordonnés, parce qu’ils croient que ça va les aider à se réveiller, à être en forme et de bonne humeur. Ça les réveillera, bien sûr, mais ces mouvements précipités ont un effet nocif, surtout pour le visage dont l’harmonie répond à une organisation très subtile des particules suivant des lignes de forces déterminées. Le visage de l’homme est un reflet du visage d Dieu, et celui qui lave son visage avec brusquerie et sans aucune attention, brouille en lui les traits de l’image divine.

Alors, lavez-vous avec des gestes mesurés, harmonieux, pour que la pensée aussi puisse se dégager et faire son travail. Concentrez-vous sur l’eau, sur sa fraîcheur, sa limpidité, sa pureté, et vous sentirez bientôt qu’elle ira toucher en vous des régions inconnues pour y produire des transformations. Non seulement vous serez allégés, purifié, mais votre cœur, votre intellect seront nourris par de nouveaux éléments plus subtils et vivifiants. Car l’eau d’en bas, l’eau physique, contient tous les éléments et les forces de l’eau d’en haut, l’eau spirituelle ; il faut seulement apprendre à les éveiller et à les recevoir.


Les Initiés ont des méthodes pour exalter les vertus de l’eau : ils y jettent une poignée de sel, allument une bougie en faisant brûler de l’encens et en récitant des formules. Mais le plus important, c’est d’être d’abord conscient que l’eau est vivante et habitée par des entités très pures. C’est pourquoi, que ce soit dans votre salle de bain ou dans la nature, avant de prendre contact avec l’eau, vous devez la saluer avec beaucoup de respect, d’amour et demander à l’ange de l’eau de vous aider dans votre travail. Pour se purifier, il n’est pas nécessaire de faire des cérémonies longues et compliquées. Chaque jour vous avez plusieurs fois l’occasion de vous servir de l’eau. Alors faites-le, en n’oubliant jamais que l’eau physique n’est qu’un moyen d’entrer en contact avec l’eau spirituelle qui est l’eau véritable. Bien sûr, se laver fait partie des actes les plus ordinaires de la vie quotidienne, mais il ne faut pas le sous-estimer. Comme respirer, se nourrir, dormir, se laver doit être considéré comme un acte sacré qui peut libérer l’âme. Il ne suffit pas que le corps physique soit un peu nettoyé, alors que tous les corps subtils continuent à s’asphyxier sous d’épaisses couches d’impuretés ; non, il faut apprendre à ouvrir aussi les pores de notre âme pour bénéficier de toutes les richesses offertes par l’eau. 

lundi 12 mai 2014

Rétablir un dysfonctionnement



Question : que faire pour traiter un dysfonctionnement de chakra ?

Réponse de Omraam : Et ben, accueillir encore plus la Lumière et accepter que la Lumière mette de plus en plus en évidence l'Ombre. La Lumière va arriver à nettoyer cela. Comprenez bien que toute la difficulté, c'est que si je vous donne un élément précis, le risque le plus fort, c'est de vous faire rentrer en Dualité, c'est-à-dire « je lutte contre ça », plutôt que de « m'abandonner à la Lumière ». Vous avez Maître Ram qui vous a donné, y a pas longtemps, un protocole particulier qui permet de mettre de la Lumière vous-même au sein de vos structures, afin d'agir vous-mêmes.


 Je vous rappelle, même si pour l'instant c'est pas toujours une réalité, pour vous et pour beaucoup, c'est que, même ce que vous appelez la maladie, est une illusion. Elle est une création de votre propre soumission au principe de morbidité au sein de ce monde. Si vous êtes en train d'activer vos Couronnes Radiantes et de Vibrer au sein de la Vibration du Cœur, beaucoup de choses doivent disparaître de vous. Et vous ne pouvez les faire disparaître qu'en étant de plus en plus au sein de la Lumière et non pas dans la réaction de la dualité qui demande quoi faire pour ou quoi faire contre. Là aussi, il faut que les mécanismes rejoignent les principes Unitaires. C'est pareil que tout à l'heure par rapport à « est-ce que je dois m'éloigner des personnes qui me dérangent » ? C'est le même principe. Si vous appliquez, en vivant ces Vibrations, les principes de dualité, vous retombez dans la dualité, c'est-à-dire le bien et le Mal et donc dans l'illusion Luciférienne. Vous ne nourrissez pas l'Unité, vous nourrissez, encore une fois, votre propre Dualité.

Ça veut pas dire qu'il faut traiter quelque-chose par le mépris, non plus. Il n'est pas question de ne pas voir. Justement, il est question de voir et, une fois qu'on a vu, de s'en remettre, en Vérité, à la Lumière, car c'est elle qui va agir. On vous a toujours dit que la Lumière était Intelligente et beaucoup plus intelligente que votre petit cerveau. Et elle sait ce qu'il faut, au sein de vos structures et au sein des poussières.


Pour vivre une religion….



Pour vivre une religion en esprit et en vérité, il ne faut pas rester accroché à ce qui est là, trop près, à portée de la main ou de la bouche. Il faut se déplacer, car le Christ est très haut, très haut. Celui qui veut boire de l’eau pure doit faire l’ascension de la montagne pour se désaltérer à la source, tandis que celui qui ne peut pas s’élever reste en bas, où l’eau est polluée, et il attrape des microbes. La question n‘est pas d’appartenir à une religion plutôt qu’à une autre, d’observer tel rite plutôt que tel autre ; un rite est seulement une forme, et une forme n’est utile que si on est capable de l’animer, d’y mettre un contenu.

Dans ma jeunesse, en Bulgarie, j’avais entendu raconter cette histoire. Dans les temps anciens un évêque voyageait sur les routes avec sa suite. Un matin, très tôt, il prit une barque pour traverser un lac ; mais rapidement, le temps commença à se gâter, la tempête se déchaîna et le rejeté sur la rive dans un lieu inhabité. Tandis qu’avec ses gens il remerciait le Ciel d’avoir échappé à un grand danger, il vit arriver un jeune garçon qui conduisait des chèvres. Il l’interrogea : "Quel est ce lieu ? Et toi, qui es-tu" ? La réponse du jeune berger, le son de sa voix, la pureté de son visage frappèrent l’évêque qui lui demanda : "Est-ce que tu pries Dieu, mon enfant ? – Oui. – Et quelles prières récites-tu ? – Je ne récite aucune prière. – Mais tu dis que tu pries, comment fais-tu "? Le jeune garçon prit alors son bâton de berger, le posa horizontalement sur deux pierres et se mit à sauter de part et d’autre. L’évêque et sa suite écarquillaient les yeux d’étonnement, tandis que lui, tout joyeux de montrer comment il priait  à de si grands personnages, il sautait, il sautait… Quand il eut terminé, un essoufflé, une telle lumière était répandue sur son visage que l’évêque resta un moment pensif. Puis il lui dit : "C’est bien, mais il existe une meilleur prière, veux-tu la connaître ? – Oh oui ! répondit le berger heureux d’apprendre à mieux prier Dieu. – Alors, mets-toi à genoux, joins les mains et répète après moi : Notre Père, qui es aux cieux… Que ton nom soit sanctifié"… le garçon répété plusieurs fois avec application et grand respect. La tempête s’étant calmée, les voyageurs se préparèrent à repartir. Avant de monter dans la barque, l’évêque bénit le garçon en lui recommandant de bien réciter chaque jour la prière qu’il lui avait apprise. La barque était déjà à une bonne distance du rivage quand soudain l’évêque vit arriver, marchant sur les eaux, le jeune berger avec son bâton qui appelait : "Monsieur l’Evêque, Monsieur l’Evêque, il y a des paroles dont je ne me souviens plus ! – O mon enfant, s’écria l’évêque frappé de stupeur devant ce prodige, cela n’a aucune importance, prie comme tu veux, le Seigneur a toujours entendu ta prière" !

Cette anecdote est-elle véridique ?... En tout cas, même si elle ne l’est pas, celui qui l’a inventée avait compris que l’essentiel n’est pas dans la forme, les mots de la prière et la posture pour prier, mais dans l’intensité de la vie intérieure. Bien sûr, il n’est pas inutile de prononcer certains mots, de faire certains gestes, mais à condition de comprendre ce qu’ils signifient, de leur donner un contenu.  

Pourquoi, par exemple, les initiés ont-ils enseigné ce geste de joindre les mains pour prier ? C’est un symbole. Parce que la vraie prière, c’est de joindre en soi les deux principes du cœur et de l’intellect. Bien sûr, prier c’est exprimer un désir, et le désir appartient au domaine du cœur, du sentiment. Mais si l’intellect, la pensée n’est pas là pour étudier la nature de ce désir et l’orienter dans la bonne direction, quel genre de prière allez-vous faire ? Qu’allez-vous réclamer ? Si la pensée ne participe pas, ne vous étonnez pas d’être rarement exaucé. Pour que votre prière soit reçue, il faut le cœur et l’intellect, c’est à dire les deux principes masculin et féminin. Sur combien de tableaux on a représenté des personnes en prière, même des enfants, avec les mains jointes ! Mais on n’a jamais compris la profondeur de ce geste. Cela ne veut pas dire que pour prier il faut obligatoirement joindre les mains physiquement, non, car ce n’est pas le côté physique qui compte, mais le côté intérieur. Il faut joindre le cœur et l’intellect, l’âme et l’esprit, car c’est leur union qui donne de la puissance à la prière.

L’essentiel n’est donc pas de faire des gestes, mais de comprendre leur sens, et il en est de même pour tous les aspects matériels que revêt nécessairement une religion. Il y a eu dans l’histoire, des gens qui avaient sans doute si bien médité les paroles de Jésus "en esprit et en vérité" qu’ils ont voulu faire interdire toutes les statues, toutes les images saintes, ce qui a donné lieu à des luttes sanglantes ; parce que les autres, évidemment, qui tenaient à ces images, ripostaient violemment… Eh bien, là aussi, c’était une attitude erronée. Pourquoi vouloir supprimer les images ? La question n’est pas d’avoir des images saintes ou de ne pas en avoir la question est de savoir comment les considérer. Les Initiés ont sur ce point une attitude très sage ; ils n’ont pas besoin de lieux de culte, d’églises ou de temples, ils n’ont pas besoin de statues ni d’icônes, mais lorsqu’ils entrent dans un sanctuaire, quel qu’il soit, ils s’inclinent devant les images parce qu’ils savent que, derrière ces pratiques, se cachent toute une science et une pédagogie. Une image, une statue n’est pas un but en soi ; mais seulement un instrument, un support pour la pensée, pour la prière. Et ce principe n’est pas seulement valable pour les images saintes, mais pour tout ce qui existe.

Un exemple vous fera comprendre ce que je veux expliquer : le téléphone. Oui, le téléphone. Imaginez qu’une personne qui ne saurait pas ce qu’est le téléphone vous voit prendre un objet, le porter à votre oreille, poser votre doigt sur les numéros, puis vous exclamer : "Et alors, espèce d’imbécile, espèce d’idiot, pourquoi as-tu fait ça ? Tu vas voir ce que tu vas voir" Ou bien alors : "Bonjour ma chérie, comment vas-tu ?

Que je suis heureux d’entendre ta voix ! Je t’aime, tu sais… je t’embrasse". Cette personne se dirait : "Mais il est fou, celui-là : il parle à un objet, il l’injurie, il lui dit des mots doux ! Il faut l’enfermer". Vous voyez, vous n’aviez pas réfléchi à la leçon que l’on peut tirer du téléphone, vous vous en servez, c’est tout. Or, justement qu’y a-t-il à comprendre ? Que le téléphone n’est qu’un instrument, un intermédiaire. Vous vous servez de lui pour parler, ce n’est pas à lui que vous parlez, mais à quelqu’un d’autre, ailleurs, parfois même très loin, à l’autre bout du monde ; et ce quelqu’un écoute et répond. Le téléphone est seulement un moyen de communication, et vous reconnaissez que si vous vous adressiez à l’objet lui-même en disant : "J’ai besoin de toi, je t’en supplie, aide-moi", vous seriez tout à fait ridicule. Eh bien, c’est ce que font beaucoup de gens dans le domaine de la religion : ils s’arrêtent aux objets, aux êtres, sans voir qu’ils ont là uniquement pour les mettre en relation avec d’autres réalités plus subtiles, plus élevées.

Le fait de s’arrêter à des formes matérielles a fini par conduire à de véritables aberrations. Les reliques de saints, par exemple, ont pris une telle importance dans la chrétienté que peu à peu chaque sanctuaire a voulu en posséder. Et alors, c’est devenu un véritable commerce dans lequel se sont lancés toutes sortes de gens intéressés et cupides. Parce que c’était très avantageux : dans les villes où les sanctuaires passaient pour posséder des reliques, des foules venaient en pèlerinage et les affaires marchaient très bien ! C’est pourquoi certains sont allés jusqu’à fabriquer des reliques de toutes pièces. On raconte même qu’un tsar de Russie ayant entendu dire qu’un monastère, on ne savait lequel, possédait la tête de saint Jean-Baptiste, fit savoir à travers tout le pays qu’il désirait posséder cette relique pour sa chapelle. Qu’elle ne fut pas sa stupéfaction de voir arriver les unes après les autres une dizaine de têtes dont chacune, lui assurait-on, était bien celle de saint Jean-Baptiste !... et les morceaux de la croix de Jésus : depuis deux mille ans qu’on ne cesse d’en vendre, c’est tout une forêt qui a dû être abattue ! Alors, pauvres humains, ils abandonnent l’esprit qui est vivant pour s’accrocher à des vestiges qui sont morts. Tout cela pour la plus grande joie de quelques gens rusés qui ont trouvé le moyen de gagner de l’argent.

La religion telle que certains la pratiquent n’est en réalité que du matérialisme. Je vous assure, on n’est pas spiritualiste parce qu’on pratique une religion, ni matérialiste parce qu’on s’intéresse à la matière. C’est la manière de s’intéresser à l’esprit et à la matière qui fait un spiritualiste ou un matérialiste. C’est pourquoi au lieu de critiquer les matérialistes, beaucoup devraient plutôt faire un retour sur eux-mêmes pour se demander si eux aussi ne sont pas des matérialistes, puisqu’ils s’arrêtent exclusivement sur la forme et perdent ainsi le contenu et le sens. Volez-vous être véritablement un spiritualiste ? Allez vers l’esprit qui vivifie et vers la vérité qui libère.

Omraam


samedi 10 mai 2014

Le véritable enseignement du Christ par Omraam



Il est toujours étonnant de constater que si peu de gens ont compris que la vie spirituelle est la vie de l’esprit. Ils s’encombrent de toutes sortes d’éléments matériels qui les limitent et limitent l’esprit. Pourquoi donner une telle importance à certains rites ou cérémonies, à certaines postures, gestes ou paroles ? L’esprit est au-dessus des formes ; puisque c’est lui qui les a créées, il ne dépend pas des formes, et pour entrer en contact avec lui on n’a pas besoin de ces formes. La vie spirituelle est le domaine de l’illimité et tant qu’on est attaché à certaines formes, on se limite. Il peut se produire tellement d’événements dans l’existence qui rendent impossibles les pratiques spirituelles auxquelles on est habitué. Est-ce une raison pour ne plus avoir de contact avec l’esprit ? 

Lorsque la Samaritaine interroge Jésus sur le lieu où il convient de rendre un culte à Dieu, la montagne de Samarie ou le temple de Jérusalem, Jésus lui répond : "Femme, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. L’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité". Jésus ne mentionne donc aucun lieu de culte, mais il prononce deux mots abstraits parmi les plus inconcevables pour l’homme : esprit et vérité. L’esprit s’oppose à la matière, et la vérité au mensonge, à l’erreur, à l’apparence, à l’illusion. Donc, adorer Dieu "en esprit", c’est abandonner les formes matérielles qui nous emprisonnent et nous empêchent de nous mouvoir librement ; et "en vérité", c’est s’arracher aux illusions.

Certains diront que "en esprit et en vérité" qualifiait la religion que Jésus apportait, la religion chrétienne, qu’il opposait ainsi à la religion de Moïse et aux religions païennes qui abondaient alors en Palestine. Non, je ne pense pas, et d’ailleurs le christianisme a conservé dans ses croyances, ses rites, ses monuments, beaucoup de traces de la religion juive surtout, et même du paganisme. De plus, avec le temps, ce sont toutes les religions qui ont tendance à se matérialiser, à s’accrocher à des objets, à des pratiques extérieures. Donc, cet idéal énoncé par Jésus : "en esprit et en vérité", concerne toutes les religions. S’il revenait aujourd’hui, il prononcerait certainement à peu près les mêmes paroles. Il dirait : "L’heure vient où ce ne sera ni à Jérusalem, ni à Rome, ni à la Mecque, ni à Bénarès, etc., que vous adorerez Dieu, mais en esprit et en vérité".

Jésus avait des conceptions révolutionnaires, mais cela ne l’empêchait pas de respecter certains aspects de l’ordre ancien et les préceptes donnés par Moïse. Il disait : "Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la Loi ou les Prophètes. Je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. Car je vous le dis, en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la Loi un seul iota ou un seul trait de lettre jusqu’à ce que tout soit arrivé". Mais en même temps, il voulait entraîner les humains plus loin dans la voie de la véritable religion.

Un Maître spirituel a exactement les mêmes préoccupations que n’importe quel instructeur, il doit faire progresser les humains  comme un professeur doit faire progresser ses élèves. Il sait que beaucoup ne pourront pas le suivre dans ses idées et ses projets, mais faut-il pour cela laisser stagner le petit nombre de ceux qui désirent aller plus loin et qui en sont capables ? Pourquoi se niveler sur les plus faibles, les plus bornés ? Il faut toujours pousser les humains à aller de l’avant, mais en même temps se montrer compréhensif et indulgent envers ceux qui ne peuvent pas encore tellement progresser.

Jésus se demandait comment instruire la foule, les gens simples qui venaient à lui, en même temps que les êtres spirituellement plus avancés. C’est pourquoi il se servait de paraboles. Et un jour où ses disciples lui demandaient : "Pourquoi leur parles-tu en paraboles" ? il répondit : "Parce qu’il vous a été donné de connaître les mystères du Royaume des Cieux et cela ne leur a pas été donné". Pour la foule, Jésus a donc donné des images et des récits. A ses disciples il a expliqué la correspondance de ces images et de ces récits dans le domaine des vertus. Et parmi ses disciple s, il en a encore choisi un, saint Jean, à qui il en a révélé le sens profond. On peut donc dire qu’à la foule il a donné la forme, à ses disciples, le contenu, et à saint Jean il a révélé le sens.

Et il en est ainsi depuis des siècles : la foule s’arrête à la forme, les disciples travaillent sur le contenu, et les Initiés trouvent le sens dont l’essentiel est résumé dans la formule "en esprit et en vérité". Ces deux mots révèlent que, pour Jésus, il existait aussi un côté ésotérique de la religion. Heureusement qu’ils ont été conservés, car on ne peut rien lire de semblable ailleurs dans les Evangiles. On se demande même par quel miracle ils s’y trouvent encore : tellement d’autres passages ont été supprimés ou transformés !

Pour commencer à faire l’apprentissage de la vie, un enfant a besoin qu’on lui raconte des histoires, qu’on lui montre des images, des objets concrets. Dans le domaine de la religion, la plupart des humains en sont encore restés au stade de l’enfance, ils ont besoin de choses extérieures, concrètes, tangibles, auxquelles s’accrocher. Imaginez qu’on annonce un jour aux croyants du monde entier : "Désormais, il n’y aura plus de lieux de culte, plus de cérémonies, plus de clergé, plus de statues ni d’images saintes, plus rien de matériel ni d’extérieur : vous allez adorer Dieu en esprit et en vérité". Ce serait le vide pour eux, ils se sentiraient perdus. Seul un être exceptionnellement évolué peut trouver dans son esprit, dans son âme, le sanctuaire où il entrera pour s’adresser au Seigneur, pour toucher, goûter et respirer les splendeurs du Ciel. Evidemment un pareil élargissement de la conscience est souhaitable. Pour ceux qui sont capables d’arriver jusque-là, il n’y a plus de limite, car le monde de l’âme et de l’esprit est le plus beau, le plus vaste ; ils peuvent travailler jusqu’à l’infini pour construire leur avenir de fils et de filles de Dieu.

En attendant, comme nous sommes sur la terre, nous sommes obligés de donner à nos croyances des formes matérielles : des lieux et des objets de culte, des fêtes religieuses à certaines périodes de l’année, qui sont l’expression de ces croyances.


Mais justement, il faut comprendre qu’elles n’en sont qu’une expression, elles ne sont pas la religion elle-même. On ne peut pas faire entrer la Divinité dans une église, un temple, ne mosquée ou une synagogue, ni dans un objet, pas même dans une hostie. C’est rabaisser la Divinité que de prétendre le contraire. Oui, je ne veux pas offenser les chrétiens, mais prétendre qu’il suffit d’avale rune hostie pour communier avec le Christ, c’est je le reconnais une invention magnifique, mais c’est une invention. Comment peut-on croire que le Christ, le Fils de Dieu, se laisse emprisonner dans une hostie par des prêtres plus ou moins dignes ? Mais pour qui le prend-on ? Et on appelle ça le mystère de l’Eucharistie ! Non, il n’y a là aucun mystère, mais seulement des réalités spirituelles qui obéissent à des lois : c’est vrai que dans un objet on peut faire entrer des fluides, des influences ... mais pas le Christ, pas Dieu ! 

Sans compter les formes, travailler avec les principes


Moi, je me contente de vous dire que si vous voulez évoluer rapidement, vous ne devez pas tellement compter sur les formes, mais travailler sur les principes. Il est dit dans les Ecritures : "La lettre tue et l’esprit vivifie". C’est exactement ce que je suis en train de vous expliquer. Oui, sans arrêt, je vous entraîne vers l’esprit qui vivifier.
     
Le Ciel a un programme, il veut faire passer l’humanité par certains chemins, lui faire franchir certaines étapes, mais "passer" seulement, "franchir", pas s’installer pour l’éternité. Les projets du Ciel ne sont pas ceux que les humains s’imaginent. Au cours de l’histoire, des Initiés, des grands Maîtres, des prophètes ont été envoyés par le Ciel pour rempli rune certaine mission, et ils l’ont remplie. Mais chaque fois c’était seulement valable pour une époque, afin d’amener les humains à acquérir de nouvelles notions, à développer de nouvelles facultés qu’ils ne possédaient pas encore. Une fois ces notions et ces facultés acquises, il y a encore un nouveau programme à réaliser. Et c’est là que l’Eglise commet des erreurs, car elle ne se préoccupe pas des projets du Seigneur, elle s’accroche à ce que d’autres ont préconisé, il y a des siècles, et qui est maintenant dépassé.     
         
Dieu s’est manifesté à travers Jésus, mais il s’était aussi manifesté à travers Moïse. Si Moïse a pu réaliser tellement de choses extraordinaires, c’est que Dieu était avec lui. Mais si Jésus est venu, c’est qu’après une certaine période, l’enseignement de Moïse ne correspondait plus aux projets que l’Intelligence Cosmique avait pour les humains. Et maintenant c’est la religion chrétienne qui doit évoluer. Il ne peut y avoir aucune religion supérieure à celle que Jésus a apportée, c’est impossible, Jésus est vraiment un sommet, il n’y a rien au-dessus de cette loi d’amour et de sacrifice qu’il est venu enseigner aux hommes ; mais c’est dans les méthodes, dans l’application, dans les interprétations que nous pouvons, que nous devons aller plus loin. Et ce que je dis pour les religions juive et chrétienne est également vrai pour les autres religions.

A la fin de son Evangile, saint Jean écrit : "Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses ; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pourrait contenir les livres qu’on écrirait". Donc, tout n’est pas dit dans les Evangiles, et il y a tellement de points encore obscures et inexpliqués ! Eh bien, ces éclaircissements, c’est l’Enseignement de la Fraternité Blanche Universelle qui les apporte. Et quand je mentionne la Fraternité Blanche Universelle, je ne veux pas parler de notre association ici, sur la terre, mais de la grande Fraternité Blanche Universelle, en haut, qui embrasse toutes les créatures les plus lumineuses dans l’univers, et dont celle qui porte ce nom ici n’est qu’un lointain reflet. Nous, notre travail ici est de donner à tous ces êtres parfaits des possibilités d’agir afin que le Royaume de Dieu descende sur la terre. Voilà dans quel sens il faut comprendre  que la Fraternité Blanche Universelle est une nouvelle forme de la religion du Christ. Celui qui veut travailler avec les principes du Christ qui sont éternels, inchangeables, appartient à la Fraternité  Blanche Universelle. Il se peut qu’il ne nous connaisse même pas, mais cela ne fait rien, il est un membre de la grande Fraternité Blanche Universelle en haut.

Tout ce qui existe n’est que le produit des relations que tissent entre eux ces deux pôles opposés : l’esprit et la matière, les principes et les formes. Et comme les humains ne sont pas préparés pour ne vivre qu’avec les principes, il leur faut des formes sur lesquelles s’appuyer ; l’esprit s’incarne dans la forme d’un corps pour pouvoir se manifester ici, dans le plan physique. Quand il retourne dans la région qui est la sienne, il n’a plus besoin de ces formes ; mais ici sur la terre, il en a besoin. Il faut seulement savoir que la forme ne dure pas longtemps, et c’est pourquoi, périodiquement, le Ciel envoie des Initiés, des grands Maîtres, pour changer les formes, mais seulement les formes, jamais les principes.

Omraam.


jeudi 8 mai 2014

En Esprit et en Vérité


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Il en est des cultures et des peuples comme des êtres humains : ils naissent, grandissent, vieillissent et meurent pour laisser la place à d’autres. Ils suivent la même courge : ils donnent ce qu’ils doivent donner, et ensuite ils s’éteignent. On dirait qu’ils se reposent pour pouvoir un jour se réveiller et produire de nouvelles richesses. On a vu cela avec toutes les civilisations, et c’est de la même manière le sort des religions ; chacune prend son essor, arrive à une grande élévation, une grande extension, un point culminant, puis elle se cristallise et perd les clés de la vie. Regardez, même les Mystères de l’Egypte ancienne, ces temples dont les grands prêtres possédaient les clés de la connaissance et du pouvoir, qu’en reste-t-il maintenant ? Tous ces hiérophantes, où sont-ils ? Toutes ces sciences, où sont-elles ?... Tous ont subi les lois immuables de la vie : chaque chose ou chaque être qui naît doit mourir et laisser la place. Seule ce qui n’a pas de commencement n’a pas de fin ; et seuls les principes n’ont ni commencement ni fin.

Les principes qui gouvernent l’univers sont comparables aux nombres de 0 à 9 à partir des quels se font toutes les combinaisons numériques. Les principes, comme les dix premiers nombres, sont donnés une fois pour toute s, mais personne n’est  capable de prévoir toutes les multiples combinaisons qu’ils peuvent produire, car ces combinaisons vont jusqu’à l’infini. Alors, voilà ce que l’humanité doit apprendre au cours des siècles : les nouvelles combinaisons, les nouvelles formes engendrées par les principes qui, eux, sont éternels. Dans tous les domaines, le mouvement est la loi de la vie. La vie est un jaillissement perpétuel qui a besoin de nouvelles formes pour s’exprimer. Après un certain temps, c’est elle-même qui casse les formes, car elle a besoin de nouveaux conducteurs pour révéler de nouvelles richesses, de nouvelles lumières, de nouvelles splendeurs. C’est pourquoi, après un certain temps, les formes doivent disparaître pour permettre d’autres nuances, d’autres manifestations plus subtiles.

Regardez l’être humain : quand il est jeune, la matière dont son corps est fait est extrêmement souple, malléable, vivante ; et c’est dans cette matière qu’à travers l’intellect, le cœur et la volonté, l’esprit parvient à s’exprimer de mieux en mieux. Mais il arrive toujours un moment où la forme durcit, se cristallise, et l’esprit, qui n’a plus la possibilité de se manifester à travers cette vieille forme ratatinée, doit partir pour revenir sous une forme nouvelle. Il faut observer la nature pour en tirer les conclusions valables dans tous les domaines. Pour durer on a besoin de se renouveler. Aussi est-ce une grande erreur de la part des religions que de vouloir éterniser les formes. Seuls les principes sont éternels, les formes s’usent et doivent être changées.

Si le christianisme perd de plus en plus de son influence, c’est qu’il s’est accroché à de vieilles formes, des croyances, des rites qui ont perdu aujourd’hui de leur sens et qu’il faut remplacer. Bien sûr je ne parle pas de remplacer les principes sur lesquels il est fondé, il ne peut exister de meilleurs principes que ceux qu’enseigne Jésus dans les Evangiles. Mais pourquoi continuer à traîner de vieilles pratiques qui ne donnent plus de résultats ? Le monde chrétien a besoin de grandes transformations, car les traditions sur lesquelles il vit ne sont plus adaptées à notre époque ; si elles l’étaient, l’humanité se trouverait dans un meilleur état. On a fini par réduire la religion à des formes inefficaces, et il ne faut donc pas s’étonner si de moins en moins de personnes la prennent au sérieux.

Dans le passé, les gens acceptaient tout ce qu’on voulait leur faire croire : il y avait une autorité, l’Eglise, qui pensait et décidait pour eux, tandis que maintenant ils ne veulent plus que d’autres pensent à leur place, et ils s’éloignent d’elle. C’est là un indice que l’Eglise doit chercher et accepter les nouvelles formes que le Ciel lui présente… Jusqu’au jour où ces nouvelles formes seront vieilles à leur tour et devront être remplacées. Les principes sont seuls durables, les formes jamais. Le rôle de la forme est de garder le contenu intact ; elle se présente donc comme un récipient, comme une limite. Mais après un certain temps, elle finit pas devenir une prison. Pour que le contenu ne reste pas immobilisé, emprisonné dans une forme, il faut l’abandonner et déverser ce contenu dans une forme nouvelle, plus subtile, plus souple, plus transparente. Voilà pourquoi rien de ce qui a été construit dans le plan physique n’est éternel.

Le temps ne peut pas agir sur les principes, mais il agit sur les formes. Quand on dit que le temps détruit tout, cela concerne seulement les formes. Et les chrétiens n’ont pas encore compris que les formes dans lesquelles leur religion leur a été donnée, il y a des siècles, ont perdu de leur efficacité et doivent être changés afin que le contenu, l’esprit, puisse mieux s’exprimer. Je le répète, ce n’est pas les principes qu’il faut changer, mais les formes, car elles sont soumises au temps ; l’éternité est seulement pour les principes. C’est donc à vous maintenant d’élargir votre champ de vision, et surtout d’avoir toujours ce désir d’évoluer.            

Qu’est-ce que l’évolution ? Un changement de forme. Pour se manifester, l’esprit a toujours besoin de nouvelles formes, car la forme, elle, n’évolue pas. Les formes sont là, telles quelles, créées depuis l’origine ; même les nouvelles formes que nous ne connaissons pas encore existent déjà dans le plan des archétypes. Et les humains aussi, de nouvelles formes les attendent : au fur et à mesure de leur évolution, ils doivent s’approprier de nouvelles formes, car il y a toujours une forme ancienne à laisser et une nouvelle à prendre, plus pure, plus élaborée.

Voilà ce que les chrétiens doivent comprendre : ils veulent éterniser la forme, mais sur la terre c’est impossible, c’est une attitude qui va contre les décrets de l’Intelligence cosmique. Toute forme est déjà éternisée dans les ateliers en haut. Oui, en haut, les formes existent de toute éternité pour servir les projets de l’Intelligence cosmique. Mais si l’homme s’obstine à se cramponner à telle sou telles formes, alors là, il provoque les forces cosmiques qui viennent casser ces formes pour le libérer. Comme il ne comprend pas, il se plaint de la cruauté de son sort… Mais comment pourrait-il se libérer s’il restait accroché aux mêmes formes ? 

Cette volonté du monde invisible de casser les vieilles formes n’est pas encore comprise par l’Eglise : elle s’étonne d’être ainsi bousculée. Mais qu’elle comprenne ou non, et quoi qu’elle fasse, les anciennes formes seront cassées. Qu’est-ce qu’un matérialiste ? Un homme qui s’est fixé sur des formes matérielles, et c’est en ce sens que l’on peut dire que l’Eglise est matérialiste. Eh oui… et c’est pourquoi ses formes seront cassées afin qu’elle puisse reprendre le chemin de l’esprit. Ne pensez pas que je suis contre toutes les formes, non, les formes sont utiles, nécessaires ; mais au bout d’un certain temps on doit les abandonner pour accueillir des formes nouvelles.     


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