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jeudi 28 janvier 2016

Mettre ses connaissances en application


Comprendre où est le bien et désirer ce bien n’est peut-être pas facile, mais c’est toujours moins difficile que la troisième étape : l’application.



Chacun peut très bien admettre qu’il est préférable d’être sobre, de rester fidèle à son mari ou à sa femme, de maîtriser ses mouvements de colère, d’agir honnêtement et souhaiter sincèrement y parvenir, mais voilà, quand la tentation arrive, comment ne pas succomber ? Pour résister il faut que la question soit claire dans les trois plans de l’intellect, du cœur et de la volonté, et le plus difficile est d’entraîner la volonté afin de changer ses habitudes.

Une mauvaise habitude est comme un cliché qui s’imprime sur nos corps subtils. Une fois imprimé, il se reproduit à l’infini. Même si ensuite on regrette sa faut, cela ne sert pas à grand-chose, à n la répète… et puis on la regrette à nouveau… c’est un enchaînement sans fin de fautes et de remords.

Lutter, pleurer, se repentir est le plus souvent inefficace, car le remords a lui aussi inscrit son cliché, alors il revient après la faute, mais il n’aide pas à la corriger. C’est comme si faute et remords étaient deux entités entre lesquelles n’existe aucun contact. Elles se suivent, c’est tout. Vous direz : "Mais c’est parce que l’homme est faible" Oui, il est faible, il est faible parce qu’il est ignorant. Le jour où il aura la lumière, il arrivera à triompher de ses mauvaises habitudes.

Et que faut-il faire alors ? Remplacer le cliché, c’est-à-dire remplacer les mauvaises habitudes en s’appliquant, peu à peu et consciemment, à avoir d’autres pensées, d’autres sentiments, et surtout à faire d’autres gestes. Ce sont là autant de nouveaux enregistrements, de nouveaux clichés qui arriveront à neutraliser les autres. Ils ne les effaceront pas, car dans la nature rien ne s’efface, mais ils se superposeront à eux et c’est eux qui agiront.

Un homme me confiait un jour qu’il était irrésistiblement attiré par les toutes jeunes filles ; il se rendait compte combien cela était dangereux, mais il ne savait pas comment lutter contre cette tendance et il me demandait conseil.

Demandait conseil. Alors, voici celui que je lui ai donné : "Cherchez à rencontrer une jeune fille qui vous laisse plutôt indifférent, là vous conserverez plus facilement la maîtrise et vous pourrez consciemment prendre l’habitude de garder des distances. Puis, vous en rencontrerez une autre, et encore une autre, et vous continuerez à agir correctement. Ainsi, peu à peu, vous inscrirez en vous une nouvelle attitude, c’est elle qui prendra le dessus, et quand vous vous trouverez devant une de ces jeunes filles qui vous faisaient auparavant perdre la tête, vous resterez irréprochable. Mais soyez vigilant, continuez à vous exercer avec celles qui ne vous tentent pas".

Or, que fait-on en général ? Exactement le contraire : on se précipite vers les personnes et les choses qu’on trouve plaisantes, et on se détourne des autres. Pour vaincre une tentation, une faiblesse, vous devez chercher à remplacer l’objet dangereux par un autre qui est pour vous inoffensif ; les nouveaux clichés que vous allez ainsi imprimer vous protégeront. Mais même si vous n’êtes pas exposé à des tentations qui vous perdraient si vous y succombiez, vous devez toujours penser à créer de nouveaux clichés, meilleurs, afin de progresser.

Combien de personnes croient agir conformément au bien qu’elles comprennent et qu’elles aiment. En réalité, elles font exactement le contraire, mais impossible de leur faire admettre. Pourquoi ? Parce qu’elles s’imaginent qu’il suffit d’accepter mentalement un idéal et de souhaiter le réaliser pour y parvenir. Eh bien, non, malheureusement non, c’est même là que commence la partie la plus difficile. Voilà pourquoi une des premières qualités du disciple est la lucidité.

Il est préférable de bien se conduire, mais mal se conduire n’est pas encore le plus grave. Le plus grave est de ne pas en être conscient. Celui qui est incapable de voir qu’il a mal agi finit par être pris dans des contradictions inextricables. Il rencontre des échecs, il est rejeté par les autres et il ne comprend pas pourquoi ; il se croyait irréprochable, il était convaincu que les autres l’approuveraient, l’admireraient même. Il est troublé par ce qui lui arrive, il s’imagine que le monde entier se ligue contre lui, ce qui influence très négativement ses pensées et ses sentiments ; il se révolte et dans cette révolte, il perd sa lumière et il perd son amour.

Tour cela parce qu’il refus d’admettre qu’il n’a pas réussi à faire le travail dans le troisième plan : la réalisation.


sur le blog de Francesca http://herosdelaterre.blogspot.fr/  retranscription des livres de Omraam