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jeudi 15 janvier 2015

LA MUSIQUE SPIRITUELLE




Nous allons aborder maintenant la musique spirituelle. Nous verrons comment elle est apparue, et dans quelles conditions. Je vais vous donner un aperçu de musique spirituelle. Dans l’église, le chant grec - tel qu’on le pratique aujourd’hui -, n’est pas un chant spirituel. Avec le temps, je vous donnerai des aperçus de la musique spirituelle, afin que vous sachiez en quoi elle consiste. Vous devez créer quelque chose de spirituel afin que le ciel s’ouvre quand vous chantez. La façon dont vous chantez actuellement n’est en rien de la musique occulte : le ciel ne s’ouvre pas. Cela n’est pas non plus un exercice. Quand quelqu’un commence à chanter dans l’église, (le Maître imite le pope : yé, yéé, yéé), les gens disent : « C’est une  parfaite psalmodie ! » Que peut-il sortir d’une tête grecque ? Je reconnais que les Grecs ont créé quelque chose dans l’art, mais ce n’est pas d’eux que pouvait naître la musique. Ils sont reconnus pour la beauté, mais nous devons chercher le chant chez les Hindous, les Arabes, les Égyptiens, et jusqu’à un certain point, chez les Juifs. Mais chercher un chant chez les Anglais ou les Français (Qui est-ce, qui est-ce ! Qui es-tu, qui êtes-vous ?). Les Turcs disent : « Kess et qui haba. » Ce n’est pas tout à fait cela, je l’adapte un peu, mais je dis qu’il n’y a pas de profondeur dans une prononciation placée haut, dans une prononciation nasillarde, alors que le chant occulte doit venir davantage de la gorge. La musique occulte exige d’être calme et d’avoir devant les yeux une image vivante qui nous inspire, comme par exemple, celle d’une rivière, d’une montagne, du soleil, d’une personne, d’une jolie jeune fille, d’un beau jeune homme ou d’une belle demeure. C’est seulement dans ce cas que vous pourrez chanter en l’honneur de quelque chose ; cela dépend du talent ou du génie de celui qui chantera.

Actuellement, des obstacles se dressent devant nous, et nous en rencontrons beaucoup - de très grands obstacles, que nous devons écarter de manière raisonnable. Aujourd’hui, si vous chantez beaucoup de chants religieux, on vous dit que ce n’est pas bien ; si vous chantez beaucoup de chants populaires, on vous dit aussi que ce n’est pas bon. Nous chanterons des chants proches de la nature.

Vous adresserez votre chant à une source, à une montagne, au lever du soleil, aux étoiles, à une rivière. Vous chanterez en l’honneur des vertus d’une personne vivante, bien réelle. Vous vous exprimerez simplement, mais en toute vérité. À l’occasion, vous direz : « Je vous jouerai un motif simple, mais vrai. » Certaines personnes parlent avec un langage très scientifique, de spécialiste, mais ce qu’elles disent est faux. C’est ainsi que sont dits les mensonges. Nous commencerons par ce qui est simple et infime, mais vrai.

Quelqu’un demande : « D’où as-tu pris ce thème ? As-tu vu cette rivière ? - Viens voir d’où j’ai pris mon thème : de cette rivière ! La vois-tu ? Repose-toi auprès d’elle et tu éprouveras la même joie qu’elle. Écoute la rivière et tu deviendras comme elle. » On trouvera les mêmes vibrations et les mêmes mouvements dans la lumière. Elle se projette sur une surface inclinée et comme l’eau de la source, elle saute de proche en proche. Elle aussi fait des mouvements rapides. Celui qui est prêt à le constater apercevra ces mouvements. (Le Maître joue « Dis-moi ta tristesse ») Le mouvement de la  lumière est approximativement le même que celui d’un ruisseau. Et maintenant, saisissez-vous la différence entre ces exercices ? Vous pourrez constater une infime différence dans leur construction et dans leur authenticité. Pourquoi sont-ils authentiques ? Parce qu’ils expriment des sons qui existent dans la nature.

Que peuvent créer les Bulgares ? Vous direz : « Puisque ce chant est bulgare, vous l’avez déjà entendu. » S’il est bulgare, que celui qui l’a déjà entendu me le chante ! Avez-vous déjà entendu ce motif quelque part ? (Le Maître joue « Force vive, dis-moi où l’eau jaillit »). Si vous chantez ce motif, tout d’abord fort, puis doucement, vous ressentirez deux influences différentes. En le chantant d’abord fort, puis doucement, s’élèvera une haute vague suivie d’une vague qui s’atténue. Si, lorsque vous chantez à haute voix, quelqu’un passe près de vous et dit : « Il chante trop fort ! », cela n’est pas vrai. Je vais maintenant vous jouer ce morceau doucement. (Et le Maître joue fort, puis doucement « dis-moi où l’eau jaillit »).

Des déformations sont apparues dans la musique. Voilà, par exemple, d’où viennent les méprises dans la musique. (Le Maître joue « Le soleil se lève » avec des trémolos). Ces déformations des tons faussent la mélodie, à la suite de quoi elle est modifiée. Les tons fondamentaux se trouvent dans « où l’eau jaillit » (Le maître joue des tons purs, sans trémolos). Là, nous sommes arrivés à la musique occulte. (Puis le Maître joue en faisant des trémolos). Saisissez-vous la différence entre ces deux manières de jouer ? Suite à de petits laisser-aller naissent des déformations et l’image qui en résulte perd son authenticité. Venons-en maintenant au deuxième motif de ce chant. Pouvez6vous chanter ce deuxième motif ? Chantons doucement « Dis-moi ta tristesse. » (Nous chantons tous, puis le Maître chante seul).

D’où vient ce « yé, yé », comment est-il apparu dans le chant grec ?  (Le Maître chante en traînant la voix « Bla-a-a-go-o-o-ost » plusieurs fois et avec des trémolos variés). Ce « yé, yé » est né de la déformation des tons et de l’exclusion des consonnes. Dans la musique occulte, il faut donner un sens à chaque syllabe. (Le Maître chante « Bla a-a-gost, bla-go-o-ost » plusieurs fois, puis « ao-ao-aou-aou... »). Leur  musique spirituelle doit être entièrement corrigée. L’Église grecque doit comprendre que tous les motifs de sa musique doivent être corrigés, les mots y sont disposés sans ordre. Les Grecs disent que les Juifs ont créé les psaumes ; mais étaient-ils présents pour en connaître l’original juif ? L’hébreu est une langue analytique. En elle n’existent que deux temps : le passé et le futur ; il n’y a pas de  présent. D’autre part, les Grecs traduisent un mot hébreu soit avec un article défini soit avec un article indéfini et ils conjuguent les verbes au passé, au futur, mais aussi selon un autre temps impropre à l’hébreu. Ils donnent ainsi au mot un autre sens, dont les vibrations qui en résultent dans l’intellect sont d’une autre origine, et créent dans l’âme un courant différent de celui produit par l’original. Par exemple, le premier psaume n’est pas bien traduit. Je constate la même chose pour les Évangiles. Leur traduction n’est pas correcte. Pour traduire quelque chose, il faut le vivre, se transporter au temps où vivait le Christ, comprendre l’Esprit. En pénétrant en Paul, en Pierre et en Christ, alors tu peux traduire. Mais de nos jours, les gens font une traduction littérale et en conséquence, ceux qui lisent l’Évangile n’y croient pas parce que la traduction n’est pas juste.

L’Esprit en est absent. Ce n’est pas une critique, mais vous, en tant que disciples occultes, vous ne devez pas vous tromper. Vous devez avoir une juste opinion pour chaque chose, ni plus ni moins ! Ne soyez pas sévères dans votre appréciation ; dites la vérité telle qu’elle est.
Certains disent d’une musique qu’elle est ordinaire, qu’elle appartient au monde, et qu’une autre est spirituelle. Je vous donnerai maintenant un autre thème : la Différence entre la musique ordinaire et la musique spirituelle. Écrivez peu, mais en donnant des exemples. Choisissez des chants ordinaires et des chants spirituels  pour distinguer la différence entre eux. Vous disposez de certaines représentations parmi les chants bulgares : « Bien-aimé, bien-aimé, bien-aimé Stoyan. »

En écoutant ce chant, il produira tout de suite une certaine humeur chez l’homme religieux qui dira : « Pourquoi nous parle-t-il de cela maintenant ? » Et toi, face à Dieu, dans quelle disposition seras-tu ? Comment L’accepteras-tu ? Comme juge qui te soumettra à son jugement, comme bienfaiteur qui t’aidera ou enfin, comme un bien-aimé qui te donnera son Amour ? Tu pourras L’entrevoir sous beaucoup d’autres jours.

« Bien-aimé, Stoyan. » Qu’y a-t-il de mal dans ce « bien-aimé ? » Est-ce vraiment un bien-aimé ? Dès qu’apparaît ce doute, on constate que ces mots perdent tout de suite leur sens poétique et prennent alors un sens érotique. L’image « Bien-aimé, bien-aimé, Stoyan », n’est pas l’image de l’amour, mais celle d’un banquier qui prête de l’argent. Tu dis alors : « Tu me dépouilleras ou est-ce moi qui te dépouillerais ?

Est-ce moi qui te dépouillerais ou est-ce toi qui me dépouilleras ? » Bien, mais si un poète vient près de toi, comment te louera-t-il ? Il dira : « Ma belle. » En quoi réside la beauté ? Derrière cette beauté doit se trouver une vertu. La beauté sans vertu n’est rien. On dit d’une jeune fille qu’elle est belle. En quoi réside sa beauté ? Ses yeux sont noirs, ils expriment des sentiments profonds. Les sourcils noirs expriment la force et l’énergie, alors que les sourcils fins expriment la douceur des sentiments, la tendresse. « Notre Mara est belle, avec des sourcils finement dessinés. » Quand le poète décrit les fins sourcils de Mara, c’est qu’elle a un cœur doux et tendre. Les sourcils fins doivent évoquer cette image. Cependant, dès que je dis les mots ‘sourcils fins’, cela représente quelque chose de faible, sans caractère. Ces sourcils ne nous évoquent rien. Si dans ces yeux noirs tu ne vois pas la profondeur des sentiments, ils sont sans valeur. Que signifient les yeux bleus ? Quelque chose qui porte une idée élevée, qui existe au ciel. S’ils ne portent pas cette idée, les yeux bleus sont sans valeur. Chaque symbole, ‘noirs’ ou ‘bleus’, doit avoir un sens ; cela est de la musique ! Les poètes, dans la poésie actuelle, se démentent. Ils devraient combiner les mots de telle sorte que l’idée soit mise en évidence. Quand les poètes actuels font une description, ils doivent tout d’abord en donner l’idée. À des sourcils fins ne peut correspondre un petit front. Cette Mara aux fins sourcils ne peut avoir un front d’une hauteur de deux doigts, et le poète ne peut la dépeindre avec une tête large comme celle d’un bouledogue anglais, mais au contraire, avec un visage légèrement allongé et une tête au sommet arrondi. Le poète doit donner à ce visage une expression vivante, le reflet d’un élan spirituel. Il lui donnera un nez bien fait et un regard sans strabisme. Les images produites doivent ressortir.

S’il ne tient pas compte de ces considérations, tout le reste ne sera que des mots vides de sens. S’il ne parvient pas à trouver ce qui formera un riche tableau, son langage restera érotique : car le bel homme comme l’homme bon ont chacun leur propre image. Et il en est ainsi dans la nature où le loup comme la brebis ont leur image. De même, tous les animaux selon leur caractère, leur sensibilité et leur intelligence, ont une image qui correspond à ce qu’ils portent en eux-mêmes. Nous ne pouvons rien créer de nouveau et nous décrirons les choses telles qu’elles sont. Chacun peut modifier sa forme extérieure. C’est pour cette raison que vous êtes des disciples occultes : afin d’effectuer cette transformation.

Tout d’abord, je veux que vous aimiez la musique, car la musique et la poésie sont nécessaires à votre noblesse. Puis nous devons entrer dans la vie, n’est-ce pas ! Non pour peiner, car la peine montre que vous êtes hors du Paradis. On travaille dans le Paradis et on peine en enfer. Tous disent que l’on doit peiner. N’utilisez pas le mot ‘peine’, mais dites : « Travaillons ! » L’Esprit peine et travaille ; il commence par la peine et termine avec le travail. Certains disent : « Nous travaillerons et peinerons. » Cela signifie que vous êtes au Paradis et que vous en serez chassé, et que dehors vous peinerez. Si nous peinons, nous ne sommes pas au Paradis ; nous travaillerons afin d’entrer au Paradis. La ‘peine’ signifie que tu te trouves entre deux principes - tu peines. Le travail est en rapport avec la liberté ; il se fait selon le libre arbitre. C’est pourquoi la musique est un travail ; de même que la poésie et aussi le chant, la lecture, l’étude sont un travail et non de la peine. On dit : « Cet élève peine, qu’il sorte ! » La peine est pour le champ, mais dans l’École, tu travailleras. Pourquoi dis-je que dans l’École tu travailleras, et que tu le feras en étant bien disposé ? Parce que si tu ne viens pas bien disposé, ta place n’est pas ici. Vous êtes au Paradis où vous devez oublier votre peine. Comment, par exemple, sera réglé le problème du prochain référendum, etc.

Tout cela restera dehors. Le référendum se déroulera exactement tel que le karma l’a déterminé, rien de plus. Cela se passera très bien. Avec ce référendum, ils vont une deuxième fois bien apprendre leur leçon. Maintenant, le Seigneur vous appelle en disant : « Allez-vous ou non apprendre ? » Là il y a aussi une école : celle de la loi de

Moïse, mais ici, c’est celle de la loi du Christ. Ici, il y a la musique, il y a tout ; et tout est permis : vous chanterez, vous écrirez des poèmes, vous étudierez l’art de soigner, vous aurez du temps pour faire des promenades, pour les meilleures activités.

Quelqu’un dira : « Mais ce n’est pas ainsi qu’est la vie. » Nous la ferons ainsi ! Jusqu’à présent, il n’en était pas ainsi, car les principes avec lesquels nous travaillions étaient tels qu’ils devaient être, mais nous les rendrons conformes. Cela dépend de nous. Comme je vous l’ai dit ce matin, je n’aime pas que quelqu’un mange le contenu de votre bol à votre place, mais je veux que ce soit vous qui le mangiez.


Pourquoi ? Parce que de ce bol, de ce repas dépend votre avenir. Vous étudierez et vous chanterez. Vous dites : « Untel chante bien. » Et toi aussi tu chanteras. « Je ne suis pas fait pour ce travail. » Non, non, tu es né pour lui, mais par la suite, tu as négligé ce don. Tu étudieras, car tu es né pour ce travail. Nous retrouverons tout ce qui a été perdu.

Peter DEUNOV 

lundi 12 janvier 2015

LES ARCHANGES ET LES SAISONS


Le passage d'une saison à l'autre au cours de l'année se produit, vous le savez, lorsque le soleil passe par quatre points cardinaux appelés solstices et équinoxes. Ce sont comme des nœuds de forces cosmiques, et à ces périodes-là de nouvelles énergies se déversent sur la terre. Mais ce n'est pas parce qu'il se répète régulièrement chaque année que le renouvellement de ces forces se fait automatiquement, mécaniquement.

Non, tous ces changements sont produits par le travail d'entités qui ont la charge de s'occuper des pierres, des plantes, des animaux et des hommes. Les quatre saisons sont placées sous l'influence de quatre archanges: Raphaël préside au printemps, Ouriel à l'été, Mikhaël à l'automne et Gabriel à l'hiver. D'après la tradition, Raphaël, Ouriel, Mikhaël et Gabriel sont parmi les « sept anges qui se tiennent devant la gloire du Seigneur. »

Quand approche l'équinoxe du printemps, tous les esprits et les forces de la nature travaillent sous la conduite de Raphaël pour ranimer la vie partout dans l'univers. C'est dans le règne végétal que leur action est la plus spectaculaire, mais elle touche aussi les minéraux, les animaux et les humains. Ce renouveau de la vie dans la nature peut être pris comme synonyme de régénération pour l'homme, donc aussi de guérison.

La seule mention qui est faite de Raphaël dans les Écritures se trouve dans le Livre de Tobie. C'est toute une aventure extraordinaire! Un jour le vieillard Tobit, devenu aveugle, reçoit la visite d'un jeune homme qui se présente comme Azarias, fils d'un de ses parents, et il lui propose d'accompagner son fils Tobie jusqu'en Médie pour y rechercher une somme d'argent que Tobit a laissée en dépôt depuis plus de vingt ans. Tobit accepte.

En chemin, Azarias instruit Tobie et lui donne des conseils; il va même jusqu'à lui suggérer de demander la main de Sarra, la fille d'un homme qui leur a offert l'hospitalité. Or, une malédiction pèse sur Sarra: elle s'est mariée sept fois et chaque fois, immédiatement après la cérémonie du mariage, le démon Asmodée a fait périr son mari. Pour faire cesser le maléfice, Azarias conseille à Tobie de pêcher un certain poisson, d'en prélever le foie et le cœur et de les faire brûler: la fumée met le démon en fuite. Tobie épouse donc Sarra. Le voyage continue... L’argent laissé en dépôt est récupéré et c'est le retour vers la maison paternelle. En chemin Azarias dit à Tobie: « Je te garantis que les yeux de ton père vont s'ouvrir. Tu lui appliqueras sur l'œil le fiel de poisson: la drogue mordra et lui tirera des yeux une petite peau blanche... » Tobie exécute les prescriptions et rend ainsi la vue à son père. A la fin, quand Tobie et son père veulent offrir des présents à cet extraordinaire jeune homme qui leur a apporté tant de bénédictions, Raphaël se fait connaître: « Je vais vous dire toute la vérité. Je suis Raphaël, l'un des sept anges qui se tiennent toujours prêts à pénétrer auprès de la Gloire du Seigneur... » et il disparut. C'est une très belle histoire - je vous l'ai résumée rapidement, mais elle mérite d'être lue en entier [« Le Livre de Tobie » ne figure que dans la Bible catholique].

Dans la sphère de Hod, les kabbalistes ont placé la planète Mercure. Or, le dieu Mercure (Hermès dans la mythologie grecque), est le dieu des voyageurs et de la santé. C'est exactement le rôle tenu par Raphaël auprès de Tobie qu'il a accompagné tout au long de son voyage et instruit dans l'art de guérir les maux du corps (la cécité de son père) et les maux de l'âme (les atteintes du démon). Et ce n'est pas par hasard qu'encore de nos jours, le caducée d'Hermès est le symbole des médecins.

La grande fête du printemps est Pâques, elle célèbre la résurrection du Christ dans toute la nature et doit être aussi notre résurrection. Alors, il ne suffit pas de remarquer que les oiseaux chantent, que les arbres se couvrent de feuilles; il y a tout un travail à faire, un travail de renouvellement. Chaque matin, quand vous venez au lever du soleil, vous ne devez avoir rien d'autre dans la tête que ce renouveau. Alors, laissez tous les autres sujets de côté, tout ce qui est déjà vieux et caduc, pour recevoir enfin la nouvelle vie et entrer en communication avec ce grand courant qui vient du cœur de l'univers.

L'été est placé sous l'influence d'Ouriel, et ce nom possède une signification magnifique: « Dieu est ma lumière ». Pourtant, on ne trouve aucune mention de cet archange dans les Écritures. Pendant l'été, toute la nature est en feu, l'air lui-même est embrasé, et le 24 juin, jour de la fête de saint Jean-Baptiste, au moment du solstice d'été, il est de tradition d'allumer des feux et de célébrer par des chants et des danses la victoire de la chaleur et de la lumière. Mais l’Église n'a pas encouragé cette manière de célébrer la Saint-Jean qui rappelle de vieux rites païens, car ces réunions d'hommes et de femmes qui chantent, dansent et boivent autour d'un feu pendant toute la nuit, finissent inévitablement dans la sensualité et les orgies.

La Saint-Jean, c'est vrai, qui se situe au moment où le soleil entre en Cancer - signe dominé par Vénus - n'est pas la fête du feu spirituel, mais du feu physique, terrestre. Ouriel est l'archange de Malhouth, la sphère de la terre, et le feu sur lequel il règne n'est pas seulement celui qui fait mûrir les blés et les fruits des arbres, c'est le feu intérieur de la planète qui entretient toute une matière en fusion où s'élaborent les métaux, les minéraux et que l'on a assimilé à l'enfer.

Dans certaines traditions, l'été est symbolisé par un dragon qui crache des flammes. Le dragon est justement cet animal mythique qui vit sous terre et ne sort à la surface que pour brûler, dévorer et détruire. Mais il est aussi le gardien de tous les trésors cachés, les pierres et les métaux précieux, fruits de la terre, et, pour s'emparer de ces trésors, il faut être capable de l'affronter et de le vaincre. Là encore, de nombreuses traditions, rapportées surtout par des contes, célèbrent le héros audacieux et pur qui a été capable de vaincre le dragon pour s'emparer de ses trésors. Voilà des récits sur lesquels le disciple doit méditer: ce n'est pas parce que l'été libère les forces souterraines qu'il doit se laisser dévorer par le dragon. Malheureusement, de plus en plus, parce que c'est en été que la majorité des gens prennent leurs vacances, on voit que cette saison est devenue celle de la libération des instincts et surtout de la paresse intérieure et de la sensualité. Vous direz: « Mais c'est normal, puisque c'est la nature elle-même qui les y invite. » La nature inférieure, oui. Et c'est le moment pour vous de comprendre l'importance des cinq plans dont est constituée chaque séphira. Si vous restez au niveau inférieur de Malhouth, la Terre, évidemment vous serez englouti par les instincts. Mais si vous faites un travail intérieur pour vous élever dans cette séphira et entrer en relation avec les Ames glorifiées, les Ischim, avec l'archange Ouriel et avec le Seigneur Adonaï Méleh, non seulement vous vaincrez le dragon, mais vous pourrez vous emparer de ses trésors, c'est-à-dire des nouvelles possibilités spirituelles que vous donnera ce travail pour maîtriser lesforces obscures qui sont en vous.

L'automne est placé sous l'influence de Mikhaël, l'archange du Soleil dans la séphira Tiphéreth. Mikhaël est le plus célébré de tous les anges; son nom signifie « Qui est comme Dieu? » La tradition initiatique raconte que Lucifer était le plus grand des Archanges. Dans sa puissance il commença à se croire l'égal de Dieu et voulut même Le détrôner. Alors, voyant cela, un autre Archange se leva et dit: « Qui est comme Dieu? » En hébreu: « Mi (qui) - ka (comme) - El (Dieu). Alors le Seigneur, qui avait vu la scène, lui dit: « Désormais on t'appellera Mikhaël et tu seras le chef de la milice céleste. » Dans l'Ancien Testament, Mikhaël est l'archange de toutes les victoires sur le mal. Dans le Nouveau Testament, particulièrement dans l'Apocalypse, il est dit que c'est lui qui, à la fin des temps, terrassera le dragon.

Une tradition rapporte que lorsque Moïse mourut, le diable voulut s'emparer de son corps, et c'est l'archange Mikhaël qui s’opposa à lui pour le lui arracher. De nombreux tableaux et icônes le représentent aussi une balance à la main, pesant, après leur mort, les actes des humains: sur un plateau s'entassent les mauvaises actions, sur l'autre plateau les bonnes. Pendant ce temps le diable est là, prêt à entraîner l'homme dans son royaume infernal, et il est furieux, il grince des dents en voyant Mikhaël ajouter dans le plateau une dernière bonne action qui fera pencher la balance du côté du bien! Le début de l'automne coïncide avec l'entrée du soleil dans la Balance. L'automne est la saison des récoltes. On ramasse les fruits, on jette les mauvais et on garde les bons. « Vous reconnaîtrez un homme à ses fruits », disait Jésus. Et, d'une certaine façon, on peut dire que chaque récolte est un jugement. Dans la nature, comme dans la vie, l'automne est la meilleure saison, la saison des fruits qui ont mûri sous les rayons du soleil dont Mikhaël est l'archange.

L'hiver, enfin, est sous l'influence de Gabriel, l'archange de Iésod qui est la séphira de la Lune. A l'entrée de l'hiver, on célèbre Noël, la naissance du Christ. Il existe des liens étroits entre l'archange Gabriel, la naissance des enfants, la lune et l'hiver. C'est Gabriel qui annonce d'abord à Zacharie la naissance d'un fils qui sera Jean-Baptiste. Puis il annonce à Marie la naissance de Jésus: « L'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L'ange entra chez elle et dit: Je te salue, toi à qui une grâce a été faite; le Seigneur est avec toi.

Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. L'ange lui dit: Ne crains point, Marie, car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte et tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. » Qu'est-ce qu'une naissance? Le passage de l'invisible au visible, de l'immatériel au matériel, de l'abstrait au concret. Et c'est la lune, principe féminin par excellence, qui préside à toutes les formes d'incarnation, à celles du plan physique comme à celles du plan spirituel. Pendant l'hiver où les nuits sont les plus longues et où la vie de la nature se ralentit, les conditions sont moins  propices aux manifestations extérieures et plus favorables, au contraire, à la vie intérieure: l'homme est poussé à rentrer en lui-même pour préparer la naissance de cet enfant de lumière que certaines traditions ont symbolisé par une perle. La perle, qui vient de la mer, a comme  elle des relations avec la lune. Sur l'Arbre séphirotique, l'huître perlière, c'est Iésod qui, dans le corps cosmique, représente les organes génitaux. C'est là que la perle doit se former. Cette perle représente la quintessence la plus pure de l'amour. L'huître perlière, c'est le principe féminin qui met au monde une perle, l'enfant.

Les quatre saisons sont donc présidées par quatre archanges. Le printemps est sous l'influence de Raphaël, l'archange de Hod ; l'été, sous l'influence d'Ouriel, l'archange de Malhouth; l'automne sous l'influence de Mikhaël, l'archange de Tiphéreth, et l'hiver sous l'influence de Gabriel, l'archange de Iésod. Replaçons-les maintenant sur l'Arbre séphirotique. On voit, de bas en haut, Malhouth : la Terre; Iésod: la Lune; Hod: Mercure, et Tiphéreth : le Soleil, c’est-à-dire les quatre éléments: la terre, l'eau (la Lune), l'air (Mercure) et le feu (le Soleil). En connaissant toutes ces correspondances, vous pouvez maintenant apprendre à travailler avec les quatre saisons, et ainsi votre vie deviendra de plus en plus riche de sens.


Omraam 

vendredi 9 janvier 2015

INFLUENCES DU CHANT ET DE LA MUSIQUE


Pour que le chant occulte soit expressif, il doit être imagé et représentatif. En vérité, le sentiment est nécessaire pour le chant, mais ce sentiment doit se développer en images. Or, ce développement en images est un processus mental. Voilà pourquoi le chanteur de chant occulte doit penser, doit créer des images vivantes et les projeter à travers son chant. Toutes ces idées doivent s’exprimer nettes et palpitantes à travers son intellect ; et par son chant, il doit leur donner une expression musicale laquelle, secondée par l’intellect, unie à la douceur d’un sentiment profond et pénétrant et appuyée par les gestes correspondants, confère au chant un caractère magique. Ainsi chantent les chanteurs géniaux. Les chanteurs et les musiciens véritables sont venus sur la terre avec une tâche bien déterminée : consoler et relever les âmes affligées, douloureuses ou déchues.

En vérité, ces êtres donnent toujours quelque chose d’eux mêmes ; c’est pourquoi on dit d’eux qu’ils chantent avec âme. Il y a des chanteurs qui ne donnent rien d’eux-mêmes ; leur chant est indifférent, il endort et hypnotise l’homme. Le bon chant vivifie, encourage, transporte ; il éveille la pensée, il nous approfondit et nous ravit en contemplation. Celui qui a entendu au moins une fois un tel chant ne l’oubliera jamais. Le musicien de l’avenir doit s’inspirer de l’idée que sa musique doit bouleverser les âmes déchues.

Et si vous me demandiez en quoi consiste le travail d’un chanteur qui a chanté durant de longues années et ce qu’il a apporté au monde, je vous dirais que du point de vue des hommes modernes, il n’a rien apporté du tout, mais du point de vue de la haute mathématique cosmique, ce chanteur a accompli un travail essentiel : il a créé dans le monde idéal une série de belles images qui serviront de base à la culture de l’avenir. Dans ce sens, les chanteurs sont les pionniers de la culture à venir : ils déterminent les formes de la vie future. La vie actuelle a été déterminée par les chanteurs du passé.

Vous demanderez : « Comment se fait-il que les musiciens façonnent la vie ? » Nous ne considérons pas la musique comme un art d’agrément, mais comme une énergie créatrice, comme une force qui façonne et qui se trouve à la base de la pensée humaine.

Tout grand chanteur ou musicien sert d’instrument d’expression à plusieurs âmes qui se manifestent à travers lui, afin d’agir sur les hommes. Les vibrations de ces êtres supérieurs, projetées dans la musique de cet exécutant, se propagent loin dans l’espace, exerçant une influence bienfaisante sur les hommes. Encore plus forte est leur action sur l’auditeur quand celui-ci entend directement quelque grand virtuose ou chanteur. Il entre en lien, non seulement avec l’artiste, mais encore avec un groupe d’êtres qui sont en liaison avec ce dernier.

L’homme peut exécuter un chant avec tant d’inspiration, avec un tel sentiment pénétrant qu’il provoquera un véritable bouleversement chez tous ceux qui ’écoutent et, ainsi, vous vous liez aux Êtres avancés qui se manifestent à travers eux. Les vibrations de ce chant se répercuteront dans 1’espace, seront répétées par les hommes et continueront à résonner dans l’éternité. Il y en a peu qui se répercutent dans l’espace. Ainsi, par exemple, il est très rare de pouvoir saisir aujourd’hui quelque chant antique égyptien ou hindou. Or, les chants et la musique dont les vibrations ne restent pas imprégnées dans l’espace pour toute une éternité, ne sont pas de la vraie musique.

La vraie musique ne peut émaner que d’hommes qui dans leur cœur ont érigé un autel sur lequel les Anges, les plus grands musiciens qui soient, apportent à Dieu leurs sacrifices, leurs chants inspirés. Là où il y a des musiciens qui ont su édifier de tels autels intérieurs, là brûle le feu sacré de l’Amour. Là sont offerts en sacrifice des hymnes sacrés. : le service de Dieu à travers la musique

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L’homme étudie la vie terrestre à l’aide de ses cinq sens qui lui servent aussi pour apprendre la musique. Dans la musique, les cinq sens sont représentés par les cinq lignes de la portée. Ainsi donc, étudiez la vie, mais aussi la musique en tant qu’accessoire de la vie. La première tâche de l’élève musicien est de connaître la portée sur laquelle sont inscrites les notes. Suivant qu’elles sont situées sur les lignes ou entre celles-ci ou sur les lignes supplémentaires que l’on ajoute en dessous et au-dessus de la portée, une différence existe entre les notes.

Le ton de base de la première note est ‘do’ qui s’inscrit sur la première ligne ajoutée sous la portée. Ce ton est positif : il donne quelque chose de lui-même et c’est en général le cas de toutes les notes inscrites sur les lignes. Le ton ‘ré’ représente le mouvement en avant, en vue d’une réalisation. Avec lui vous pouvez accomplir quelque chose à condition d’en avoir posé la base. Le son ‘mi’ représente le but vers lequel vous vous dirigez. Donc, avec ‘do’ l’homme naît ; avec ‘ré’ il commence à se mouvoir et avec ‘mi’ il va à l’école. Le ton ‘fa’, c’est l’école maternelle ; le ‘sol’, l’école primaire ; le ‘la’, le lycée et le ‘si’, l’université. Donc, en chantant la gamme, vous êtes né, vous avez avancé, vous êtes entré à l’école, vous avez terminé vos études et vous vous engagez dans la vie pour appliquer ce que vous avez appris !

En étudiant la musique, faites attention à la signification des tons dont vous vous servez. Il ne suffit pas de solfier : do, ré, mi, fa, etc., mais vous devez savoir d’où vous venez et où vous allez. Si vous ne commencez pas, poussé et en même temps attiré par l’Amour, la Sagesse et la Vérité, vous ne pouvez avoir un haut idéal dans l’existence. En se mouvant, en agissant, l’homme doit se rappeler que de cette façon il peut obtenir la santé, écarter les contrariétés, se libérer des limitations.

Par le mouvement conscient, vous vous porterez bien, vous irez de l’avant, vous étudierez et appliquerez ce que la musique vous aura appris. Il faut également parler des dièses et des bémols que l’on utilise  dans la musique. Le dièse est en rapport avec l’intellect et le bémol avec le cœur. Il en est de même dans la ‘musique organique’. Toute souffrance est une prière musicale donnée à l’homme pour qu’il l’exécute selon les règles. La souffrance doit être transformée en joie.

Voilà pourquoi les Écritures nous disent : « Lorsque la femme enfante, elle est dans la souffrance ; mais dès que l’enfant est né, elle oublie ses douleurs qui se transforment en joie ! »Jusqu’à quand l’homme souffrira-t-il ? Jusqu’à ce qu’il mette quelque chose au monde, autrement dit : jusqu’à ce que sa souffrance se transforme en musique et en chants. Le vrai musicien a des gestes esthétiques.

Vous regardez quelqu’un et vous le trouvez beau. D’où vient sa beauté ? De son front, son nez, son menton ? Pourtant cela ne suffit pas ; il doit encore exister un rapport précis entre les différentes parties du visage. Si cette corrélation n’existe pas, l’homme n’est pas vraiment beau et ses mouvements manquent d’harmonie.

La beauté est liée à la paix intérieure, à la sérénité de l’âme. Il n’y a pas de beauté si l’intellect, le cœur et l’esprit ne sont pas éveillés  par la voix de l’âme. C’est un bonheur que de rencontrer un être véritablement beau ! Vous pouvez compter sur lui, il est compréhensif parce que son âme est ouverte aux souffrances et aux joies des autres.


Peter DEUNOV

jeudi 8 janvier 2015

LES FONDEMENTS DE LA VIE SPIRITUELLE



Combien de gens sont venus auprès de moi en espérant que je leur donnerais les moyens de développer facilement des facultés psychiques, d'obtenir des pouvoirs magiques, etc. Et quand je leur disais que la méthode la plus efficace pour développer ces facultés et obtenir ces pouvoirs était de se purifier, de faire tout un nettoyage intérieur, ils me quittaient, et avec quel mépris! Ce que je leur disais leur paraissait évidemment trop puéril. Et ils allaient ailleurs, pensant qu'ils finiraient par trouver ce qu’ils cherchaient. Évidemment,  ils trouvaient quelque chose, mais quoi? Il vaut mieux ne pas en parler. Alors vous, au moins, essayez de comprendre que la pureté est le moyen le plus efficace pour parvenir à de véritables réalisations spirituelles.

Car une fois que le terrain est déblayé, la voie est libre pour les courants célestes: ils ne rencontrent plus d'obstacles pour arriver jusqu'à vous et vous donner ce que vous demandez. Malheureusement la majorité de ceux qui se tournent vers la spiritualité s'imaginent que les satisfactions, les succès qu'ils n'ont pas réussi à obtenir par d'autres moyens, c'est un enseignement initiatique qui les leur donnera. Non, il ne les leur donnera pas, et s'ils essaient de parvenir à leurs fins en utilisant les sciences occultes, ils le paieront très cher. Si j'arrivais au moins à vous faire comprendre cela, je considérerais que j'ai accompli une grande partie de ma tâche.

J'ai fait, une année, tout un cycle de conférences sur la pureté en prenant pour point de départ la séphira Iésod, afin de vous montrer combien ce sujet est large et vaste; il touche des domaines auxquels on n'a pas l'habitude de penser [Voir « Les Mystères de Iésod », Oeuvres Complètes, tome 7]. Tout le monde connaît les inconvénients que présentent des canalisations bouchées, des vitres sales, des verres de lunettes mal essuyés. Mais très peu pensent qu'ils entretiennent les mêmes inconvénients en eux-mêmes: des pensées, des sentiments, des désirs qui sont comme des taches, des poussières, des déchets qui obstruent les canaux spirituels, qui empêchent la lumière divine d'arriver jusqu'à eux et de les pénétrer. Vous ne pouvez rien entreprendre de solide, de sûr, dans la vie spirituelle, sans avoir préalablement travaillé sur la pureté.

Mais ne croyez pas que si j'insiste tellement sur la pureté, c'est parce qu'il faut s'arrêter exclusivement sur elle et ne rien chercher au-delà. Non, j'insiste parce que la pureté est la base - ce qui est la signification du nom Iésod: base, fondement. Or, le rôle d'une base c'est de supporter tout l'édifice. Dans l'Arbre de la Vie, il y a toutes les autres séphiroth qui représentent les vertus sur lesquelles le disciple doit apprendre à travailler, mais le travail avec Iésod, la base, représente les conditions à remplir pour pouvoir commencer à s'instruire et à créer dans le monde spirituel.

Pourquoi la séphira Iésod représente-t-elle la base de la vie spirituelle? Parce qu'avec elle commence le monde psychique. Nous l'avons vu quand nous avons étudié les quatre divisions de l'Arbre séphirotique:

- Atsilouth: les séphiroth Kéther, Hohmah, Binah correspondant au monde divin.
- Briah: les séphiroth Hessed, Gébourah, Tiphéreth correspondant au monde spirituel.
- Iétsirah: les séphiroth Hod, Netsah et Iésod correspondant au monde psychique.
- Assiah:Malhouth correspondant au monde physique.

Dès qu'on quitte Malhouth, le monde physique, on entre dans le monde psychique dont Iésod est la première étape. Comme toutes les autres séphiroth, Iésod est hiérarchisée et sa partie inférieure correspond à la Lune qui, en psychologie, représente le monde de l'inconscient, des instincts, de l'imagination, des illusions. Il est donc essentiel que l'homme se rende maître de ce monde pour y introduire de l'ordre et de la clarté. Et c'est cela que signifie se purifier. C'est tout.

Oui, se purifier, c'est d'abord être capable de discerner la nature des mouvements de sa vie intérieure, d'analyser ses pensées, ses sentiments, ses désirs, ses projets, et de travailler à les rendre plus désintéressés, plus généreux. Malgré ces explications, je sais bien que beaucoup fermeront leurs oreilles: ils donneront comme argument pour se justifier que pureté signifie étroitesse, limitations, fanatisme et même exclusion... qu'au nom de la pureté on a persécuté, massacré, brûlé. Ah? très bien, mais au nom de l'amour aussi il a été commis des crimes épouvantables, est-ce que cela les empêche de prononcer encore le mot amour et de continuer à ai mer?...

Regardez un peu cette malhonnêteté! Ils trouveront tous les motifs pour ne pas faire d'effort. Sous prétexte que la notion de pureté a été souvent mal comprise, ils vont continuer à barboter dans les saletés. Ils sont libres, mais ils verront un jour les effets de cette manière erronée de penser. Ceux qui n'ont pas appris à travailler avec Iésod continueront à patauger dans le monde psychique sans jamais connaître la réalité du monde spirituel. Même si, comme c'est parfois le cas, ils possèdent de véritables dons psychiques, qu’ils sachent que cela ne suffit pas. Il faut comprendre une fois pour toutes que le monde psychique n'est pas le monde spirituel, et qu'il ne suffit pas d'avoir un don psychique pour l'exercer correctement.

Les musiciens, les peintres les plus doués n'arriveront à rien s'ils ne se soumettent pas à une discipline, s'ils n'étudient pas sous la direction d'un maître. Un don artistique doit être cultivé et les dons psychiques aussi doivent être cultivés. Celui qui possède de tels dons doit travailler sur la seule qualité qui lui permettra d'y voir clair et d’exercer des influences bénéfiques: la pureté. Et dans ce cas précis, la pureté signifie non seulement la lucidité, mais aussi l'honnêteté, le désintéressement, la conscience des responsabilités. Or, que se passe-t-il généralement? Quelqu'un a fait des rêves prémonitoires, il a senti que lui-même ou certaines personnes étaient en danger, il a vu qu'un événement allait se produire. Alors, très content de se découvrir un don qui fait l'émerveillement de son entourage, il se proclame clairvoyant, il ouvre une boutique et une quantité de gens qui sont inquiets pour eux-mêmes ou pour leur famille viennent le consulter.

C'est ainsi que, peu à peu, ce nouveau clairvoyant commence à délivrer tous les jours « des messages du Ciel ». Est-ce que la pensée lui vient de temps en temps de se demander s'il est vraiment à la hauteur de ses prétentions? Non; du moment qu'il a eu quelques rêves  prémonitoires, quelques bonnes intuitions, il s'imagine qu'il est capable de donner à n'importe quel moment des réponses à toutes les questions, qu’il ne se trompe jamais. Eh bien, non, malheureusement non, et celui qui veut véritablement développer des dons de clairvoyance doit chaque jour travailler avec une grande vigilance sur son monde psychique, sinon il va se trouver dans un désordre intérieur inextricable, il se trompera et trompera les autres. Beaucoup qui se sont embarqués sans préparation, sans précaution dans la voie de la médiumnité, ont fini par perdre la tête. [Voir aussi: « Regards sur l’invisible » Collection Izvor, n° 228.]

Voilà pourquoi les gens sensés ou les scientifiques ne veulent pas entendre parler de facultés et de pouvoirs psychiques: parce qu'immédiatement ils pensent à tous ces charlatans et ces déséquilibrés. Ils ont raison de ne pas accepter n’importe qui, mais ils n'ont pas raison de s'arrêter à ces manifestations-là et de refuser d’aller plus loin pour étudier et comprendre le domaine de la vie psychique. Car à ce moment-là, ils fixent des limites à leurs réflexions, à leurs investigations et sous prétexte de se montrer rationnels, objectifs, ils s'arrêtent à l'écorce des choses. Il y a bien quelques scientifiques sérieux qui s'intéressent aux phénomènes dits « parapsychiques », seulement la plupart ne le disent pas de peur de se déconsidérer auprès de leurs collègues. C'est comme les prêtres et les pasteurs qui croient à la réincarnation mais ne le disent pas parce que la réincarnation n'est pas admise par l’Église et qu'ils ne veulent pas s'attirer d'ennuis. Eh bien, je reproche à ces scientifiques et à ce clergé de ne pas avoir le sens de leurs responsabilités, car ils laissent dans l'obscurité des humains qui cherchent et qui risquent de s'égarer.

Rien ne pourra maintenant empêcher les gens de vouloir trouver autre chose que ce que leur proposent la science officielle et les Églises officielles. Mais voilà, le danger est grand pour eux de s'égarer dans les régions inférieures de Iésod. C'est pourquoi ils doivent acquérir une bonne compréhension de la pureté, car elle est la clé de la vie spirituelle.

Quand vous travaillez réellement, profondément, à vous purifier, la lumière pénètre plus facilement en vous, et vous commencez à y voir plus clair, à devenir plus lucide. Les particules maladives qui nuisent à votre santé sont chassées et vous devenez mieux portant. Celles qui entravent votre volonté sont rejetées et vous devenez plus fort. Tout ce qui est ténébreux et obscur vous quitte, et si vous étiez triste la joie vous envahit. Car la joie n'est rien d'autre qu'un aspect de la pureté: plus on se purifie, plus on se sent léger, gai et joyeux. Et puisque l'impureté entraîne la fermentation, la putréfaction, la dislocation et la mort, au contraire, plus on se purifie, plus on marche vers l'immortalité. Donc, la santé, la puissance, le savoir, le bonheur, l'immortalité ne sont rien d'autre que des aspects différents de la pureté. Voilà un résumé de la Science initiatique; à vous maintenant de le vérifier.


Omraam  

lundi 5 janvier 2015

LA FAMILLE COSMIQUE ET LE MYSTÈRE DE LA SAINTE TRINITÉ


Il n'existe rien dans le monde visible qui ne soit un reflet, une représentation du monde invisible. Prenons l'exemple de la famille, schématiquement le père, la mère, le fils, la fille: c'est une réalité sur la terre. Eh bien, on doit comprendre qu'au niveau le plus élevé la famille existe aussi, sous forme de principes cosmiques qui travaillent dans l'univers.

Et ces principes cosmiques sont représentés par le nom sacré de Dieu, Iod Hé Vav Hé que la tradition kabbalistique appelle aussi le Tétragramme (du grec « tétra »: quatre, et « gramma »: lettre). Les quatre lettres du nom de Dieu correspondent aux quatre principes qui agissent dans l'univers, et qui agissent aussi dans l'homme, car l'homme a été créé à l'image de l'univers. Iod est le principe masculin créateur, la force primordiale qui est à l'origine de tous les mouvements: l'esprit, le Père.

Hé représente le principe féminin qui absorbe, conserve, protège et permet au principe créateur de travailler en elle: l’âme, la Mère. Vav représente le Fils qui naît de l'union du Père et de la Mère. Il est le premier enfant de cette union et il se manifeste aussi comme principe actif, mais à un autre niveau. Le Fils, c'est l'intellect, qui marche d'après la ligne du Iod, et d'ailleurs graphiquement le Vav est un prolongement du Iod. Le deuxième Hé représente la Fille. La Fille est la répétition de la Mère, c'est le cœur. Les quatre lettres du nom de Dieu   représentent donc le Père: l'esprit; la Mère: l'âme; le Fils: l'intellect, et la Fille: le cœur.

Dans l'Arbre de la Vie, ces quatre principes correspondent aux premières séphiroth: Kéther est le Père, Hohmah le Fils, Binah la Fille. « Et la Mère? » direz-vous. La Mère correspond à la séphira Daath. C'est Elle, la Mère Divine que les kabbalistes ont aussi mentionnée sous le nom de Shékinah. La Shékinah est l'épouse de Dieu... Oui, Dieu a une épouse, que les chrétiens me pardonnent et ne soient pas offusqués! Moi aussi, je suis chrétien, mais ce n'est pas une raison pour ne pas réfléchir et essayer de comprendre la réalité des choses.

Mon intention - et celle des kabbalistes - n'est pas de donner une épouse à Dieu dans le sens où sur la terre un homme épouse une femme. Mais dans la mesure où la famille est une réalité en bas, elle est aussi une réalité en haut; seulement cette réalité se manifeste différemment: il s'agit d'une analogie et non d'une identité. Dans la Table d'Emeraude, Hermès Trismégiste dit: « Tout ce qui est en bas est « comme » ce qui est en haut, et tout ce qui est en haut est « comme » ce qui est en bas. » Il s'agit donc bien d'une analogie, d'une ressemblance.

Les chrétiens répètent: Père, Fils et Saint- Esprit, sans s'étonner que, dans cette Trinité, aucun principe féminin ne soit mentionné. Pourtant, on ne peut pas ne pas se poser de question. Quand on entend énumérer: Père, Fils... qui sont des termes évoquant la famille, comment ne pas être surpris que le troisième membre de cette famille soit le Saint-Esprit? Et qu’est-ce qu'une famille où il manque la mère? Dans cette famille-là, elle est absente: a-t-elle été remplacée par le Saint-Esprit, et pourquoi? Ah ça, il faudrait demander aux Pères de l’Eglise pourquoi ils ont jugé bon de faire du Seigneur un célibataire endurci! Les trois entités de cette Trinité: Père, Fils et Saint-Esprit sont masculines et il est anormal qu'il n'y ait aucune place pour le principe féminin. Car, comprenez-moi bien, c'est de principes qu'il s'agit.

Oui, c'est parce qu'ils ont éliminé la Mère Divine en tant que principe cosmique que les théologiens chrétiens ont donné ensuite une telle place à Marie, bien qu'il faille peut-être voir, dans les Vierges noires que l'on trouve dans certaines églises, une trace de cette Mère  cosmique.

Ils lui ont donné une trop grande place, justement, en lui attribuant des vertus et des pouvoirs qu'une femme ne peut posséder. Elle a été déclarée « Immaculée Conception », c'est-à-dire « conçue sans péché », donc préservée du péché originel, et elle-même aurait « conçu Jésus par l'opération du Saint-Esprit ». Je ne suis pas contre; si cela fait du bien à certains d'avoir une telle image de la mère de Jésus, mon Dieu, qu'ils continuent!

Seulement je suis obligé de constater que cela contredit toutes les lois de la nature établies par l'intelligence cosmique. Quels que soient la grandeur, l'élévation et le caractère divin d'un homme, physiquement, il ne peut pas avoir été conçu du Saint-Esprit.

Comment peut-on confondre Marie et la Mère Divine? J'estime Marie, je l'apprécie, je ne veux pas la diminuer, mais pour aussi sainte qu'elle soit, on ne peut tout de même pas faire d'elle la Mère Divine! Les chrétiens n'ont rien compris de l'immensité de ce principe cosmique, qui est la part féminine du principe créateur. L'être que l'on appelle Dieu et que le christianisme représente comme une puissance masculine est en réalité masculin et féminin. Pour qu'il y ait création, manifestation, il faut qu'il y ait polarisation, c'est-à-dire présence d'un principe masculin et d'un principe féminin. Pour se manifester, Dieu doit être à la fois masculin et féminin. C'est ce que l'on enseignait aussi dans les Initiations orphiques: Dieu est mâle et femelle.

Pourquoi les Pères de l'Eglise ont-ils supprimé la Mère Divine? Etaient-ils tellement puritains que l'idée d'une épouse de Dieu les offusquait? La véritable raison en est sans doute qu'ayant absolument identifié Jésus au Christ, au point de prétendre qu'il est réellement le fils unique de Dieu descendu s'incarner sur la terre, il fallait évidemment lui donner une mère qui n'avait presque plus rien d'humain. Ils ont donc identifié Marie à la Mère Divine comme ils avaient identifié Jésus au Christ. Là encore, je veux bien, mais est-ce la vérité? Marie a été une femme, elle n'est pas la Mère Divine qui a formé tous les mondes. Marie n'est pas la Mère de Dieu, elle a été la mère de Jésus, et Jésus n’est pas un principe cosmique, Jésus a été un homme, un des plus grands parmi les fils de Dieu qui sont descendus sur la terre, mais c'était un homme, et le Christ est le principe cosmique qui est venu habiter en lui. Pourquoi tout confondre? Et Marie était, bien sûr, une femme exceptionnelle, puisque le Ciel l'a choisie pour être la mère d'un tel être, mais on ne peut pas lui donner la place de la Mère Divine.

Les quatre lettres du nom de Dieu Iod Hé Vav Hé représentent donc les quatre principes qui sont à la base de la création: le Père Céleste et la Mère Divine qui se prolongent dans le Fils et la Fille. Sur l'Arbre séphirotique ce sont donc Kéther. le Père, Daath: la Mère, Hohmah, le Fils, le Verbe, et Binah, la Fille, la Nature.

Vous direz: « Mais alors, il faut rejeter la Trinité PèreFils-Saint-Esprit? » Non, mais il faut comprendre à quoi correspondent ces trois principes. Le christianisme définit la Sainte Trinité comme le mystère d'un seul Dieu en trois personnes. Non, la Sainte Trinité n'est pas un mystère, ou plutôt ce n'est un mystère que parce qu'on n’a pas su se servir de la loi de l’analogie. Pour comprendre, il faut faire appel au soleil.

Le soleil est cette formidable puissance créatrice de vie qui se manifeste par la lumière et par la chaleur. Celui qui est capable d'approfondir ces manifestations découvrira les relations qui existent entre la vie, la lumière et la chaleur du soleil et la Sainte Trinité: Père Fils-Saint-Esprit.

A tous les niveaux de la création, du plan physique au plan divin, on retrouve ces trois principes: la vie, la lumière, la chaleur. Dans le plan spirituel, la vie se manifeste comme sagesse (lumière) et comme amour (chaleur), et ce sont ces trois principes: vie, sagesse et amour que l'on retrouve dans la Sainte Trinité: le Père, le Fils et le Saint-Esprit qui sont indissociables les uns des autres comme sont indissociables la vie, la lumière et la chaleur du soleil. Vous voyez, le mystère d'un seul Dieu en trois personnes n'est pas si difficile à élucider. Ce qui reste mystérieux, c'est seulement l'immensité, la splendeur de cette essence primordiale d'où sont issues toutes les existences et sur laquelle nous n'aurons jamais fini de méditer.

Dans l'Arbre séphirotique, la Sainte Trinité est donc représentée par les trois séphiroth Kéther, Hohmah et Binah. Quand nous prononçons le mot « Dieu », nous devons savoir qu'en réalité nous touchons ces trois premières séphiroth. « Mais alors, direz-vous, quelles sont leurs relations avec le Père, le Fils et le Saint Esprit ?  Est-ce qu'on peut les mettre en correspondance?» Oui, mais à condition de savoir manier les correspondances intelligemment, délicatement.

Kéther, la Couronne, représente le Père, la Source de la vie; cela est clair, cette correspondance ne présente aucune difficulté. Hohmah, la Sagesse, la deuxième séphira, issue du Père, peut être considérée comme le Fils, le Verbe proféré par le Père, la lumière qu'il a projetée de Lui-même pour créer.

Binah, la troisième séphira, correspond au Saint Esprit qui est donc considéré là comme une puissance féminine. Beaucoup vont s'indigner: « Comment? Le Saint-Esprit est une femme? » Je n'ai pas parlé d'une femme, j'ai parlé d'une puissance féminine, d'un principe féminin. Et puis, pourquoi être choqué? Etes- vous choqués qu'on ait représenté le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe? Or, qu'est-ce qu'une colombe sinon un oiseau de genre féminin. Et le  Saint-Esprit, que le Nouveau Testament appelle le Paraclet, c'est-à-dire en grec celui qui aide, qui protège, qui console, est une expression de l'amour, de la chaleur. Alors, il faut aller plus loin dans sa compréhension! Maintenant, comme je vous l'ai déjà expliqué, ces correspondances n'ont rien d'absolu et on peut aussi considérer que le Fils représente l'amour, puisque c'est lui qui s'offre éternellement en sacrifice pour la conservation du monde; et le Saint-Esprit peut représenter la sagesse, puisque c'est lui qui est descendu sur les apôtres sous la forme de langues de feu et leur a donné la faculté de prophétiser et de parler en langues.

Et c'est aussi du Saint-Esprit que parlait Jésus, quand il dit à ses disciples, au moment de les quitter: « J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le Consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité. » Le seul point irréfutable, c'est que Kéther représente le Père, la vie, avec ses deux manifestations, la chaleur et la lumière qui peuvent se transformer l'une dans l'autre, comme c'est aussi le cas dans le plan physique.

Si vous acceptez de poursuivre votre effort et de venir avec moi encore plus loin, j'ajouterai ceci: d'après une tradition kabbalistique, Hohmah, la Sagesse, est un principe féminin assimilé à l'épouse de Dieu, la Shékinah, et elle représente donc la Mère. « Alors, direzvous, où est le Fils maintenant? » Le Fils est uni à la Mère, ils sont inséparables l'un de l'autre. Comment parler d’une mère sans penser à son fils, et comment parler d'un fils sans penser à sa mère? On trouve une représentation de cette idée dans les tableaux de la Vierge à l'Enfant. Combien de peintres ont représenté Marie tenant Jésus dans ses bras ou sur ses genoux!

L'Enfant est au centre, et suivant la manière dont vous regardez le tableau vous pouvez ne voir que lui ou bien saisir l'ensemble: l'enfant et la mère. Mais même si vous ne fixez votre regard que sur l'enfant, sa mère est là. Quand on adopte ces correspondances: Kéther le Père, Hohmah la Mère et le Fils, on retrouve la Fille dans Binah, et toute la famille est reconstituée.  Vous direz que c'est à n'y plus rien comprendre... Au contraire, rien n'est plus clair ni plus précis, et c'est cela la Kabbale vivante.

Seulement, on ne peut pénétrer dans ce domaine qu'avec une pensée libre, dégagée. C'est à cette seule condition qu'on aura toujours de nouvelles richesses à découvrir ou à approfondir.
Il est très important de comprendre le sens de la Trinité tel que la Kabbale peut l'éclaircir à nos yeux. Mais plus important encore est d'apprendre à communier chaque jour avec cette Trinité à travers la vie, la lumière et la chaleur du soleil. C'est une loi que je ne cesserai jamais de répéter, car elle est une base essentielle de la vie spirituelle: tout ce qui existe en bas dans notre monde physique est à l'image de ce qui existe en haut dans le monde divin. La Sainte Trinité n'est ni dans la lumière, ni dans la chaleur, ni dans la vie du soleil, elle est bien au-delà; mais à travers cette lumière, cette chaleur et cette vie, nous pouvons nous approcher d'elle, communier avec elle et la faire pénétrer en nous pour recevoir toutes ses bénédictions.


Omraam 

LE ROYAUME DE DIEU EST SEMBLABLE À UN GRAIN DE SÉNEVÉ


Dire que Dieu est absolument inconnaissable est une affirmation erronée. Un Etre dont on peut jour et nuit contempler les ouvrages n'est pas réellement inconnaissable. Puisque l'univers créé par Dieu existe et qu'il est au moins en partie accessible à nos cinq sens et à notre réflexion, il en est de même de Dieu. Au-delà de Kéther, Dieu est hors de portée de nos facultés, mais à partir de Kéther nous abordons des notions accessibles à notre entendement.

Kéther, la première séphira, représente le commencement de toute manifestation, et la manifestation sous-entend la division, la polarisation, c'est-à-dire l'apparition d'un principe masculin et d'un principe féminin nécessaires pour créer.

L'exemple de la graine nous fera mieux comprendre cette idée. Tant que la graine ne se « manifeste » pas, on ne peut rien savoir d'elle. En elle, la vie est figée. Mais vous la mettez en terre, vous l'arrosez, elle se divise et un germe apparaît qui devient une tige, et se met à pousser: alors vous commencez à la connaître. Dieu a laissé partout dans la nature des traces qui peuvent nous instruire. Si Dieu, l'Absolu qui contient tout, ne s'était pas polarisé pour se manifester, nous n'existerions pas et nous ne pourrions rien connaître, de la même façon que nous ne pouvons rien savoir d'une graine tant qu'elle ne germe pas, tant qu'elle ne se polarise pas.

C'est justement cette image de la graine que Jésus a utilisée dans les Evangiles: « Le Royaume de Dieu est semblable à un grain de sénevé qu'un homme a pris et semé dans son champ. C'est la plus petite de toutes les semences; mais quand il a poussé, il devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches. » Le Royaume de Dieu, c'est l'univers,  dont l'Arbre séphirotique ou Arbre de la Vie est une des représentations symboliques les plus profondes.

Regardez: le semeur a mis la graine en terre, c'est la première séphira, Kéther. Tant que la graine n'est pas semée, le processus de la vie ne peut commencer. Une fois en terre, la graine se divise, elle se polarise et c'est Hohmah, la Sagesse, le binaire, l'opposition du positif et du négatif, du haut et du bas. Les forces contenues dans la Couronne commencent à se diviser, à s’opposer les unes aux autres. Voilà pourquoi tous ceux qui ne comprennent pas la dualité, les contraires, le bien et le mal, ne peuvent comprendre la sagesse.

Mais en réalité, ces forces ne sont pas complètement divisées, elles restent liées par la Couronne qui leur dit: « Vous êtes masculine et féminine, positive et négative, alors unissez-vous et allez travailler dans le monde. » Elles s'unissent et c'est Binah, l'intelligence, qui les harmonise. Comme l'a ordonné la Couronne, Binah réconcilie les contraires et le germe apparaît.

Kéther, Hohmah et Binah sont les racines enfouies dans le sol du monde d'en haut. Vous direz: « Mais c'est en bas, dans le sol, que les racines d'une plante sont enfouies! » Oui, car pour la plante, c'est la racine qui représente la tête. Mais la véritable tête est en haut. L'homme est lui aussi un arbre dont les racines sont plantées en haut, dans le Ciel. Comme les trois séphiroth Kéther, Hohmah et Binah, notre vraie tête est enfouie dans le sol du monde divin.

Maintenant, pour que la plante apparaisse au- dessus du sol, il faut l'intervention de la quatrième séphira, Hessed: la Miséricorde. Hessed représente le tronc de l'arbre, cette force qui essaie de résister quoi qu'il advienne.

La cinquième séphira Gébourah: la Force, correspond aux branches qui commencent à s'étendre de tous côtés. Quand un homme, une société, un peuple, deviennent puissants ils réussissent à se répandre partout. La sixième séphira, Tiphéreth: la Beauté, ce sont les feuilles qui non seulement donnent une parure à l'arbre mais lui permettent de respirer et de se nourrir de lumière.

Après les feuilles, apparaissent les bourgeons: c'est la septième séphira, Netsah: la Victoire. S'il est parvenu au stade des bourgeons, c'est que l'arbre a été capable de vaincre toutes les difficultés, et il donnera des fruits. Maintenant il se fait un grand travail dans les bourgeons qui vont donner naissance aux fleurs. C'est la huitième séphira, Hod: la Gloire, la louange. L'arbre se couvre de fleurs dont il offre les parfums, comme de l'encens, pour célébrer la gloire de l'Eternel. Enfin, dans la fleur se forme le fruit que le soleil fait mûrir en lui donnant des couleurs. C'est la formation de l'enfant, la neuvième séphira Iésod: la Base; le fruit sera le point de départ d'une autre vie, d'un nouvel arbre. 

Car le fruit, produit par la graine, contient lui-même des graines, et c'est Malhouth, la dixième séphira. De 1 qu'il était, le grain est devenu 10, c'est-à-dire symboliquement la multitude. Chaque graine ou semence produite par le fruit représente Malhouth, le Royaume de Dieu. Comment reconnaître que c'est bien le Royaume de Dieu? Plantez la graine et tous les autres attributs apparaîtront bientôt. Donc, Malhouth et Kéther se rejoignent, le commencement et la fin des choses sont identiques. Voilà pourquoi Jésus disait que le Royaume de Dieu (Malhouth) peut se comparer au grain de sénevé.

Maintenant, vous pensez peut-être: « Tout cela est très bien, mais que pouvons-nous en faire pour notre vie intérieure? » Beaucoup de choses. Le grain de sénevé peut être interprété comme une pensée ou un sentiment.

Qu'est-ce qu'une pensée, un sentiment? Un grain en apparence minuscule. Alors plantez-le, et s'il est pur, désintéressé, intense, et que vous lui donniez de bonnes conditions, il sera le point de départ pour l'édification du Royaume de Dieu. « Les oiseaux du ciel viennent s'abriter dans ses branches », dit Jésus. Les oiseaux, ce sont les anges: ils viennent visiter l'homme qui a embrassé la vie spirituelle, ils trouvent un abri en lui, ils s'installent définitivement et le remplissent de leur lumière et de leurs grâces.

Il est dit que Dieu a créé l'homme à son image et à sa ressemblance. Qu'est-ce que cela signifie? Vous le comprendrez quand vous aurez longtemps médité sur l'image de la graine et de l’arbre. Toute la question de l'image et de la ressemblance est contenue dans la distance qui sépare la graine de l'arbre.


Omraam 

vendredi 2 janvier 2015

LE NOUVEL HOMME par Peter Deunov



Dans le monde physique, l’éveil de la conscience est provoqué par quelques grandes catastrophes. C’est à peine après un tel moment que l’homme sent surgir en lui un autre état d’âme, que l’on pourrait appeler mystique ou mieux encore : musical. Et il chante alors ; il pense musicalement ; il sent musicalement, il agit musicalement.

Quelqu’un naît, il chante ; quelqu’un meurt, il chante pareillement, parce que l’homme à la conscience éveillée voit. Pour lui, il n’y a pas de mort : la vie ne s’interrompt jamais. II la voit passer d’une gamme à l’autre, d’une tonalité dans une autre par de savantes modulations ; il entend battre son pouls immortel.

Chez l’homme à la conscience éveillée, le ton fondamental de la vie a résonné.

Aussi tout s’arrange-t-il musicalement en lui : chaque phénomène, chaque événement lui envoie un son particulier formant ainsi les différents tons d’une composition musicale. Le ton fondamental retentit en l’homme au moment où sa conscience s’éveille.

Lorsqu’il commence à devenir conscient de lui-même, le premier moment de la soi-conscience, c’est cela qui est le ton ‘do’ fondamental. Il va sans dire que ce do n’a rien de commun avec le "do" fondamental de notre diapason. Le ton fondamental a-t-il résonné en l’homme que déjà sa conscience commence à s’élever sur une échelle qui comprend 25.000 tons. L’oreille humaine, combien de tons perçoit-elle maintenant ?

Un nombre très limité. La voix humaine en produit moins encore : elle varie dans les étroites limites de deux à trois octaves. Pour le moment, nous nous servons des longues ondes de la musique. La musique spirituelle ou magique, qui tient la voie ascendante, qui a la propriété de raréfier la matière, de la dilater et de la modeler, emploie les ondes courtes. Ces ondes pénètrent tout.

Rien ne peut résister à leurs puissantes vibrations - ni maladie ni souffrances, ni découragements ni pessimisme ; ni même la mort.

Ce n’est donc pas une allégorie lorsque nous entendons affirmer par ceux qui connaissent les attributs de cette musique qu’elle peut guérir les malades et ressusciter les morts. La musique actuelle n’est que la préface de la vraie musique. Cette dernière est capable de réveiller la vie cachée en toutes choses tant elle est puissante ! La musique, c’est la respiration de la conscience. La conscience humaine respire par la musique. Le monde musical est le milieu par lequel l’âme se manifeste sur la terre. Sans musique, sans le milieu musical qui forme le monde des tons, l’âme et l’esprit de l’homme ne peuvent se manifester, comme il est également impossible à l’amour de se manifester sans milieu musical approprié. L’Amour cependant est la grande réalité de la vie. En disant que l’Amour ne peut se manifester sans musique, nous avons en vue le sage et bel ordre régnant dans les manifestations de la nature et qui dans le cas présent s’exprime par la subordination suivante : la musique est un milieu pour la conscience ; la conscience est un milieu pour l’intelligence humaine, et l’intelligence est un milieu pour l’Amour.

C’est ainsi que marchent les choses dans la vie ascendante. Voilà pourquoi nous insistons sur la musique comprise dans le sens le plus haut et le plus large comme milieu préparatoire pour la manifestation de la plus grande réalité du monde : l’Amour.

Il y a dans la musique une force puissante ! Si les hommes veulent se soumettre à une nouvelle éducation, s’ils veulent élever une génération pouvant inspirer la confiance, il faut qu’ils posent comme fondement de l’éducation, la musique dans le sens le plus étendu. Le sentiment musical est excessivement peu développé chez les gens d’aujourd’hui. Et ce sont ces gens qui peuvent se battre entre eux et supporter la cacophonie des canons qui sèment partout la mort et les ruines. Ce sont ces mêmes gens aussi qui peuvent se lancer dans de brutales luttes politiques et sociales et permettre d’employer la cruauté, la violence sous toutes ses formes.

Si l’âme des hommes était plus musicale, ils ne perdraient pas tellement de temps et d’énergie et ne feraient pas de si incroyables efforts pour obtenir de si minces résultats. Ils arrivent très difficilement à réaliser leurs plans parce qu’ils ne sont pas très intelligents et sont musicalement fort peu développés. Ce ne sont pas des mots vides de sens que nous prononçons ici. Toute une série de faits démontre que le son et le rythme recèlent en eux une force d’une puissance énorme : par l’action des sons de certains instruments on a vu des murs se renverser, des ponts s’écrouler, des lampes électriques voler en éclats. Ces expériences récemment faites prouvent que le récit de la Bible concernant l’écroulement des murs de Jéricho n’est vraisemblablement pas une légende ou une invention poétique.

On peut en dire autant des expériences des fakirs hindous et des charmeurs de serpents : ils arrivent, par certaines mélodies, à fasciner les fauves et à les maintenir devant eux tranquilles et soumis. Ces faits, tout imprégnés d’un profond symbolisme, nous révèlent l’influence magique de la musique largement appliquée dans la vie. C’est par la musique uniquement que s’écrouleront les ‘murs de Jéricho’ de l’étroit égoïsme national derrière lesquels se sont retranchés, armés jusqu’aux dents, les peuples contemporains ; c’est uniquement par la musique que l’on domptera les fauves des passions inapaisées qui minent maintenant la vie personnelle et sociale de tous.

Et en vérité, la nature crée à présent un nouveau type, un nouvel homme. Il entre dans la vie sans bruit, inaperçu, tout comme y entra jadis l’homme actuel, au milieu des géants, des mammifères, des reptiles et des oiseaux qui étaient dans le temps les dominateurs de la terre. Mais ce nouvel homme deviendra le maître de la terre comme l’est devenu l’homme actuel, cependant d’abord si faible et impuissant comparé aux monstres puissants qui l’entouraient. Et comme l’homme d’à présent s’est rendu maître de la force brutale des muscles et des mâchoires, des cornes et des sabots, c’est ainsi que le nouvel homme, qui entre aujourd’hui imperceptiblement dans le monde, vaincra la force destructive de l’humanité actuelle par sa nouvelle pensée, par la puissante énergie de ce monde musical où respire sa conscience réveillée. Un des attributs les plus caractéristiques du nouvel homme, c’est qu’il voit partout et de partout : devant lui, à de grandes distances ; derrière lui ; au-dessus de lui, dans l’espace céleste et au-dessous de lui, dans les entrailles de la terre.

Il voit ce qu’il se passe dans les soleils de la voie lactée et dans les autres univers étoilés. Et puisque son cerveau est constitué comme la radio la plus perfectionnée, il est à même de recevoir les ondes les plus courtes ; il perçoit cette sublime harmonie des sphères qu’ont entendue les Initiés de tous les temps. Ce portrait du nouvel homme paraîtra fantastique à bien des gens. Mais l’homme moderne, avec sa vie psychique si compliquée, avec sa culture exprimée dans la science, la religion, l’art, dans l’organisation sociale, avec toutes ses institutions dénotant le progrès : écoles, universités, théâtres, églises, etc., n’est-il pas fantastique et inconcevable pour les animaux ? Que savent-ils, eux, de tout cela et comment se le représentent-ils ? Il est probable que l’homme ne soit pour eux qu’un animal plus grand et plus rusé et toutes les institutions de la civilisation, des maisons - toujours des maisons.
Le nouvel homme qui vient à présent est la synthèse de tout. Il vient afin d’organiser le monde, afin d’y introduire ce quelque chose de grand, de beau qu’ont toujours si vivement appelé de leurs vœux tous les hommes plus élevés. Il vient tracer de nouvelles voies de communication avec le monde de la raison - invisible pour nous maintenant. C’est lui qui apporte la solution de toutes les torturantes questions qui font le tourment de l’humanité actuelle. Ce n’est pas un homme qui ne pense qu’à lui. Ne penser qu’à soi est le propre de l’animal. Il est en parfaite harmonie avec la raison universelle considérée dans son ensemble, avec tous les êtres intelligents, et pense comme eux. Il vit avec eux dans l’union la plus intime. C’est de lui seulement qu’il est possible d’affirmer qu’il pense dans le vrai sens du mot. Parce qu’il est l’homme de la Vérité et de la Liberté.

Ce qui veut dire qu’il s’est trouvé lui-même. Seul l’homme qui suit le chemin de la Vérité peut se trouver lui-même. Il sait qui il est. Il sait qu’il est un avec l’Amour et la Sagesse, c’est-à-dire : il est l’homme qui a trouvé sa Mère et son Père.

Ce n’est qu’en suivant le chemin de l’Amour que l’on peut trouver sa Mère. Ce n’est qu’en suivant le chemin de la Sagesse que l’on arrive à trouver son Père. Et en suivant le chemin de la Vérité, on peut se trouver soi-même. La Vérité est ce en quoi l’Amour et la Sagesse, la vie, le savoir et la lumière agissent dans un parfait ensemble. La Vérité est le résultat final de l’éternité. Cela ne veut pas dire que ce résultat soit quelque chose d’achevé, de définitif. C’est un résultat sans cesse renouvelé. La Vérité, ce sont les fruits qui mûrissent sans cesse sur l’arbre de la Vie.


Voilà ce que l’homme nouveau sait et proclame au sujet de la Vérité.