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dimanche 27 juillet 2014

AIMEZ SANS ATTENDRE D’ÊTRE AIMÉS



Je vous l’ai dit, je connais les méthodes du Tantra-yoga, mais je suis allé plus loin. Je ne trouve pas nécessaire, pour sublimer la force sexuelle et obtenir une parfaite maîtrise de soi, de faire toutes les expériences décrites dans les ouvrages de tantrisme hindou ou tibétain. Il existe un autre Tantra-yoga qui les dépasse et dont je suis partisan. Une des méthodes de ce tantrisme est d’apprendre à aimer sans attendre d’être aimé, car alors, vous êtes libre et vous pouvez faire beaucoup avec cette liberté. Malheureusement les humains ne tiennent pas à la liberté, ils ne la cherchent pas ; au contraire, ils cherchent à s’enchaîner, la liberté leur pèse, elle les ennuie, ils ne savent qu’en faire. Tandis qu’avec la contrainte, les coups même, là au moins il y a de quoi s’occuper... Oui, souffrir, pleurer... Seuls les grands Maîtres ont résolu le problème : ils ne se préoccupent pas de savoir si on les aime ou non, ils font comme le soleil qui envoie sans cesse son amour à toutes les créatures. Cela ne les intéresse pas de savoir sur qui cet amour peut tomber - personne et tout le monde. Ce qui les intéresse, c’est que cette énergie divine passe à travers eux et qu’ils se sentent dilatés, émerveillés, inspirés, ce n’est que cela qui compte.

Beaucoup sont venus me présenter ce problème : ils aimaient un homme ou une femme qui, d’une façon ou d’une autre, s’est éloigné du bon chemin : est-ce qu’ils doivent continuer à l’aimer? Bien sûr, l’amour que l’on a pour un être produit toujours sur lui certains effets bénéfiques dans les régions subtiles, et l’aimer est donc une façon de l’aider.

Mais d’un autre côté, il est préférable de ne pas consacrer trop de temps et d’énergies à quelqu’un qui n’en vaut pas la peine. La seule chose importante, c’est d’aimer, et si ce n’est pas tel homme ou telle femme, que ce soit d’autres personnes, le monde entier, pour que la source continue à couler. Sur qui elle coule, ce n’est pas important ; elle ne doit pas s’arrêter de couler, c’est tout, sinon c’est à soi-même que l’on fait du mal : on n’est plus inspiré, on a les ailes coupées. Pour aimer de nouveau, il ne faut pas attendre de tomber sur une autre frimousse attirante, sinon là encore c’est le commencement de la fin ! Mais pour comprendre ce que je dis, il faut savoir que l’amour, le véritable amour, est au- dessus de l’attraction sexuelle et même au- dessus du sentiment. Le véritable amour est un état de conscience. L’attraction est un phénomène qui ne peut pas se produire à l’égard de toutes les créatures, car c’est une question de longueurs d’onde, de vibrations, de fluides, elle dépend donc d’éléments purement physiques. Le sentiment est déjà supérieur à l’attraction, car il peut être inspiré par des facteurs d’ordre moral, intellectuel, spirituel. Mais le sentiment est aussi variable : un jour on aime, le lendemain on n’aime plus. Allez voir si les sentiments des humains à l’égard de leur mari, de leur femme, de leurs enfants, de leurs amants, de leurs maîtresses ou de leurs amis sont stables! Tandis que l’amour vécu comme un état de conscience est au-delà des circonstances et des personnes. C’est l’état d’un être qui s’est tellement purifié, qui a tellement développé sa volonté qu’il a réussi à s’élever jusqu’aux régions sublimes de l’amour divin, et alors quoi qu’il fasse, qu’il mange, qu’il se promène, qu’il travaille, qu’il rencontre des êtres humains, il sent cet amour en lui et il en dispose pour aider toutes les créatures. Pour arriver à cet état de conscience il faut apprendre à se maîtriser, afin que rien ne puisse se faire en dehors de votre décision, de votre volonté. Vous voulez embrasser une fille... eh bien, oui, vous pouvez le faire, mais seulement quand c’est vous-même qui le décidez, et vous n’avez pas le droit de le décider avant de vous être purifié pendant de nombreuses années pour ne laisser aucune tache sur elle, sinon le monde invisible qui vous juge vous condamnera. Vous n’avez le droit d’embrasser quelqu’un, d’avoir des échanges physiques avec lui que si vous êtes arrivé à ce degré d’élévation où vous ne lui laissez que la vie, la lumière, des éléments qui doivent continuer à agir sur lui pour son bien.

Le jour où vous arriverez à sentir l’amour comme un état de conscience, votre amour sera inchangeable. Mais c’est une idée encore tellement éloignée de vous ! L’humanité tout entière est dans le variable : on aime, puis on n’aime plus : et ce n’est pas seulement vrai pour les créatures, mais pour les objets, les occupations. La stabilité n’est pas la qualité la plus répandue parmi les humains. Et même vous, vous venez par exemple au lever du soleil : les premiers jours vous êtes exaltés, émerveillés, mais après quelque temps cela devient automatique, vous avez perdu votre premier amour.

Pour éviter que cela ne se produise, il faut s’habituer à tout faire comme si on le faisait pour la première fois : aller chaque matin à la rencontre du soleil comme si c’était la première fois... voir chaque jour sa femme ou son mari comme si c’était la première fois, et même après cinquante ans se sentir émerveillé comme au premier jour. Vous direz que ce n’est pas possible. Si, c’est possible, si on est arrivé à vivre l’amour comme un état de conscience, c’est possible ; à condition de ne plus ressentir l’amour comme un sentiment ou une attraction, mais de le vivre comme un état de conscience, c’est possible.

Beaucoup d’artistes ont cherché volontairement à multiplier leurs expériences amoureuses parce qu’ils se rendaient compte que l’amour entretenait leur inspiration. Malheureusement cet amour tellement sensuel, égoïste, capricieux, qui était la source de quelques inspirations, c’est vrai, était surtout la cause des plus grands désordres. L’amour, c’est comme le vin : il vous donne l’ivresse, mais l’ivresse qu’on est allé chercher dans les régions inférieures entraîne la même déchéance physique et morale que l’abus de l’alcool. Savoir aimer est la plus grande victoire, car le véritable amour ne peut jamais vous détruire, au contraire.

Comprenez désormais que le seul remède aux problèmes de l’amour, c’est justement l’amour. Beaucoup sont venus auprès de moi se plaindre de certains malaises, de certains déséquilibres, et je leur dis: «Pourquoi vous êtes-vous arrêté d’aimer? Ces troubles viennent de ce que vous avez comprimé l’amour en vous ; alors il s’est refoulé et il a tout saccagé. L’amour est un torrent formidable mais vous ne le saviez pas, vous n’étiez pas éclairé et il a emporté toutes les barrières. Si vous voulez vous sauver de ces tourments, il faut aimer, aimer jour et nuit, aimer toutes les créatures... il ne restera même plus de temps ensuite pour être tourmenté, vous serez tellement occupé! Tandis que maintenant, plus vous vous renfermez, plus vous êtes avare d’amour, et plus les choses se compliquent. Soyez généreux, mon Dieu, et vous serez sauvé ; donnez votre amour à toutes les créatures. Moi, c’est ce que je fais, j’ai trouvé le secret. Evidemment, je passe pour un peu bébête et tout le monde dit : «Oh ! le pauvre, avec son cœur...» Mais justement, avec mon cœur j’ai trouvé le secret que vous n’avez pas encore trouvé avec votre intellect formidablement développé.»

Vous devez vous émerveiller et remercier chaque jour le Ciel de ce qu’il existe sur la terre des millions de jolies femmes que vous n’avez pas encore eu le bonheur de connaître et de contempler, et des millions d’hommes intelligents et forts que vous n’avez pas encore eu l’occasion de rencontrer! Vous devez penser à cela et vous réjouir... Vous réjouir rien que de leur existence et de l’idée qu’un jour vous pourrez les voir, leur parler, les admirer. Vous êtes étonnés, vous n’êtes pas habitués à vous réjouir pour des idées pareilles?... C’est vrai, c’est une façon de penser très inhabituelle, mais tellement efficace !

Acceptez-la et vous en verrez les résultats. Vous direz: «Oui, mais ce que vous nous prêchez là va contre toutes les règles de la morale. Si tous les hommes se mettent à aimer toutes les femmes et réciproquement, il n’y aura plus de famille.» Mais si, il y aura une grande famille, voilà tout. Est-ce que c’est tellement mauvais?...

Comprenez-moi bien, quand je dis que les hommes doivent aimer toutes les femmes et les femmes aimer tous les hommes, cela ne signifie pas qu’ils doivent multiplier les expériences et que le mari doit être infidèle à sa femme et la femme à son mari. Non, il faut être fidèle, mais il faut savoir aussi qu’un seul homme, une seule femme ne pourra jamais tout vous donner, et que vous-même ne pourrez jamais non plus tout donner à votre mari ou à votre femme.
C’est pourquoi il faut vivre ensemble, travailler ensemble, mais aimer le monde entier, sourire au monde entier et laisser aussi l’autre libre de le faire. Oui, s’aimer, être ensemble, ne pas se séparer, mais élargir sa conception de l’amour. Ainsi les maris et les femmes apprendront à se contenter de joies aussi subtiles. L’amour restera une question éternellement posée à l’humanité. La seule variation résidera dans la façon de le comprendre et de le manifester. Dans l’avenir chaque être humain apprendra à aimer toutes les femmes, tous les hommes, l’immensité, à remplir son cœur et son âme de cette splendeur du Ciel : il n’y aura plus de place dans son amour pour un élément égoïste, personnel et limité.

Omraam