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vendredi 29 août 2014

MON PÈRE ET MOI NOUS SOMMES UN

  


Quand on jette un regard sur l’histoire des religions, on constate que Moïse a apporté une idée vraiment révolutionnaire en présentant Yahvé comme un Dieu unique. Mais ce Dieu était redoutable, c’était le Maître de l’univers, un Maître implacable, intransigeant, un feu dévorant : les humains en face de Lui n’étaient rien que des créatures craintives et tremblantes, obligées d’appliquer ses commandements sous peine d’être anéanties. Puis Jésus est venu et il a présenté le Seigneur comme un Père dont nous sommes les enfants ; la distance qui nous séparait de Lui a diminué, nous étions même unis à Lui par des liens familiaux, tout était changé. En réalité, où était le changement ? Tout simplement dans nos têtes, dans nos cœurs, dans notre for intérieur : nous nous sommes sentis rapprochés de Dieu.


 Mais ne faut-il pas maintenant aller encore plus loin ? Tant que vous situez le Seigneur quelque part dans une région de l’univers qu’on appelle le Ciel avec ses anges et ses archanges, vous avez de Lui une compréhension objective : Il est situé en dehors de vous ; même s’Il est votre Père et vous son fils, Il reste extérieur à vous. Que Dieu existe en dehors de l’homme, c’est possible ; seulement quand l’homme Le conçoit extérieur à lui, il sent ses propres limitations, il sent les obstacles qui le séparent de Lui : trop de mondes, trop d’étoiles, des espaces infinis… impossible de Le rejoindre.

 Si nous considérons le Seigneur extérieur à nous, cela veut dire que nous aussi nous sommes extérieurs à Lui et nous devrons subir le même sort que les objets. Or, justement, qu’est-ce qu’un « objet » ? Prenez par exemple un cultivateur, un artisan, un ouvrier : il se sert d’objets qui sont évidemment distincts de lui ; il les utilise un moment, puis, le travail fini, il les laisse de côté, et le lendemain, ou plus tard, il les reprend. Nous aussi, tant que nous croyons exister en dehors de Dieu, Dieu nous prend, puis Il nous laisse de côté comme des objets. Oui, regardez le potier avec ses pots ou la maîtresse de maison avec les casseroles de sa cuisine : si les casseroles avaient une conscience, que diraient-elles ? Elles gémiraient : « Depuis si longtemps déjà notre maîtresse nous délaisse ! Quand elle se servait de nous, au moins nous étions chauffées, la cuillère nous grattait et cela faisait un bruit agréable, nous nous réjouissions, mais maintenant c’est fini, elle nous a oubliées : quelle méchanceté, quelle cruauté ! »

 Que voulez-vous, si nous sommes comme de la vaisselle vis-à-vis du Seigneur, il est normal qu’Il nous oublie de temps en temps, on ne peut pas le Lui reprocher. Est-ce qu’une de vos casseroles un jour dans votre cuisine osera venir vous reprocher de l’avoir abandonnée ? Vous êtes maître chez vous, vous faites ce que vous voulez, c’est normal. Alors pourquoi se révolter contre le Seigneur quand on se sent abandonné ? Ce n’est pas logique, ce n’est pas juste… Quand vous serez quelque chose en Lui, dans sa tête, dans ses membres, alors là, oui, vous serez tout le temps avec Lui, sinon il faut s’attendre à être de temps en temps délaissé.

 Bientôt, croyez-moi, il se produira des changements dans la philosophie et les conceptions religieuses des humains. Pour le moment ils trouvent normal, naturel de mettre une distance entre Dieu et eux, tout le monde est convaincu que cela doit être ainsi. Mais alors pourquoi poussent-ils des cris quand ils en subissent les conséquences ?

 Je vous l’ai déjà dit, dans l’avenir il y aura un troisième Testament qui viendra compléter les deux précédents et on trouvera cette vérité soulignée, appuyée, présentée comme l’essentiel : que l’homme doit apprendre à se rapprocher encore de Dieu, à Le sentir au-dedans de lui-même. À ce moment-là il n’éprouvera plus l’impression d’être abandonné.

 En réalité, si nous nous sentons abandonnés par le Seigneur, c’est que nous L’abandonnons nous aussi. Est-ce que nous sommes toujours avec Lui ? On a fait sa première communion, c’est entendu, et pendant quelques minutes on a prié le Seigneur, mais depuis ce jour-là jusqu’à cinquante, soixante ans, est-ce qu’on a de nouveau pensé à Lui ? Non, alors pourquoi devrait-Il tout le temps penser à nous ? Que sommes-nous, que représentons-nous pour qu’Il soit obligé de s’occuper sans arrêt de nous ? Évidemment, si, le Seigneur pense toujours à nous, mais d’une façon très différente de ce que nous imaginons ! Quand un enfant naît, l’Intelligence cosmique lui donne tout ce qui est nécessaire pour vivre sur la terre, rien ne lui manque : la tête, les bras, les jambes, les organes, tout est là. On l’a expédié sur la terre tout équipé comme on fait avec un soldat : on lui donne son fusil, ses bottes, son casque, ses munitions, et après c’est à lui de se débrouiller. Nous aussi, tout ce dont nous avons besoin : la vie, la santé, la force, l’intelligence, le Seigneur nous les a données ainsi que tout ce qu’il nous faut pour les maintenir, et c’est de notre faute si nous ne savons pas les utiliser.

 Certains diront qu’ils trouvent plus respectueux de mettre une grande distance entre le Seigneur et eux comme on le leur a enseigné. La vérité a des milliers et des milliers de degrés, et maintenant le moment est venu d’aller plus loin. Il faut penser que le Seigneur est là, en nous, et en même temps considérer que nous sommes une partie de Lui, une parcelle infinitésimale, qu’Il est le Tout et que nous sommes une particule de ce Tout. Si vous priez le Seigneur en pensant qu’Il est quelque part au-delà des étoiles, comment voulez-vous que votre prière aille jusqu’à Lui ? Oui, j’ai bien dit un jour que la prière parcourait l’univers tout entier, mais il lui faut tellement longtemps pour traverser l’espace infini ! Tandis que si le Seigneur est là, tout près, en vous, vous n’avez qu’à dire : « Allo, allo, Seigneur ! » et tout de suite vous aurez la communication. Vous trouvez que ce n’est pas respectueux ?

Non, comprenez-moi, c’est une façon de parler. Alors, désormais quand vous méditerez, tâchez de vous exercer à sentir le Seigneur au-dedans de vous, et vous verrez les résultats : de moins en moins vous aurez cette impression d’abandon. Pour le moment, tantôt vous ressentez la joie, l’inspiration, le ravissement, vous êtes heureux pour quelques jours ; tantôt vous êtes envahis par une sécheresse terrible, tout est désert, aride, et c’est à ce moment-là que vous dites : « Oui, Dieu m’a abandonné ».

 Je vous donnerai une image. Il fait beau, le soleil brille, mais voilà que des nuages commencent à couvrir le ciel, et vous êtes à leur merci. Vous aimeriez bien continuer à recevoir la chaleur et la lumière du soleil, mais c’est impossible. Que faire ? Vous allez attendre, et en attendant vous direz : « Le soleil m’a abandonné ». Pas du tout, mais vous êtes trop loin, vous êtes au-dessous des nuages. Supposez maintenant que vous preniez un avion ou un ballon et que vous montiez au-dessus des nuages : plus rien ne peut s’interposer entre le soleil et vous. Il est là, il brille sans arrêt, il ne vous a pas abandonné.

Quand vous vous croyez abandonné, cela prouve tout simplement que vous êtes descendu trop bas sous les nuages. Tandis que celui qui se sent toujours joyeux, inspiré, montre qu’il a su dépasser la région des nuages : pour lui le soleil brille sans arrêt, et il contemple sa lumière, il sent sa chaleur… Voilà une explication très simple.  Puisque cette sensation d’être abandonné ou non dépend de nous, pourquoi ne pas changer sa façon de voir les choses ? Pourquoi rester dans une région si basse, où chaque jour, à chaque minute, un écran intercepte la lumière et nous empêche de recevoir la joie et les révélations du soleil ? Pourquoi rester si bas ?

 Et voilà justement la raison d’être de l’Initiation : elle nous apprend à nous élever très haut au-dessus des nuages, là où l’on ne dépend plus de rien ni de personne, où l’on est invulnérable, inattaquable, invincible, immortel ! Mais oui, il faut monter plus haut, toujours plus haut. Il faut déplacer les conceptions que l’on a du Seigneur, les faire s’approcher du Seigneur, s’approcher tellement qu’on arrive à Le placer au-dedans de soi, à Le rendre si proche, si intérieur à soi-même que l’on est tout le temps baigné par sa présence…

 Bien sûr, il n’est pas facile d’arriver à concevoir le Seigneur comme inséparable de nous. Mais il existe des exercices qui permettent d’y parvenir. Le disciple d’un Enseignement initiatique sait qu’il doit apprendre à arracher sa conscience au cercle limité de sa nature inférieure, pour qu’elle puisse se fondre dans la conscience illimitée de l’Être cosmique qui vit au-dedans de lui et dont il n’a pas une connaissance claire.

 Cet Être-là, cette partie de la Divinité est en lui, et il doit la rejoindre.

 Vous devez comprendre qu’il y a deux pôles : vous-même, ici, la conscience que vous avez de vous-même, c’est-à-dire votre moi inférieur, et puis votre Moi sublime dont vous n’avez pas encore conscience. Il est là qui vit en vous et qui travaille ; vous ne savez pas encore ce qu’il fait, mais d’ici, en bas, vous pouvez imaginer cet Être sublime qui habite en vous, qui cherche à se manifester à travers vous pour se connaître lui-même à travers cette matière dense que vous êtes. Il se connaît en haut, mais il veut se connaître à travers vous, à travers la matière opaque. Grâce à l’effort que vous faites pour imaginer cette approche de votre Moi supérieur, il se produira un jour une telle illumination que votre conscience n’aura plus de limites. Vous serez dans la lumière, dans l’éblouissement, et vous vous sentirez un avec cet Être sublime : votre Moi supérieur.

 C’est un exercice très difficile, bien sûr, mais il est parmi les plus puissants et les plus efficaces. Si vous pouvez vous habituer à le faire de temps en temps, vous obtiendrez de grands résultats. Et alors, quoi que vous fassiez, cette superconscience sera là pour participer à toutes vos activités : oui, parce que vous aurez fait le lien. Tant que vous restez extérieur à Dieu, vous vous privez de ses richesses, Il ne peut pas vous les donner : vous et Lui êtes deux mondes qui ne peuvent pas communiquer entre eux parce qu’ils ne vibrent pas à l’unisson. Tandis que si vous apprenez à vous synchroniser, il n’y a plus de séparation, vous commencez à vous sentir un autre être, et c’est Dieu Lui-même qui vient se manifester en vous. C’est là le sens des paroles de Jésus : « Mon Père et moi nous sommes un ».

 Bien sûr, il n’est pas donné à tout le monde d’arriver jusqu’à ce sommet. Il est déterminé par les lois de la destinée si on peut y arriver ou non dans cette existence. Mais en faisant des efforts pour y parvenir, il est possible d’arriver à sortir de certaines limitations. Les humains ne savent pas utiliser les moyens que Dieu a mis à leur disposition. Dieu nous a donné la possibilité de devenir comme Lui. Tous les êtres ont cette possibilité, mais à cause de ce qu’ils sont pour le moment, ils sont empêchés d’utiliser cette chance. Ils ne la connaissent pas, ils ne la sentent pas, une majorité reste toujours très bas. Pourtant, personne n’est absolument ligoté, même les créatures les plus limitées possèdent les moyens de se dépasser ; si elles acceptaient de tourner leur regard et leur pensée vers ces régions où est le Seigneur, elles s’apercevraient de leurs possibilités. Mais combien de gens essaieront de changer quelque chose en eux ?… Évidemment, je l’ai toujours dit, la raison en est très simple : tout dépend de ce qui est le plus important pour eux. Si le plus important c’est l’argent, les plaisirs, et qu’il n’y ait aucune place dans leur tête pour la spiritualité, quels progrès voulez-vous qu’ils fassent ? Mais si vous trouvez un être qui donne la première place à la lumière, à l’amour, à la beauté, à l’esprit, sans se préoccuper de savoir s’il sera riche ou pauvre, s’il mangera chaque jour ou s’il ne mangera pas, s’il sera bien vêtu ou en guenilles, honoré ou ridiculisé, pour lui tout est possible.

Omraam