Quand on sait que le mal peut surgir à tout moment
et de n’importe où, on est vigilant, on prend des précautions. Eh bien, non,
cette vision tellement négative n’a rient de sage, et elle est même nocive pour
le psychisme ; se concentrer sur le mal, partout et tout le temps, a pour
conséquence de ne pas le voir quand il se produit réellement et de paralyser
les forces vives qui permettraient de réagir. Alors, où est la sagesse, là, où
est la lucidité ?
La sagesse, la vraie sagesse, c’est bien autre
chose, et que dit-elle ? Dans le livre des Proverbes elle se présente :
"Moi, la Sagesse, lorsque l’Eternel disposa les cieux, j’étais là…
Lorsqu’il donna une limite à la mer… Lorsqu’il posa les fondements de la terre,
j’étais à l’œuvre auprès de lui et je faisais tous les jours ses délices,
jouant sans cesse en sa présence"… ainsi par la Sagesse. Elle qui a
sondé les desseins de Dieu parce qu’elle a participé avec Lui à la création du
monde, elle voit l’avenir avec confiance dans des couleurs magnifiques, lumineuses ;
Et non seulement elle n’est pas triste, mais elle est même gaie, joyeuse,
puisqu’elle joue auprès de Dieu.
Le sage sait que la prédestination de l’homme est
de rejoindre un jour sa patrie céleste. Sur le chemin qui conduit à cette
patrie, évidemment il rencontrera le mal sous toutes ses formes, il souffrira,
il doutera des autres et de lui-même, il se découragera. Mais même dans les pires
moments il ne sombrera pas, parce que dans son coeur, dans son âme reste
inscrite cette vérité que Dieu l’a créé à son image, et que cette image de Dieu
contient en puissance toutes les richesses, toutes les victoires.
Le pessimisme n’est donc pas l’enfant de la
sagesse, mais de la plus grande ignorance. Bien sûr, il n’est pas question de
s’opposer au pessimisme en prétendant que tout va bien, ce serait ridicule ;
tout ne va pas bien, et même beaucoup de choses vont très mal. Mais l’optimisme
est un point de vue philosophique fondé sur la connaissance de Dieu, de
l’univers et de l’être humain. Donc ce n’est pas le mot optimisme qu’il
faudrait employer ; étant donné l’usage qui en est fait dans la vie
quotidienne, on le confond trop souvent avec une naïveté, une légèreté qui
n’ont rien de philosophique. L’optimisme dont je vous parle est en réalité
l’espérance, c’est à dire la certitude que l’avenir peut toujours être meilleur.
Même si le présent n’est pas fameux, les puissances
de la vie et du bien sont si fortes qu’elles peuvent toujours triompher du mal,
du moment que l’être humains décide de s’associer à elles…
Le rire du sage est le rire de la liberté. Ce que
le sage a compris à l’a débarrassé des fardeaux inutiles de l’existence, pour
le projet et jusqu’aux régions où brille un éternel soleil.
Et cette lumière qu’il a conquise au prix de tant
d’efforts, le sage n’a pas d’autre souhait que de la transmettre à ceux qui
vivent auprès de lui ou qui viennent le visiter. Mais que de temps il faut pour
qu’ils puissent l’assimiler ; La seule chose que le sage peut donc communiquer
immédiatement, c’est la joie qu’il puise dans cette sagesse, cette joie qui
remplit son cœur, qui déborde de son cœur, et son rire est l’expression de cette
joie qu’on peut aussi appeler amour ».
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