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jeudi 5 juin 2014

Tous les jours, jusqu’à la fin du monde


Il est dit dans le Psaume 116 : "Je marcherai devant l’Eternel sur la Terre des Vivants". Cette Terre des Vivants, où se trouve-t-elle ? En réalité, on peut dire que c’est notre terre. Car ce que nous appelons terre n’est pas seulement ce sol que nous sentons sous nos pieds, ni cette planète que les astronautes aperçoivent depuis l’espace et dont ils distinguent les mers, les fleuves, les montagnes, les déserts, les forêts… La terre, c’est aussi ces régions faites d’une matière très subtile, éthérique, lumineuse, où continuent de vivre après leur mort les êtres les plus évolués ; les saints, les prophètes, les grands maîtres de l’humanité. 

Le Zohar mentionne l’existence de sept terres auxquelles il donne un nom : Eretz, Adama, Ghé, Neschia, Tzia, Arga, Thébel… mais sept terres signifie sept états de la terre, du plus épais (cette région justement que nous habitons), au plus subtil. Lorsqu’il est dit dans la Genèse qu’Adam et Eve chassés du Paradis ont été exilés sur la terre, ce Paradis qu’ils ont quitté, c’est lui la véritable terre, la Terre des Vivants. C’est pourquoi il est appelé Paradis "terrestre". On oppose généralement le Paradis à la terre en l’imaginant comme un lieu immatériel où Adam et Eve menaient on ne sait quelle vie ; et puis, à cause de leur désobéissance, le Seigneur les aurait précipités dans un autre lieu "pour qu’ils cultivent la terre d’où il les avait pris", exactement comme on punit des malfaiteurs en les condamnant aux travaux forcés sur une île déserte. Mais non, le récit de la Genèse est symbolique et il décrit en réalité des états de conscience.

Pour y voir clair dans cette question, il faut connaître les analogies qui existent entre la terre et l’homme. L’homme, comme la terre, est constitué de sept régions, ses sept corps. Si on s’arrête seulement sur son corps physique, on n’a de lui qu’une connaissance très imparfaite. Pour le connaître, il faut l’étudier aussi dans les domaines éthérique, astral, mental, causal, bouddhique, atmique. Comme la terre. Quand les initiés de la Grèce antique disaient : "Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux", ils ne faisaient qu’exprimer cette idée. Ils savaient que Dieu a créé l’univers et l’homme sur le même modèle, c’est à dire à son image. Alors, quelle ignorance, quelle limitation de la part des humains que de regarder uniquement le côté physique, visible. C’est ce qui les arrête dans leur évolution, car ils ignorent l’essentiel sur eux-mêmes et sur cet univers dont ils font partie, et ils se coupent aussi de la Divinité.

Puisque la terre sur laquelle nous marchons est analogue à notre corps physique, c’est qu’au-delà de son corps physique, la terre possède aussi des corps subtils avec lesquels nous pouvons entrer en relation. Oui, car dans la mesure où il y a analogie, il y a relation. Donc, au fur et à mesure que nous nous élevons pour atteindre les régions supérieures de notre être, nous nous élevons aussi dans ces régions supérieures de la terre que le Psalmiste appelle la Terre des Vivants. Et c’est dans ces régions que jésus se trouve encore. Car jésus n’a pas quitté la terre. Puisqu’il a dit : "Je suis avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin du monde", c’est qu’il est toujours sur la terre. Bien sûr, il a quitté la terre physique, mais pas la terre éthérique, lumineuse, divine. Jésus, comme expression de ce principe cosmique qu’est le Christ, n’a pas quitté la terre, il est là sur la terre des Vivants où il continue à participer au travail de son Père céleste, et il protège, éclaire, guide tous ceux qui veulent suivre son chemin, travailler avec lui et marcher dans sa lumière.

On dit qu’après sa mort Jésus est monté au ciel. Et c’est vrai, il est monté au ciel, tout son être est dans le ciel, mais il travaille sur la terre. Il faut faire l’effort de comprendre. Nous, les humains, nous sommes sur la terre et nos antennes sont dans le ciel. Tandis que Jésus, tout son être est dans le ciel, mais son activité, son "quartier général" si l’on peut dire, se trouve sur la terre, dans les plans supérieurs de cette région que les kabbalistes appellent la séphira Malhouth. Il est là avec tous ces êtres exceptionnels, ces Fils de la Lumière qui ont mis à la première place, dans leur tête et dans leur cœur, le travail pour l’avènement du Royaume de dieu et de sa Justice.

Quant à notre terre, cette "vallée de larmes et de souffrances", c’est la terre des morts. Oui, un cimetière, et quel cimetière. Depuis des millions d’années, combien d’ossements s’y sont entassés. Tous ces milliards d’êtres humains, mais aussi d’animaux qui ont laissé leurs ors, leur peau, leur graisse… Et c’est là-dessus qu’on fait poussé des arbres, des fleurs, des légumes, et qu’on construit des maisons. Il n’existe sur la terre aucun endroit qui ne soit un cimetière. On se problème, on mange, on boit, on dort sur des cimetières. Ou même, plus exactement, sur des champs de bataille, car les humains n’ont jamais cessé de s’affronter de toutes les façons possibles dans des lieux qui ont fini par devenir des cimetières. C’est pourquoi, je vous l’ai dit, ce n’est pas en Terre Sainte que vous pourrez trouver tellement de traces du passage de Jésus.  Pour retrouver Jésus et les plus grands Maîtres de l’humanité, il faut communier avec leur esprit, et leur esprit n’est plus dans les lieux où ils ont vécu, mais dans leur enseignement et dans les régions pures et lumineuses de la terre. C’est là que leur esprit est retourné pour travailler, parce qu’il était en affinité avec ces régions.

Jésus en tant que manifestation du principe christique participe à la création avec l’esprit de Dieu, et il continue à travailler. Quand il disait : "Mon Père travaille, et moi aussi je travaille avec lui", il ne parlait pas d’un travail de dix, vingt ou cinquante ans. Et c’est pourquoi, en les quittant, il a dit aussi à ses disciples : "Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde". Jésus n’a pas quitté la terre, un esprit tel que lui ne peut pas quitter ses amis pour ne revenir qu’après des milliers d’années. Il est présent, il participe à tout ce qui se réalise dans le sens de la lumière, de la bonté, du sacrifice. De quel amour aurait-il parlé s’il laissait seuls les êtres qui aspirent à lui ressembler ? Certains diront qu’ils ne l’ont jamais rencontré. C’est possible, mais cela signifie tout simplement qu’ils n’ont pas encore travaillé, réellement travaillé. Qu’ils travaillent et ils le rencontreront.


Jésus est toujours là pour tous ceux qui ont un cœur, une âme et un esprit. Oui, chaque fois qu’un être ici sur la terre met à la première place des préoccupations spirituelles, le désir de s’améliorer pour contribuer à l’avènement du Royaume de dieu, il commence à habiter lui aussi avec jésus sur la Terre des Vivants. Car cette terre est en nous un état de conscience grâce auquel nous entrons en communication avec les grands Maîtres, avec les anges, avec les divinités, avec l’esprit du Christ, et nous participons à leur travail.

Omraam.