Merci de votre visite

mardi 9 février 2016

L’Homme à la conquête de sa destinée


Dès que l’homme agit, il déclenche inévitablement certaines forces qui produiront aussi inévitablement certains résultats. C’est cette idée de rapport de causes à conséquences qui est d’abord contenue dans le mot "Karma". Ce n’est qu’ensuite que Karma a pris le sens de paiement pour une transgression commise.



En réalité, on peut dire que le karma se manifeste toutes les fois qu’un acte n’est pas exécuté à la perfection, ce qui est, la plupart du temps le cas. Mais l’homme fait des essais, il faut qu’il s’exerce jusqu’à atteindre la perfection, et tant que ses essais sont ratés il doit se corriger, réparer ses erreurs, et bien sûr pour cela il doit peiner, souffrir.

Il faut agir. Evidemment, vous souffrirez, mais vous apprendrez, vous évoluerez… et un beau jour vous ne souffrirez plus. Quand vous aurez appris à travailler correctement, il n’y aura plus de karma. Chaque mouvement, chaque geste, chaque parole déclenche certaines forces qui entraînent des conséquences, c’est entendu. Mais supposons que ces gestes, ces paroles soient inspirés par la bonté, la pureté, le désintéressement : ils attireront des conséquences bénéfiques, et c’est ce qu’on appelle le "Dharma".

Le dharma est la conséquence d’une activité ordonnée, harmonieuse, bénéfique. Celui qui est capable d’entreprendre une telle activité échappe à la loi de la fatalité et se place sous la loi de la Providence. Ne rien faire pour éviter les tracas et les souffrances, non, ce n’est pas la bonne solution : il faut être actif, dynamique, plein d’initiative, mais en donnant à son activité d’autres mobiles que l’égoïsme et l’intérêt personnel c’est le seul moyen d’échapper à des conséquences désastreuses.
Echapper aux conséquences, c’est impossibles : il y aura toujours des causes et des conséquences, quelle que soit votre activité ; simplement, si vous arrivez à agir de façon désintéressée, ce ne seront plus des conséquences douloureuses, mais la joie, le bonheur, la libération.

Si pour avoir la paix on ne fait rien, on ne se développera pas, on n’apprendra rien, on ne gagnera rien. Evidemment, vous ne commettrez aucune erreur, mais vous serez en pierre ; les pierres ne commettent jamais d’erreurs. Il est préférable de se tromper, de se salir même, mais d’apprendre.

Comment voulez-vous quand on a des ouvriers dans un bâtiment, qu’il ne tombe pas quelques gouttes de ciment ou de peinture ? C’est impossible. Il faut accepter les taches, pourvu que le bâtiment monte et que le travail soit fait. Après, on frotte, on lave, on se change, on met d’autres vêtements, mais au moins la maison est finie.

Le Maître Peter Deunov disait un jour : "Je vous donne à tous un petit livre pour apprendre l’alphabet" (nous disons en bulgare "boukvartché »… et vous ?... un abécédaire ? bon, un abécédaire). "Oui bout d’un an je vous demande de me le rendre. Certains d’entre vous me rendent ce "boukvartché" absolument net, impeccable : ils ne l’ont pas ouvert, ils n’ont donc rien appris. D’autres, au contraire, me le rendent tout raturé, déchiré, taché : ils l’ont ouvert et fermé des centaines de fois, ils l’ont transporté partout, ils ont même mangé dessus… Oui, mais maintenant ils savent lire".

Et le maître concluait : "Je préfère ça". J’étais très jeune alors, et je me souviens que très  timidement je lui posai la question : "Et moi, dans quelle catégorie je suis" ? Il me répondit : "Toi ? Dans le deuxième catégorie". Bien sûr, j’étais content car je comprenais que c’était mieux.

Combien d’erreurs on commettra, combien de taches, d’éclaboussures on enverra, combien de critiques et d’injures on recevra, que voulez-vous ça n’a pas d’importance. Il faut savoir lire, il faut faire le travail, il faut finir le bâtiment. Et tous ceux qui sont toujours très raisonnables, très prudents, pour ne pas se compromettre, n’avancent pas. Alors, Seigneur Dieu, où seront-ils, ces gens-là ?

Quand vous apprenez une langue étrangère, si vous ne dites rien par peur de vous ridiculiser en faisant quelques fautes, jamais vous ne saurez parler. Il faut oser se ridiculiser, oser faire quelques fautes, mais apprendre à parler. Eh bien, c’est la même chose avec le karma : il ne faut pas être paralysé par la peur de commettre des fautes qu’il faudra réparer. Car au fur et à mesure qu’on s’entraînera en donnant à ses actes un but divin, on ne provoquera plus de karma, mais le Dharma c’est-à-dire les grâces et des bénédictions du Ciel.


sur le blog de Francesca http://herosdelaterre.blogspot.fr/  retranscription des livres de Omraam