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dimanche 20 avril 2014

AIMEZ comme le Soleil



La morale et la religion nous prêchent de penser aux autres et non à nous-même. Eh oui, bien sûr, c’est beau, mais est-ce vraiment réalisable ? Je ne le crois pas. "Comment ? direz-vous, mais vous aussi, vous ne cessez de nous répéter qu’il faut s’oublier et penser aux autres". C’est brai, d’une conférence à l’autre je vus dis beaucoup de choses et certaines peuvent sembler contradictoires, mais elles ne le sont pas. Vous allez comprendre…

En réalité, quoi qu’on fasse il est impossible de ne pas penser à soi : c’est l’Intelligence Cosmique elle-même qui a donné à l’homme cette tendance de tout ramener à lui, afin qu’il puisse se nourrir, se protéger, croître, progresser ; il ne peut pas faire autrement que de s’occuper toujours de lui-même. La question est seulement de changer la nature, le contenu, l’orientation de cette activité. Comment ? En prenant pour modèle le soleil.

Le soleil qui ne cesse de déverser dans l’univers sa lumière et sa chaleur est l’image de la générosité, du désintéressement. Un jour, je lui ai posé la question : »Ô bien-aimé soleil, explique-moi… Toi qui, à l’image de Dieu, éclaires toutes les créatures, les chauffes, les vivifies, tu ne penses vraiment qu’aux autres ?

– Mais pas du tout, a répondu le soleil, je ne pense qu’à moi ! Si je m’occupe des autres, c’est pour moi que je le fais. Je ne veux pas me demander sans arrêt s’ils méritent ma chaleur et ma lumière, s’ils deviennent meilleurs, ni même s’ils reconnaissent mes bienfaits, ça m’est égal, je les laisse tranquilles et libres, mais je continue à les éclairer, à les chauffer, parce que ça me fait plaisir à moi". 

Donc le soleil est d’accord pour penser que le besoin de s’occuper de soi-même ne disparaît jamais, mais qu’il prend des formes différentes selon le degré d’évolution des créatures.

Quand j’ai compris cela, j’ai décidé de l’imiter. Et si on me pose à moi aussi la question : "Pourquoi consacrez-vous tellement de temps aux autres, à leur parler, à les conseiller, à les mettre sur la bonne voie" ? … eh bien, parce que cela me fait plaisir à moi ! Personne ne m’oblige à le faire, c’est moi qui le désire pour ma propre joie. Maintenant, est-ce que les autres le méritent ? Est-ce qu’ils y gagnent ? Est-ce qu’ils se transforment ? Je n’en suis pas si sûr, mais ce dont je suis sûr, c’est que moi je suis heureux. Certains ont besoin de créer le désordre et la destruction ; d’autres ont besoin de propager l’harmonie, l’amour, la lumière, ils le font pour eux-mêmes, ils ne peuvent pas s’en empêcher.

Souvent je sens que certains d’entre vous se disent : "Est-ce que vraiment c’est un Maître, ce bonhomme-là ? Il ne voit pas l’état dans lequel je me trouve, d’où je sors, où je me suis embourbé ? Comment il me reçoit, comment il me sourit ! Non non, il n’est pas clairvoyant, puisqu’il continue à être le même : gentils, aimable". Je vois cette pensée dans leur regard. Mais si je devais m’arrêter d’aimer les humains parce qu’ils ne sont pas au point, parce qu’ils ne le méritent pas, c’est moi qui péricliterais. Et si eux gagnent un peu à cause de mon attitude, tant mieux pour eux ! Qu’on me comprenne, qu’on ne me comprenne pas, je continue, parce que c’est moi qui amasse des trésors que je peux ensuite distribuer.

Alors, vous aussi tâchez de prendre goût à aider les autres. Si vous ne voulez pas le faire pour eux, faites-le au moins pour vous. Comprenez qu’en pensant à vous de cette façon, vous avancez, vous vous renforcez. Tandis que si vous pensez à vous sans chercher à aider les autres, vous allez vous affaiblir, vous rendre malheureux, malade et même détestable. Il faut s’occuper des autres, mais pour son propre plaisir et avancement. On ne peut pas s’oublier, renoncer à soi, c’est impossible ; alors ce qu’il faut, c’est penser  soi d’une façon nouvelle, jusqu’à ce que cette pensée prenne une forme aussi merveilleuse, aussi extraordinaire que l’amour du soleil.

Aucun être humain ne peut faire abstraction de lui-même. Il est donc dangereux de prêcher le renoncement sans expliquer qu’il ne s’agit pas de s’oublier complètement, car ce n’est pas possible : une telle attitude ne peut que provoquer un sentiment de vide, d’angoisse et ouvrir la porte à tous les dérèglements psychiques. La seule question, c’est de s’aimer soi-même en aimant les autres divinement, d’une façon qui nous renforce et nous libère. Oui, surtout qui nous libère… C’est cela l’essentiel et le plus difficile à réaliser.


Quels sont les humains qui ne sont pas convaincus que l’amour est la plus belle chose au monde, la plus nécessaire ? Et pourtant, qu’en connaissent-ils ? Les peines, les malheurs, les servitude,s parce que pour la majorité d’entre eux le bonheur c’est d’être aimé. Bien sûr, ils sont quand même d’accord pour aimer un peu, eux aussi, mais ils croient que le plus important, c’est d’être aimé. La preuve ; pourquoi aimer ne leur suffit-il pas ? Pourquoi souffrent-ils tellement lorsqu’ils sentent que ceux qu’ils aiment ne leur rendent pas cet amour, ou ne le leur rendent pas autant qu’ils le souhaiteraient ? Que ce soit leurs amis, leurs proches, leurs parents, leurs enfants, leurs femmes, maris, maîtresses ou amants, il ne leur suffit pas de les aimer, ils veulent être aimés autant, et même souvent davantage qu’ils n’aiment eux-mêmes. Pour être heureux, ils attendent que l’amour leur vienne de l’extérieur. S’il ne vient pas ou s’il leur est retiré, ils se sentent privés. Ils ne croient pas à leur propre pouvoir, à leur propre force d’aimer, ils ont besoin que l’amour leur soit donné par quelqu’un d’extérieur à eux. Et voilà comment ils perdent leur liberté.