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mercredi 16 avril 2014

Le premier et le second commandement



A un scribe qui lui demandait quel est le premier commandement à observer, Jésus répondit : "Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme de toute ta pensée et de toute ta force. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même…"

Depuis deux mille ans ces paroles ont été si souvent répétées qu’on ne les entend plus. C’est exactement comme lorsqu’on écoute la pluie tomber : on finit par ne plus rien entendre et on s’endort. Pourtant, que de choses à comprendre dans ces quelques lignes.

En nous demandant d’aimer Dieu, puis d’aimer notre prochain comme nous-même, Jésus nous indique une hiérarchie à respecter : Dieu, le prochain et nous. Même si Jésus ne dit pas que nous devons nous aimer nous-même, c’est sous-entendu ; puisque nous devons aimer notre prochain « comme nous-même », c’est que nous nous aimons. On peut même dire que la plupart du temps, renversant l’ordre indiqué par Jésus, les humains s’aiment d’abord eux-mêmes, leur tendance la plus naturelle, la plus ancrée, la plus tenace étant de commencer par satisfaire leurs propres besoins, leurs propres désirs. Ensuite, s’il y a un peu quelque chose qui reste, ils veulent bien le donner aux autres. Quant au Seigneur, deux ou trois fois l’an ils vont à l’église allumer un cierge en marmonnant quelques prières. Personne ne leur a jamais dit : "Tu t’aimeras toi-même", et pourtant ils ne font que cela jour et nuit, pour les deux autres commandements ils n’ont pas le temps. Et puis Dieu et le prochain leur paraissent si lointains ! Et voilà pourquoi, en vérité, ils ne peuvent pas s’aimer eux-mêmes.

Pour appliquer le précepte de jésus : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même", les humains devraient d’abord se demander comment ils s’aiment eux-mêmes. Vous direz : "Mais il n’y a rien à se demander" Ah, vous croyez ? Et bien, moi je vous assure que si on prétend aimer les autres comme on s’aime soi-même, quel dommage pour eux. Que pourront-ils faire dans la vie, soutenus par un amour comme celui-là ?...
Par leur façon de vivre, par leurs pensées, leurs sentiments, leurs désirs, les humains passent la plus grande partie de leur temps à se détruire eux-mêmes. Ils ne s’aiment pas, ou plutôt ils s’aiment mal. Et s’ils s’aiment mal, comment peuvent-ils aimer correctement les autres ? Vous demanderez : "Alors que faut-il faire pour s’aimer soi-même ? " La réponse est contenue dans le premier commandement : "Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu…" Car on ne peut véritablement s’aimer soi-même qu’en sachant d’abord aimer le Seigneur. Parce qu’en aimant Dieu, c’est déjà soi que l’on aime, mais son Soi supérieur, ce Soi qui est une parcelle de la Divinité. Aimer Dieu, ce n’est pas aimer un être extérieur à nous, mais un être qui habite en nous, qui est notre Moi sublime. Si nous ne l’aimons pas, si nous n’aimons pas Dieu en nous, ce que nous aimons, c’est notre moi inférieur, c’est lui que nous servons, c’est à lui que nous consacrons notre temps et nos énergies ; et alors nous ne faisons que nous mutiler, nous appauvrir, car le moi inférieur est un gouffre qui engloutit tout.

Le véritable amour de soi passe nécessairement par l’amour de Dieu. "Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu…" Combine de gens ne voient dans ces mots qu’un précepte vide de sens ! Il n’est même pas sûr pensent-ils, que Dieu existe, alors qu’elle raison y a-t-il de L’aimer ? Une très bonne raison. C’est que cet amour pour Dieu est en réalité un amour pour leur Moi Divin, et ne circulant à travers eux, cet amour leur apporte toutes les bénédictions.

Il nous est demandé d’aimer Dieu pour nous, pas pour Lui. En aimant Dieu, c’est nous que nous aimons, notre partie divine. Grâce à cet amour nous nous élevons jusqu’au monde de la beauté, de la lumière, de la liberté. Et à ce moment-là, le deuxième commandement énoncé par Jésus prend tout son sens. Quand on a appris à s’aimer, c’est à dire quand on a appris à aimer Dieu en soi, on peut envisager d’aimer le prochain comme soi-même. Jusque-là, c’est presque ridicule, et c’est même dangereux pour le prochain, le pauvre !

De nos jours on insiste avant tout sur le respect de la personne humaine. C’est très bien. Mais, en réalité, je vous dirai que vous ne pouvez pas respecter vraiment les humains si, au-dedans de vous vous n’avez pas de considération pour quelque chose de supérieur qui habite en eux. Oui, vous finirez quand même par les saccager parce qu’il y aura des mobiles en vous qui supprimeront le respect. C’est seulement quand vous aurez un sentiment pour quelque chose de plus grand, de plus profond, de plus lointain que "la personne humaine", que vous allez aussi respecter les humains. Jamais  on ne me convaincra qu’il faut d’abord aimer son prochain et ensuite le Seigneur. Non, tant qu’on n’aime pas le Seigneur, on ne peut pas aimer son prochain. Si vous supprimez l’amour envers l’essentiel, envers le Créateur de l’univers, le Principe qui anime toute chose et qui est présent dans toutes les créatures, comment voulez-vous aimer des créatures imparfaites qui Lui sont tellement inférieures ? Vous ne pouvez pas ! Ou bien votre amour sera si peu éclairé que vous leur ferez du mal, ou bien c’est vous qui serez malheureux.

Relisez maintenant le passage de l’Evangile de Saint Matthieu. Le scribe demande à Jésus quel est le plus grand commandement, et après avoir répondu à cette question, Jésus continue en répondant à une question que le scribe ne lui pose pas : "Et voilà le second qui lui est semblable". Si le second commandement est semblable au premier, c’est donc bien qu’il y a un lien très étroit entre aimer Dieu, aimer son prochain et s’aimer soi-même. Mais voilà, il est très rare qu’on fasse ce lien. Certains pensent qu’ils peuvent aimer leur prochain sans aimer Dieu, dont ils nient l’existence ... D’autres, sous prétexte qu’ils aiment Dieu, se donnent pour mission de persécuter leur prochain… Et il y en a même qui prétendent qu’ils ne s’aiment pas eux-mêmes. Mais qu’est-ce qu’ils appellent "eux-mêmes" ? Leur moi inférieur. Car si c’était leur Moi supérieur qui est une partie de la Divinité, ils ne pourraient pas faire autrement que de s’aimer puisqu’ils aimeraient Dieu en eux. Vous voyez, ces versets que l’on répète depuis des siècles, on ne les a pas encore compris, car on n’a pas compris ce lien qui existe entre Dieu, le prochain et soi-même… ou entre soi-même, Dieu et le prochain, comme vous voudrez !

Et puisque c’est la Divinité que l’homme doit aimer en lui-même, c’est aussi la Divinité qu’il doit aimer dans son prochain. Qu’est-ce que cela veut dire ? Que chaque être humain étant par nature le réceptacle de la Divinité, aucun ne peut être considéré comme inférieur à un autre. Mais ce n’est pas tout ; de la même façon que nous devons arriver à bien distinguer en nous-même el Moi supérieur du moi inférieur et à ne favoriser que les manifestations du Moi supérieur, il est important d’avoir la même attitude vis-à-vis des autres, en nous efforçant d’entrer en relation avec leur nature divine pour lui donner les possibilités de se manifester.
Eh oui, il ne s’agit pas seulement de dire qu’on va aimer son prochain, la question est de savoir ce qu’on ava aimer et nourrir en lui. Si les humains pouvaient voir les mauvais penchants que, sous prétexte de leur faire plaisir, de répondre à leurs souhaits et leurs exigences, ils ne cessent de nourrir chez les membres de leur famille, mais aussi chez leurs amis et toutes les personnes qu’ils fréquentent, ils seraient épouvantés. Car en réalité, c’est leur nature inférieure qu’ils alimentent. Et la nature inférieure, combien de fois je vous l’ai expliqué, se caractérise par son avidité, son égocentrisme et son ingratitude. Alors, tous ces pauvres gens qui, après s’être tellement dévoués pour satisfaire la nature inférieure chez les autres, s’imaginent qu’ils vont s’attirer de leur part amour et reconnaissance, s’exposent, en réalité, aux pires déceptions. En récompense de leurs services, ils ne reçoivent qu’indifférence, mépris ou même haine. Et ensuite, ils se plaignent : "Après tout ce que j’ai fait pour lui... ou pour elle" Eh bien, qu’ils ne se plaignent pas, ils n’en ont pas le droit : avant de sacrifier pour les autres, ils devaient d’abord se demander ce qu’ils servaient en eux : la nature supérieure ou la nature inférieure.

Observez seulement comment les parents éduquent leurs enfants… Souvent ils favorisent en eux le besoin  de rechercher le plaisir, l’argent, le confort, le succès, même s’ils doivent y arriver par des moyens illicites en évinçant les autres, en les lésant, en les laissant souffrir. Et lorsqu’en grandissant ces enfants agissent de même avec leurs propres parents, évidemment ceux-ci se lamentent sans se souvenir que c’est eux-mêmes qui le sont poussés dans cette voie.

Le véritable amour du prochain, celui qu’enseignait Jésus et qu’enseignent tous les véritables Initiés, consiste à nourrir uniquement chez les êtres leur nature supérieure afin de les rétablir dans la royauté de leur esprit. Vous direz : "Mais c’est très difficile, comment y arriver" ? Je vous donnerai un exercice. Efforcez-vous de vous projeter très haut dans la pensée pour atteindre l’Etre qui embrasse tout, qui porte ne Lui toutes les créatures et les nourrit de sa substance. Demandez-vous comment il envisage le devenir de l’humanité ; quels sont ses projets pour elle, pour son évolution. C’est ainsi que, peu à peu, des transformations commencent à se produire dans votre superconscience, votre conscience et votre subconscience. Vous devez faire cet exercice jusqu’à sentir que vous vous fondez dans un océan de pure lumière, car c’est là, et là seulement, que vous parviendrez à ce niveau de conscience qui fera de vous un être universel. Quand cette pratique est devenue pour vous un habitude, quand vous êtes arrivé à entrer en communion avec cette Entité qui existe dans les régions les plus élevées de votre être et d e l’univers, et que l’on appelle Dieu, vous pouvez alors descendre dans l’âme des êtres, vous devinez la nature profonde de chacun et vous comprenez comment vous devez vous conduire avec eux.

J’attends que la science s’occupe enfin de l’amour, du véritable amour, qu’elle étudie toutes ses manifestations et découvre les effets bénéfiques qu’il produit dans l’être humain lui-même et chez ceux qu’il aime. L’amour crée une osmose entre les êtres. Lorsqu vous aimez réellement quelqu’un, peu à peu vous commencez à lui ressembler, d’abord psychiquement, et quelquefois même physiquement. En aimant Dieu vous créez des échanges entre lui et vous, votre amour travaille déjà à vous imprégner de sa quintessence, et c’est ce qui vous permet ensuite d’aimer tous les humains sans rien perdre de votre paix, de votre force, de votre lumière. Car il ne faut pas se leurrer, là encore il ne suffit pas de se dire qu’on va aimer son prochain pour y parvenir aisément et sans dégât. Cela nécessite que l’on connaisse justement cette loi de l’osmose.

Un être pur, noble, intègre, qui donne son amour à des êtres moins évolués que lui, peut beaucoup les aider, mais il doit savoir que s’il n’est pas vigilant, il risque de perdre dans ces échanges quelque chose de sa force, de sa paix et de sa lumière. C’est pourquoi il doit d’abord se lier au Seigneur qui est l’infini, l’éternité, comme à une source inépuisable de lumière et de vie ; il se fait alors un échange entre le Seigneur et lui, il se nourrit, il s’abreuve, il se renforce, il s’éclaire. Et ensuite seulement il peut donner son amour aux humains, il ne s’affaiblira pas, il ne s’obscurcira pas, il ne s’appauvrira pas.

Vous pouvez, vous devez aimer les humains, tous les humains ; mais pour qu’ils ne vous fassent pas descendre à leur niveau, pour qu’ils ne vous accablent pas avec leurs problèmes, leurs souffrances, leurs fardeaux, vous devez d’abord aimer le Seigneur. Dès l’instant om vous aimez le Seigneur, vous pouvez donner votre amour aux êtres les plus déchus, il n’y aura plus de danger pour vous ; vous serez toujours au-dessus des ténèbres, vous ne risquerez pas d’être englouti, vous serez toujours le plus fort. Lorsqu’un sauveteur doit se jeter à l’eau pour rattraper un homme en tain de se noyer, il lui donne ses pieds pour qu’il s’y arroche ; il ne le laisse surtout pas lui saisir les bras, car il ne pourrait plus nager et ils se noieraient ensemble. Alors, méditer cet exemple et vous comprendrez que vous devez garder vos bras pour Dieu et n’abandonner que vos pieds aux humains. Oui, ne donnez pas tout votre amour aux humains, sinon vous vous perdrez avec eux.

L’amour est une science, mais très peu se soucient de l’étudier. C’est pourquoi tellement de gens, qui s’en vont remplis de bonnes intentions pour se dévoyer aux autres en n’ayant que le mot "amour" à la bouche, se retrouvent quelque temps après déçus, aigris. C‘était fatal ; leur amour qui n’était pas éclairé les a mis dans des situations déplorables, et les voilà maintenant qui se plaignent que l’amour est la cause de tous les maux. Non, c’est l’ignorance au sujet de l’amour qui apporte les malheurs, pas l’amour lui-même, car le véritable amour, c’est Dieu. Voilà pourquoi il faut tout d’abord aimer Dieu et s’imprégner de ses vibrations ; ensuite, on peut aimer les humains sans danger et les aider. Si nous sommes liés à la Source, nous pouvons donner aux autres sans nous affaiblir, car l’eau en nous – c’est à dire nos forces, nos énergies – se renouvelle sans cesse ; mais si nous coupons le lien, les autres nous épuiseront très vite, car nos réserves ne sont pas illimitées. Et là encore, nous rencontrons le symbolisme de la lettre hébraïque Aleph. Aleph, c’est l’être qui prend en haut pour donner en bas, celui qui peut aider les humains parce qu’il est lié à Dieu dont il ne cesse de recevoir la lumière et l’amour. Et c’est ce que fait aussi le soleil.

Un jour, j’ai posé au soleil cette question : "Depuis des milliards d’années que tu donnes ta chaleur et ta lumière, comment fais-tu pour ne pas être épuisé" ? Et il m’a répondu : "Mon secret, c’est de savoir en même temps inspirer et exprimer. J’inspire la lumière et la force des Hiérarchies divines qui sont au dessus de moi et en même temps j’exprime pour ceux qui sont au-dessous de moi ; c’est pourquoi je peux donner éternellement" Et en effet dans l’Arbre séphirotique, l’Arbre de la Vie, le soleil, qui appartient à la séphira Tiphéreth, est placé au centre ; au-dessus de lui se trouvent le sséphiroth Kéther, Hohmah, Binah, Hessad, Guébourah. Le soleil reçoit donc les forces de ces séphiroth supérieures et il les projette sur les Séphiroth au-dessous de lui : Netsah, Hod, Iésod, Malhouth.

Vous vous souvenez peut-être qu’une fois j’ai fait cette expérience devant vous : j’ai allumé une bougie et avec un petit chalumeau je vous ai montré comment on pouvait à la fois inspirer et expirer. A travers le chalumeau je soufflais sur la flamme qui restait toujours un peu penchée, et en même temps j’inspirais de l’air pour pouvoir continuer à souffler. C’était aussi dans le passé la technique des souffleurs de verre. Et c’est exactement ce que fait le soleil : il ne s’arrête jamais de donner parce qu’en même temps il reçoit. Donc, voilà le secret.

Et si vous voulez, vous aussi, pouvoir donner votre amour aux créatures sans jamais vous lasser, sans danger pour elles ni pour vous, vous devez vous lier à Dieu, l’aimer, vous fondre en lui, apprendre à regarder le monde et les êtres à travers lui. Bien sûr, au début, cet exercice peut paraître rebutant. Vous voulez aimer Dieu, mais vous ne sentez rien, vous vous ennuyez et vous laissez vagabonder vos pensées… mais continuer, dites-vous que toute votre vie dépend de ce lien que vous êtes en train de créer avec le Seigneur. Peu à peu, vous sentirez que vous devenez si riche, si puissant que vous pouvez réellement aider par la pensée des milliards d’êtres, car il n’y a pas de frontières pour les ondes. Les ondes harmonieuses que vous propagez s’en vont dans l’atmosphère influencer toutes les créatures qu’elles rencontrent.


Vous vous dites : "Mais les humains sont tellement nombreux, comment pouvons-nous faire quelque chose pour chacun" ? bien sûr, si vous présentez le problème de cette façon, il est impossible de faire quoi que ce soit. Mais si vous connaissez certaines méthodes, là encore cela devient possible. Essayez, par exemple, d’imaginer que toute l’humanité est condensée en un seul être. Oui, imaginez le monde entier comme un être qui est là, près de vous, et vous lui tenez la main en lui donnant beaucoup d’amour… A ce moment-là, de petites particules de votre âme s’en vont dans toutes les directions de l’espace, et ce que vous faites pour cet être se transmet à tous les êtres dans le monde.