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samedi 8 mars 2014

La méditation est un exercice difficile



De plus en plus, il est vrai, sous l’influence des philosophies orientales, la méditation devient à la mode, mais cela n’a rien de réjouissant de voir tous ces malheureux s’embarquer sans préparation préalable dans un domaine qu’ils ne connaissent pas. Comment pourront-ils méditer avant d’avoir compris certaines vérités, vaincu certaines faiblesses ? Non seulement ils ne pourront pas, mais dans ces conditions il est même dangereux pour eux d’essayer. Ils ferment les yeux, prennent des poses, mais intérieurement que se passe-t-il ? Où sont-ils ? Dieu seul le sait. Si vous entrez dans leur tête pour voir, ils dorment, les pauvres, ou ils se laissent aller à toutes sortes d’élucubrations. Ils méditent ?... Ah oui, sur l’argent, sur le pouvoir, sur un homme ou une femme à séduire. Ils ne peuvent pas méditer sur des sujets célestes puisqu’ils n’ont pas un haut idéal pour les arracher à la vie ordinaire, animal et les tirer jusqu’au ciel.

Il ne faut pas se faire d’illusions : la méditation est un exercice très difficile. Tant qu’on reste engagé dans des occupations prosaïques ou plongé dans les passions, il n’est pas possible de méditer, car la nature de ces activités ne le permet pas : elles retiennent la pensée dans les régions inférieures des plans astral et mental. Pour pouvoir projeter sa pensée dans les régions spirituelles, il faut d’abord pouvoir se libérer intérieurement. J’ai vu des gens méditer pendant des années, mais ils perdaient leur temps ou même se détraquaient, parce qu’ils ne savaient pas, ou ne ovulaient pas savoir, que pour méditer il faut remplir certaines conditions. D’ailleurs beaucoup me l’ont dit : "Depuis des années j’essaie de méditer, mais je n’y arrive pas, c’est le vide, mon cerveau se bloque". Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas compris qu’aucun moment de notre vie n’existe isolément, chaque moment est lié à tous ceux qui le précèdent et que l’on appelle le passé. Ils n’ont pas compris que leur passé les alourdit, les gêne, et comme ils veulent tout de même méditer, ils forcent leur cerveau qui se bloque, et rien à faire… Désormais, soyez vigilant et dites-vous : "Je veux méditer, je dois donc préparer mon cerveau et tout mon organisme, je dois tout mettre au point pour avoir la possibilité de faire un travail".

Supposez qu’un soir vous ayez eu une violente dispute avec quelqu’un. Le lendemain matin, au moment de méditer, les événements de la veille reviennent à votre conscience et vous n’arrêtez pas de penser : "Ah ! Ah ! il m’a dit ceci, il m’a dit cela.. La prochaine fois il va voir ce qu’il va voir, il passera un mauvais quart d’heure" Voilà le sujet autour duquel tourne votre "méditation". C’est un remue-ménage, une pagaille ! Au lieu de s’élever jusqu’aux régions divines on agite tout ce que l’on a vécu dans le passé, et ça défile, ça défile… tout un cortège de visages et d’événements viennent se présenter, on n’en sort plus. Et comme la même histoire se répète pendant des années, évidemment on n’a pas de résultats.

Vous tous, vous pouvez devenir puissants et libres, mais à condition de savoir un certain nombre de choses et, en particulier, que chaque moment de l’existence est lié à ceux qui le précèdent. C’est ce que voulait dire Jésus quand il conseillait : "Ne vous inquiétez pas du lendemain". Oui, parce que si vous arrangez tout correctement aujourd’hui, vous mettez un bon départ pour demain. C’est vrai pour chaque domaine de l’existence, et c’est vrai aussi pour la méditation. Si intérieurement vous avez réglé vos problèmes la veille, le lendemain vous serez libre pour concentrer votre pensée sur le sujet que vous souhaitez. Tandis que si vous n’avez rien arrangé aujourd’hui, demain vous devrez galoper à droite et à gauche pour remédier à toutes les lacunes ou erreurs du passé, et vous ne serez pas disponible pour travailler dans le présent ni pour créer l’avenir.

Ayant compris cela, celui qui veut méditer commence par se préparer, il se purifie et ne s’embarrasse pas de toutes sortes de préoccupations inutiles. Quand il a réussi à s’échapper de cette prison qu’est la vie quotidienne avec toutes ses obligations, quand enfin il est libre, libre dans son corps, dans ses pensées, dans ses sentiments, et quand il commence à s’élever intérieurement, la sensation intense qu’il existe une vie tellement plus belle, plus riche, plus vaste, le projette dans les régions où circule cette vie… ces régions qui, en réalité, sont en lui-même, car la vie divine coule en chaque être humain. C’est cette vie qu’il arrive à goûter, pour un moment, et une fois qu’il a fait cette expérience, il ne peut plus l’oublier ; il sait désormais qu’il peut s’arracher à l’engrenage de forces obscures qui le limitaient, le désagrégeaient, pour entrer dans les courants bénéfiques et libérateurs de la lumière.

La méditation est une opération psychologique, philosophique, un travail cosmique de la plus haute importance. Quand vous avez appris à vous discipliner, votre pensée accepte de se soumettre ; vous voulez la mettre ne marche, elle se déclenche ; vous voulez l’arrêter, elle s’arrête, comme si les cellules de votre organisme tout entier avaient décidé de vous obéir. Mais tant que vous n’êtes pas arrivé à cette maîtrise, il vous faut des heures et des heures pour vous apaiser ; vos cellules continuent à s’agiter, elles ne vous écoutent pas, elles vous disent : "Si tu crois que tu vas si facilement t’imposer à nous ! Nous nous moquons bien de toi, nous n’avons aucune considération pour toi, parce que tu nous as montré que tu es trop ignorant, trop faible". Et elles n’en font qu’à leur tête. Vous en connaissez tous quelque chose, n’est-ce pas ?

La méditation est une des méthodes les plus efficaces pour se libérer des tourments psychiques. Mais celui qui décide de pratiquer la méditation doit savoir que cette décision ne restera pas sans conséquence, car il entre dans un univers où les lois sont aussi strictes et implacables que celles du monde physique. Donc, attention, la décision de méditer doit s’accompagner d’autres décisions et en particulier celle d’adopter une certaine discipline de  vie. Il vaut mieux ne pas pratiquer la méditation si l’on a pour but dans l’existence l’argent, le pouvoir, la gloire, les plaisirs, etc… car c’est le plus sûr moyen de se casser la tête.

Ceci bien compris, il est aussi nécessaire, pour méditer, de bien connaître la nature du travail psychique. D’abord, il ne faut pas tellement se préoccuper du temps. Combien de gens qui veulent méditer sont là, pressés, crispés, obsédés par la pensée qu’il faut finir vite, parce que toutes sortes d’autres activités les attendent. Et c’est cela qui les empêche de se concentrer. Il y a, dans leur inconscient, quelque chose qui les bloque et qu’ils doivent prendre en considération pur l’analyser. Ils vont m’objecter que la vie est ainsi faite, qu’ils ont un travail, une famille et toutes sortes de préoccupations. Je sais bien, mais si pour une demi-heure, une heure, ils s’habituent à ne pas se sentir pressés, quand ils reprendront ensuite leurs travaux, ils s’apercevront que tout marche dix fois, cent fois mieux.  Chaque chose en son temps, à sa place… Du moment que vous avez décidé de méditer, ne pensez à rien d’autre, vous aurez assez de temps ensuite pour vous occuper du reste. Efforcez-vous d’être à ce que vous faites, car il y a un temps pour tout. Sinon, il n’y a plus de temps pour rien, parce qu’on n’a jamais la tête où il faut : quand on doit méditer, on pense à toutes les tracasseries quotidiennes, et quand on est pris jusqu’au cou dans ses obligations, on se dit qu’il faudrait méditer ! Dites-moi un peu si c’est intelligent…


Alors, supposons que vous êtes maintenant dans un état intérieur convenable pour méditer… Il y a encore une règle à connaître, c’est que vous ne devez pas exiger de votre cerveau qu’il se concentre brusquement sur un sujet, car vous violentez les cellules nerveuses qui réagissent en se bloquant et vous n’arriverez à rien sauf à avoir mal à la tête. Il faut donc commencer par se mettre dans une attitude réceptive, se détendre, s’apaiser, ne penser à rien, mais rester tout de même vigilant. Bien sûr, sans entraînement ce n’est pas si facile, mais à la longue il suffira seulement de quelques secondes. Et au moment où vos sentez que votre système nerveux est bien disposé, dans une attitude réceptive qui lui permet de se recharger, de reprendre des forces, vous pouvez orienter votre pensée vers le sujet choisi.  

Omraam