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mercredi 28 mai 2014

L’idée du sacrifice n’est pas la mort



Sur certaines représentations de la croix figure un agneau placé en son centre, ou bien, inversement, c’est un agneau qui porte une croix. Cela signifie qu’à l’origine, le Christ, l’Agneau divin s’est offert en sacrifice afin que l’univers, une fois créé, puisse se perpétuer. Car seul le sacrifice produit une force capable de lier entre elles toutes les particules de l’univers. Cette force, c’est l’amour. Le Christ est l’esprit cosmique de l’amour qui attire, rapproche, soutient. C’est lui qui a été placé comme base de la création, et le sang de l’agneau immolé est le symbole de ce fluide qui doit imprégner la matière. Il est le lien, le ciment qui empêche l’univers de se disloquer. Partout, dans les pierres, dans les étoiles, c’est cet amour qui soutient la charpente. Si l’amour disparaît notre corps même commencera à se désagréger. Car c’est la force de l’amour qui unit toutes les cellules. 

Le Christ, le Fils de Dieu, c’est donc l’Agneau qui a dû être sacrifié avant la création du monde. Mais cette idée n’est pas, non plus, propre au seul christianisme. Dans le passé, et de nos jours encore dans certains pays, lorsqu’on veut construire une maison, un pont, un monument, la coutume est d’arroser les fondations du sang d’un agneau. Cette tradition doit rappeler à tous qu’au commencement il a fallu le sacrifice d’un être vivant pour que l’univers s’édifie sur des bases solides. Et pourquoi croyez-vous que les églises chrétiennes sont édifiées sur une base qui a la forme d’une croix ?... En réalité cette idée du sacrifice dépasse le seul domaine de la religion, car c’est aussi grâce à cette force de cohésion produite par le sacrifice que les familles, les sociétés, les nations, toutes les collectivités peuvent subsister. Dans les sacrifices que les humains font les uns pour les autres, sans les renoncements consentis par tous, plus aucune vie collective ne serait possible.

Si vous voulez qu’une création soit durable, placez à la base l’amour, le sacrifice, le Christ. Evidemment, l’idée d’un dieu qui se sacrifie est difficile à comprendre pour beaucoup, ce n’est pas celle qu’ils se font généralement de la Divinité. Pour eux, un dieu doit être fort, puissant, cruel même, et réclamer pour se nourrir, la chair et le sang d’autres créatures. On trouve de tels exemples dans la religion des Carthaginois avec le dieu Moloch, dans celle des Aztèques, etc. et combien, même de nos jours, en refusant leur compassion et leur amour aux êtres faibles et déshérités, répètent d’une certaine façon les actes des religions barbares ! Qu’est-ce que c’est, ce culte de la force ? Il n’est de véritable force que celle de l’esprit, et c’est cette force de l’esprit qui donne aux êtres la capacité de se sacrifier. Vous ne trouverez nulle part dans l’univers un acte qui dépasse le sacrifice. C’est l’Oméga, la dernière lettre, il n’y en a pas d’autre. En mourant sur la croix, Jésus est venu pour prononcer cette dernière lettre. D’autres viendront après lui pour  continuer son œuvre, mais ils n’ajouteront rien qui puisse dépasser le sacrifice ; le sacrifice reste pour l’éternité l’acte le plus sublime. C’est pourquoi on ne doit pas associer le sacrifice à l’idée de mort, mais à celle de vie, la vie de l’esprit.

Cette idée du sacrifice qui engendre et soutient la vie, on la trouve encore exprimée dans le symbole de la fraternité spirituelle des Rose-Croix : une rose rouge au centre d’une croix. Cette rose représente le cœur, le chakra du cœur parfaitement développé en l’homme et considéré comme la croix sublimée. Car, de même que la croix a quatre branches, le cœur a quatre cavités et on peut établir des relations entre le cœur et la croix. Vous direz que notre cœur n’est pas au centre du corps… C’est vrai, mais les symboles ne s’occupent pas de ces détails. Physiquement le cœur n’est pas au centre, mais par son importance, parce qu’il représente le soleil en nous, il occupe une place centrale.

C’est par l’amour désintéressé, l’amour spirituel, que l’homme développe le chakra du cœur dont la couleur et le parfum sont ceux de la rose. La rose-croix est donc le symbole de l’Initié, qui, grâce au travail qu’il a réalisé sur lui-même, a réussi à développer en lui l’amour du Christ, l’amour divin, l’amour qui vivifie et transforme la matière. Etre un adepte de la rose-croix signifie que l’on étudie tous les secrets liés à la croix, mais également ceux de la rose épanouie au centre de la croix. La rose dans la croix, c’est l’être parfait qui a la connaissance de tous les éléments dont il est constitué et de ses relations avec l’univers, mais qui est aussi capable de faire jaillir et couler l’amour du Christ. Celui qui marche sur le chemin christique devient un Rose-Croix, même s’il n’est pas inscrit dans les registres de cette société.


On peut faire aussi un rapprochement entre le symbole de la rose-croix et celui de la coupe du Graal, le vase d’émeraude qui contient le sang du Christ. Oui, la coupe qui doit se remplir de cette quintessence divine, le sang du Christ, n’est autre que l’être humain. Grâce à son travail de purification, il permet au sang du Christ de se déverser en lui. Et il est aussi la croix, parce que la croix comme la coupe, c’est toujours l’homme, et c’est sur cette croix que doit s’épanouir la rose : la vie et l’amour du Christ. 

Omeraam.