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mercredi 16 octobre 2013

le Moi supérieur – La descente du Saint Esprit


Il est dit dans les Evangiles que lorsque Jésus reçut le baptême dans les eaux du Jourdain, on vit le Saint Esprit descendre sur lui sous la forme d’une colombe. Et les Actes des Apôtres rapportent aussi que, le jour de la Pentecôte, le Saint Esprit descendit dans la maison où tous les disciples étaient réunis et se posa sur chacun d’eux comme une langue de feu.

Sous différentes formes, cette descente du Saint Esprit en l’homme est un symbole que l’on retrouve dans toutes les traditions spirituelles. Mais parce qu’on dit que le Saint Esprit « descend » en l’homme, il ne faut pas croire qu’il est une entité extérieure à lui : c’est son Moi supérieur qui se manifeste, cette quintessence divine déposée en lui par le Créateur. Dire que l’homme reçoit le Saint Esprit signifie qu’il est parvenu à faire le lien avec son propre esprit, son Moi supérieur. Le Saint Esprit est un principe cosmique, une pure émanation de la Divinité ; sur l’Arbre séphirotique, il est placé dans la séphira Binah, et notre Moi supérieur est de la même nature que lui. Comme une goutte d’eau dans l’océan, comme une étincelle dans le feu, il est fait de la même quintessence divine. Et si l’homme n’a aucune conscience d’être lié à cette entité, d’être habité par elle, c’est qu’il a laissé s’accumuler en lui trop d’impuretés, la fusion n’est plus possible. Si vous ne pouvez pas vous fusionner avec votre Moi supérieur, c’est parce que vous avez laissé trop d’impuretés s’accumuler ; ce sont ces impuretés qui empêchent la fusion. Vous comprenez maintenant combien le travail de purification est nécessaire afin que la fusion du Moi supérieur et du moi inférieur s’accomplisse. Tant que cette fusion ne se produit pas, notre Moi supérieur reste comme une réalité séparée de nous, étrangère à nous ; il ne peut pas nous faire partager ses pouvoirs, ses connaissances, ses richesses. Il voit tout, il sait tout, il peut tout, mais il ne peut rien pour nous tant que nous n’avons pas réussi à dissoudre les couches opaques qui nous séparent de lui.

Nous ne cessons de commettre des erreurs, mais notre Moi supérieur n’intervient pas, il nous laisse faire ; pendant que nous sommes ici en train de tâtonner, de tomber, de souffrir, de regretter, de pleurer, il vit, lui dans la béatitude. Et quand nous sommes plein d’espoir et de bons projets, il n’intervient pas non plus pour nous aider à les réaliser. Pourquoi ? Parce qu’il vit au-delà de ce que nous représentons en tant qu’individu avec un corps physique, un corps astral, un corps mental, et encore au-delà avec les corps causal, bouddhique et atmique ; car même si ces corps sont d’une extrême subtilité, ce sont tout de même des corps, et ils sont donc une réalité matérielle. Le Moi supérieur, lui n’est pas un corps, il se manifeste à travers ces corps, mais sa région est celle que les kabbalistes appelle Aïn Soph Aur ; lumière sans fin, l’essence la plus pure de Dieu Lui-même qui est aussi notre propre essence.

Comment exciter la bonne volonté de cette Entité qui est tellement éloignée de nous et qui pourtant est nous ?

Notre moi terrestre, ici, notre moi passager éphémère, est fait de plusieurs moi qui ont des tendances, des goûts, des aspirations tout à fait différents et même contradictoires. Nous somme sen apparence un individu unique, un moi servant pour ainsi dire de carte de visite à tous les autres moi qui habitent la même maison et qui peuvent être indifféremment cuisinier, jardinier, poète, trafiquant, moine.. Eh oui ! Mais nous-mêmes, qui sommes-nous ? Nous ne le savons pas. Nous sommes un moi fictif qui les englobe tous et qui doit recevoir successivement des récompenses et des punitions pour les bonnes actions et les fautes des uns et des autres. Un de ces moi va chaparder un peu chez le voisin, et voilà qu’un autre moi arrive, un moi honnête qui est étonné, navré ; il ne comprend pas comment cela a pu arriver. Pendant ce temps, le Moi supérieur regarde, indifférent, impassible, se dérouler toutes ces comédies. Alors, comment attirer l’attention de notre Moi supérieur ?

En faisant des efforts pour le retrouver, pour le toucher. Immédiatement il en est averti, il se réjouit et devient attentif. Tout ce que nous faisons d’autre le laisse froid. Que nous devenions général, ministre, empereur, que nous soyons accidenté, dans la misère, désespéré, cela ne le touche pas. Mais le jour où nous voulons enfin le connaître, c’est à dire nous connaître, il est alerté et commence à faire attention à nous. Ce sont alors d’autres courants qui entrent en action et, peu à peu, nous recevons la lumière, l’amour, la force, la paix.

Pour toucher notre Moi supérieur, il existe évidemment des méthodes. L’une d’elles consiste à prendre conscience de nous-mêmes, de ce moi que nous sommes là, tout simplement. Car même limité, même illusoire, ce moi existe ; il n’est pas réellement nous, mais il est au moins un reflet auquel nous pouvons nous accrocher comme à une lointaine manifestation de notre vrai Moi. Si nous prenons l’habitude de nous concentrer, sans penser à rien, avec seulement la conscience d’être là en tant qu’individu, comme cette conscience est liée à l’infini de notre Moi supérieur, peu à peu nous arrivons à établir un contact avec lui. Et pour attirer les qualités de notre Moi supérieur, nous devons faire intervenir la pensée et l’imagination. Nous nous représentons ce Moi qui vis en haut dans la lumière en train de regarder cet autre mi qui, à des millions de lieux plus  bas, se trouve aux prises avec ses limitations, ses obscurités, ses faiblesses. Nous maintenons cette pensée et nous faisons circuler le courant entre notre Moi d’en haut et notre moi d’en bas. C’est à ce moment-là que se crée le lien, le vrai lien, parce que d’ici nous pensons que nous sommes en haut, et de là-haut nous sentons que nous sommes ici, en bas, conscient de notre Moi d’en haut.

A ce moment-là, les deux pôles inférieur et supérieur de notre être commencent à se rapprocher et, un jour, la fusion se fait ; notre moi inférieur n’existe plus ; ce moi inférieur, qui n’est qu’une ombre, un reflet, disparaît, et seul demeure notre Moi réel, notre Moi supérieur. Finis les découragements, finies les faiblesses, les obscurités ; car nous nous sentons en possession de notre vrai Moi omniscient, immortel, éternel. Cette identification avec notre Moi supérieur suppose évidemment que nous soyons capables de faire un réel travail par la pensée, car nous devons arriver à concevoir non seulement que notre Moi supérieur nous regarde, mais qu’il a conscience de se regarder lui-même à travers nous et d’être lié à nous. C’est grâce au contact qui se produit alors, que s’éveille notre super-conscience. Puisque notre être entier se reflète sur l’écran de la conscience, notre Moi supérieur projette aussi un reflet sur cet écran et, si faible soit-il, c’est ce reflet qui nous permet de nous lier à lui. Ce reflet est une réalité extraordinairement impalpable et ténue, mais il est formé de la quintessence du Ciel ; même s’il n’est qu’une trace lointaine de notre Moi divin, sa présence nous rappelle notre véritable origine.

Le reflet seulement d’une personne dans un miroir est une réalité matérielle, ce sont des fluides qu’elle dépose. Même l’ombre qui la suit sur le chemin est une réalité matérielle. Les sorciers le savent bien, eux, qui pour envoûter une personne, se servent des traces fluidiques laissées par son ombre. On croit que l’ombre n’est rien, mais l’ombre est une réalité, une trace laissée en passant par une personne vivante. Dans ce sens, cette trace aussi est vivante, et on peut la suivre. C’est ce que font certains chiens qui arrivent à retrouver des personnes en flairant seulement les fluides qu’elles ont laissés sur leur passage.

Un jour, nous arriverons à nous retrouver en haut, notre conscience s’élargira aux dimensions de l’univers entier, nous sentirons que nous sommes de retour dans le sein du Créateur, nous plongerons dans l’éternité. Les sages de l’Inde ont enseigné une formule qui résume tout ce que je suis en train de vous expliquer ; « Moi, c’est Lui ». Ce qui signifie : Lui, c’est le Créateur, et moi je n’existe pas en tant qu’être séparé, indépendant. C’est grâce à Lui que j’existe et j’existe comme un reflet de LUI. Si je veux maintenant me retrouver, c’est Lui que je retrouverai, car Lui seul est la réalité.

Dieu s’est projeté à travers l’univers qu’il a créé et aucune créature n’existe indépendamment de Lui. Trouver Dieu ou se retrouver soi-même, c’est donc au fond le même travail… le même travail de longue haleine ! Il est des moments où vous vous sentez envahi d’un seul coup par la lumière, d’un seul coup vous vous entez projeté au sommet de vous-même et vous êtes ébloui de cette immensité, de cette splendeur. Malheureusement, cela ne dure pas, et de nouveau vous retombez dans la vie quotidienne avec les mêmes soucis, les mêmes faiblesses, les mêmes angoisses, de nouveau vous vous sentez coupé de la Divinité, de votre Moi supérieur, comme une scorie rejetée quelque part ... Mais ne restez pas là, faites des efforts pour rétablir le lien avec votre Moi supérieur. Si vous insistez patiemment, sincèrement, cette sensation de coupure se fera de plus en plus rare. Jusqu’au jour où enfin la lumière ne vous quittera plus, vous aurez franchi le fleuve, vous serez sur l’autre rive, vous serez enfin sauvé.


Le sens de l’Initiation, c’est d’apprendre à l’homme à se détacher de sa nature inférieure pour pouvoir vibrer à l’unisson avec l’Esprit, qui est son véritable Moi. La fusion avec le Moi supérieur, c’est la fusion avec Dieu. Oui, se retrouver, se connaître, c’est se fondre dans la Divinité, car cette étincelle, cet esprit qui est en l’homme n’est jamais séparé de Dieu. Et en se cherchant, en se trouvant, l’homme atteint la conscience suprême de vivre et de respirer en Dieu.