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mardi 8 octobre 2013

L’oscillation de la Balance


Les deux principes masculin et féminin sont à la base de la vie, on les découvre dans tous les phénomènes de la vie, qu’ils soient physiques, psychiques ou spirituels, et c’est en sachant les identifier qu’on perçoit l’unité de la création. Jusque-là, la nature apparaît comme un immense désordre, un véritable capharnaüm, et même si les scientifiques ont essayé de faire des classifications pour y voir un peu plus clair, très peu sont capables de découvrir les liens secrets qui existent entre tous les éléments de la création et de comprendre que ces éléments, apparemment séparés, forment en réalité un tout.

Seule la vision du tout révèle l’harmonie de ces deux principes qui, au premier abord, paraissent s’opposer (le masculin et le féminin, l’actif et le passif, le positif et le négatif, la lumière et les ténèbres, la chaleur et le froid, le bien et le mal, l’amour et la haine, etc…) ainsi que l’harmonie des phénomènes qui en découlent. Pour celui qui y voit clair, il y a balance, c'est-à-dire équilibre. Lui-même est dans la balance, il ne quitte plus l’équilibre. Mais l’équilibre ne signifie pas la fin des oscillations, un état où les deux plateaux resteraient parfaitement immobiles ; A ce moment-là, l’équilibre parfait signifierait non seulement la stagnation, mais le retour à l’indifférenciation originelle. Lorsque Dieu s’est polarisé pour créer, la balance s’est mise en branle, elle a commencé à osciller. D’ailleurs, d’après certaines traditions, la création du monde n’a pas commencé avec la constellation du Bélier, mais avec celle de la Balance qui lui est opposée sur le cercle du zodiaque.

Dans la deuxième carte du Tarot, le croissant de lune placé au-dessus de la tête de la Papesse traduit bien aussi cette idée de l’oscillation de la Balance. Bien qu’à certaines périodes, quand elle est pleine, la lune apparaisse à nos yeux sous la même forme circulaire que le soleil, symboliquement, parce qu’elle croît et décroît, la lune est représentée par un croissant, et un croissant a deux cornes. Oui, et ce n’est pas par hasard qu’on parle des « cornes » de la lune ni que dans certaines mythologies les divinités féminines étaient représentées par des bêtes à cornes. La femme – ici la Papesse – qui est le symbole vivant de la nature créée par Dieu, est placée sous le signe de la Balance, c'est-à-dire du flux et du reflux ; après la lumière, les ténèbres, puis à nouveau la lumière etc. Après l’activité, le repos, et à nouveau l’activité.

Tant que la création ne sera pas achevée, la balance continuera à osciller ; L’équilibre absolu est synonyme de perfection, et que peut-il y avoir au-delà de la perfection ? Rien, tout s’arrête. L’oscillation de la balance révèle que la création est toujours en devenir ; elle tend vers l’équilibre absolu, donc vers l’immobilité sans jamais l’atteindre. Le jour où elle l’atteindra, tout rentrera à nouveau dans le sein de l’Eternel.

L’évolution suppose une perpétuelle oscillation des deux plateaux de la Balance. Voilà encore un enseignement du nombre 2. Si le mouvement s’arrête, c’est la mort, car l’équilibre parfait empêche les échanges. Or, la vie n’est faite que d’échanges. Ces échanges, c’est comme des fils qui se tissent entre les humains, mais aussi entre les humains et toutes les formes d’existence. Cependant, ce mouvement doit être mesuré, car si l’in des plateaux s’élève trop haut, l’autre descend trop bas, et c’est la chute ; là encore, l’oscillation s’arrête, il n’y a plus de vie. Ce que nous appelons équilibre est en réalité un certain déséquilibre. Mais ce déséquilibre doit rester limité et momentané ; l’équilibre est momentanément rompu pour être rétabli aussitôt. De cette rupture de niveau jaillissent des forces qui doivent être rapidement rattrapées par un mouvement contraire afin d’être dominées. C’est cette oscillation qui engendre la vie ; On peut donc dire que la vie est un déséquilibre sans cesse rattrapé grâce à l’intervention d’un troisième principe capable de maîtriser les courants de forces antagonistes.

L’acte de marcher illustre parfaitement ce phénomène. Nous marchons en avançant alternativement un pied puis l’autre. Au moment où nous avançons un pied, notre corps est dans un léger déséquilibre que nous rectifions en avançant l’autre pied. Mais, observez combien il est facile de perdre l’équilibre et de tomber ; le moindre dysfonctionnement dans les centres nerveux de l’équilibre, le manque de vigilance, la rencontre imprévisible d’un obstacle, et c’est la chute. Chaque élément, chaque objet, chaque situation, chaque créature est une source d’énergies, mais pour que ces énergies se manifestent, il faut les placer dans une certaine position de déséquilibre, c’est à dire sur une pente ; Considérez l’eau placée sur une surface plane, elle se répand comme une nappe douce et tranquille ; il n’y a pas de pente, elle ne peut pas circuler. Donnez maintenant à cette eau une certaine pente ; sa puissance augmente, et si elle est abondante, elle produit une énergie capable de faire fonctionner des usines entières. Mais à condition de la contrôler.

Il en est de même pour l’homme. Il existe en lui une pente sur laquelle des forces ne cessent de descendre en cascade, et il est nécessaire de les canaliser pour qu’elles fassent un bon travail. Le nombre 2 est la plus grande pente que Dieu ait donnée à l’homme : il faut seulement que cette pente soit sans cesse rééquilibrée par un troisième principe qui domine les deux autres, car un excès dans un sens finit par produire un excès inverse. Notre vie psychique est fondée sur un certain déséquilibre, et ce déséquilibre, quand il est maîtrisé, apporte richesse, création. Les génies par exemple, ne sont pas des êtres équilibrés au sens ordinaire du terme (cet équilibre-là n’engendre souvent que la médiocrité). Au contraire même, les génies sont souvent des êtres qui, se sentant menacés par des puissances obscures, essaient de les maîtriser en les mettant au service d’un principe supérieur, et c’est ainsi qu’ils arrivent à réaliser des œuvres grandioses.

Un certain déséquilibre est nécessaire pour notre avancement, mais à condition de rester vigilant et d’être capable d’intervenir avant que les plateaux de la balance n’accusent une trop grande différence de niveaux. Savoir équilibrer les forces donne un pouvoir magique sur soi-même et sur la nature ; Mais il faut se surveiller aussi pour conserver une certaine oscillation, car le jour où les deux plateaux sont parfaitement équilibrés, plus rien n’avance, c’est la mort qui s’installe ; La mort est un équilibre parfait. Dans combien de domaines on peut vérifier que la vie est créée par cette oscillation entre des forces ou des situations contraires !


Toute l’abondance et la variété des richesses qui apparaissent à la surface de notre planète viennent de ce que cette surface n’est pas plane, mais qu’il y a différents niveaux, depuis les hauts sommets jusqu’aux profondeurs terrestres et marines. La diversité des climats, de la flore, de la faune etc… d’où découle en partie la diversité des civilisations, vient de ce que la surface de la terre n’est pas nivelée, et c’est magnifique. Et les humains non plus, il ne faut pas qu’ils soient nivelés. Pourquoi ? Pour qu’il y ait des échanges fructueux entre eux, toute une circulation. Le seul point qu’ils doivent avoir en commun, c’est un haut idéal, le désir de toujours progresser dans l’amour et la lumière, afin de se sentir tous fils et filles de Dieu. Pour le reste, qu’ils soient différents ! C’est cette différence qui rend leur vie riche et belle.