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lundi 21 octobre 2013

Le mythe d’Adam et Eve


Aucune création d’aucune sorte n’est possible avec un seul principe. Pour qu’il y ait création, il faut que les deux principes masculin et féminin soient ensemble et unis. Ces deux principes existent tout d’abot en haut, dans le plan divin. Ce son le Père céleste et la Mère divine, qui ne cessent d’engendrer des mondes peuplés de myriades créatures. En bas, dans le plan physique, le masculin et le féminin ont une existence distincte, mais en haut masculin et féminin ne font qu’un.

il est écrit dans le livre de la Genèse qu’après avoir créé le ciel et la terre, le soleil, la lune et les étoiles, les plantes et les animaux, Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance ... Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu Il le créa… mâle et femelle Il le créa ».Ce qui signifie qu’Adam, l’homme primordial créé par Dieu, possédait les deux principes. Vous direz ; « Mais alors, et Eve ? Il est écrit qu’ensuite Dieu a créé Eve ». Oui, Dieu a fait sortir le principe féminin du principe masculin, Il l’a objectivé devant lui. C’est le sens de cette image qui a intégré tant de lecteur s de la Genèse ; Dieu tirant Eve d’une côte d’Adam.

Maintenant, pour bien comprendre ce que je vais vous dire, vous devez vous habitue  à l’idée qu’Adam et Eve ne sont pas un homme et une femme apparus sur la terre au sixième jour de la création, mais qu’ils représentent des principes. Adam est le principe masculin qui a engendré Eve, le principe féminin. Qu’est-ce que cela signifie ? Que le principe premier, l’esprit, est sorti de son état d’extrême subtilité pour se condenser, et en se condensant il a créé un autre principe : la matière. La matière est une production, une condensation des forces de l’esprit. C’est pourquoi, symboliquement, le principe féminin vient toujours après le principe masculin, ainsi que l’expriment les deux premières lettre du nom de Dieu Iod Hé Vav, c'est-à-dire Iod Hé.

A la lettre Iod, symbole du principe masculin, fait suite la lettre Hé, symbole du principe féminin. Regardez combien leur forme est expressive. Le Hé est comme un réceptacle, une coupe, mais renversée. Iod est la plus petite lettre de l’alphabet hébraïque, elle ressemble à un point, ou même plus exactement à un germe, et le germe est l’élément premier de tout être vivant. Au moment de la conception, l’ovule de la mère, qui est pour ainsi dire une coupe, reçoit le germe, et c’est une nouvelle vie qui commence.

Au commencement il y a le Iod ; de même, au commencement il y a le point. Le point n’a pas de dimension et il est presque impossible de le définir ; mais en se mouvant le point engendre la ligne, et la ligne en se mouvant engendre la surface, puis la surface en se mouvant engendre le volume, c’est à dire l’espace à trois dimensions ; Ligne, surface, volume, sont tous nés du mouvement du point. Maintenant si, à partir du point qui l’ a engendrée, vous imprimez à une ligne un mouvement tournant autour de ce point, vous obtenez un cercle. Le cercle et son rayon présentent l’union de la ligne droite et de la ligne courbe. Ainsi, le point est le générateur de toutes les figures, et le point dans le cercle symbolise l’esprit cosmique animant la matière de l’univers. C’est ce que veulent signifier les kabblistes lorsqu’ils inscrivent le Iod dans le Hé.

Adam, l’esprit, a donc engendré Eve, la matière. Ensuite Adam et Eve ont travaillé ensemble pour créer des enfants, c’est à dire tout ce qui existe dans l’univers et qui n’est que le reflet des deux grands principes en haut. Vous regardez un arbre se refléter dans l’au : si vous pouvez voir un reflet en bas, c’est que l’arbre existe d’abord en haut. Méditez sur cette image simple, elle vous permettra de comprendre la question de l’évolution. Ce que la science appelle « l’évolution des espèces » a été nécessairement précédé par un mouvement d’involution, car rien ne peut monter sans que quelque chose ne soit auparavant descendu. Pour pouvoir progresser, s’élever vers l’esprit, il faut être d’abord descendu de ce monde de l’esprit où tout a son origine. C’est vrai pour la matière, et c’est vrai pour l’être humain ainsi que pour tout ce qui existe.

La théorie de l’évolution de Lamarck et Darwin n’envisage que cinquante pour cent de la réalité. Avant l’évolution de la matière, il ya eu l’involution de l’esprit. Les évolutionnistes n’ont observé les choses que de l’extérieur, du point de vue de l’organisation de la matière, sans tenir compte des forces invisibles qui avaient auparavant travaillé sur elle. L’évolution n’est que la moitié d’un processus de manifestation. En l’observant isolément, on la coupe de la vérité de la vie, elle n’a plus aucun fondement ; Personne n’arrivera à me prouver que l’évolution est possible sans qu’une impulsion ne l’ait préalablement déclenchée et ne constitue à l’entretenir. Et d’où vient cette impulsion ? D’en haut. C’est tout d’abord l’esprit qui descend, et si on voit la matière évoluer, c’est qu’elle est entraînée par le mouvement ascendant de l’esprit qui la fait remonter vers son lieu d’origine.

Le principe masculin, c'est-à-dire l’esprit, est donc premier et doit rester premier. Mais que les hommes ne se rengorgent pas et que les femmes ne se sentent pas offensées ! Je dis « Le principe masculin » et non l’homme ; Ici, je le répète, il s’agit de principes, non de créatures ; Et ce sont encore des principes qu’il faut voir dans le mythe du péché originel. Dieu a d’abord créé Adam, et Adam gardait donc son regard dirigé vers Dieu. Ensuite, Dieu prit une côte d’Adam pour créer Eve, et Eve gardait son regard dirigé vers Adam. Adam, l’esprit, qui était plus proche de Dieu, de son essence, de sa lumière, transmettait à Eve, la matière, des forces qu’elle ne pouvait capter directement ; Mais voilà qu’est apparu le serpent.

La présence du serpent dans le jardin d’Eden suppose l’existence de créatures antérieures à Adam et Eve. Ces créatures avaient déjà toute une existence, elles appartenaient à une hiérarchie angélique qui avait été envoyée sur la terre avec la mission d’exécuter certains travaux. Ces travaux terminés, certaines d’entre elles ont refusé de retourner vers Dieu : elles ont décidé exister indépendamment de Lui. Elles étaient libres de retourner ou non vers Dieu et elles ont choisi de ne pas retourner. Voilà la faute de ces créatures que l’on a appelées les Anges rebelles ; le refus de réintégrer la Source divine, le choix d’une existence coupée de Dieu, et ils ont été précipités dans l’abîme. Ils ont gardé leur science, leurs connaissances, mais ils ont perdu le contact avec l’amour divin et ils sont devenus des créatures malfaisantes. Les anges rebelles formaient donc une égrégore symbolisée par le serpent. Ce serpent qui montait des régions souterraines entourait l’Arbre de la connaissance du bien et du mal. C’est lui qui a attiré Eve en captant son regard. Et Eve, à son tour, s’est efforcée d’attirer le regard d’Adam.

Aussi longtemps qu’Adam avait mis Dieu au centre de son existence, il était heureux et libre : il s’instruisait et grâce à lui Eve aussi s’instruisait ; Et de même qu’Adam transmettait à Eve ce qu’il apprenait de Dieu, Eve transmettait ce qu’elle apprenait d’Adam à d’autres créatures ; aux animaux, aux plantes et aux esprits situés plus bas dans l’échelle de l’évolution. Lorsqu’Adam se détourna de Dieu pour regarder vers Eve, tout a basculé, et non seulement ils se sont perdus, mais tous les êtres qui s’instruisaient par Eve ont été entraînés dans la chute.

Une tradition rapporte que cette entité, présentée sous la forme d’un serpent, qui réussit à séduire Eve, était le chef des esprits déchus, connu sous le nom de Samaël. Quant à Adam, entraîné lui aussi dans la chute, il eut des relations avec le démon femelle nommé Lilith. Mais évidemment, dans tous ces récits il faut voir la transposition imagée de phénomènes  psychiques.

Le mythe du péché originel ne raconte donc pas l’histoire d’une femme, appelée Eve, qui aurait séduit par ses manigances un pauvre bougre nommé Adam. Le mythe du péché originel parle d’une inversion dans l’ordre des deux principes masculin et féminin. Et ce processus peut aussi être éclairé par l’étude de l’Arbre séphirotique. Sur le pilier central, le principe masculin, Adam est lié au Soleil, Tiphéreth ; et le principe féminin, Eve, est lié à la Lune, Iésod. Eve se trouve donc plus proche de Malhouth, la région de la terre ; Or, au-dessous de Malhouth règnent les Kliphoth. Les Kliphoth sont les séphiroth noires, l’Arbre de Vie inversé, car tout ce qui existe en haut dans les régions de la lumière a son reflet en bas, dans le monde de l’obscurité. C’est à partir de ce monde souterrain que le serpent est monté dans l’arbre et a réussi à séduire Eve dont dépendait l’équilibre de l’ensemble. Car Iésod représente le fondement, la base, et pour maintenir l’équilibre Eve, devait rester attachée au principe masculin, Adam, Tiphéreth, parce qu’Adam était lui-même fixé sur Kéther, l’instance suprême, Dieu. En se tournant vers le serpent, Eve a cessé de soutenir l’édifice et elle a entraîné Adam ; alors, tous les deux sont tombés, attirés par la région souterraine et obscure des Kliphoth.

L’histoire d’Adam et Eve, qui ayant écouté le serpent, furent chassés du Paradis terrestre, est en réalité l’illustration des phénomènes qui se répètent dans chaque être humain qui coupe le lien avec Dieu. Cette coupure entraîne la mort, la mort spirituelle. Le secret de la vie est dans le lien avec Dieu ; les deux principes masculin et féminin en nous, l’intellect et le cœur, doivent rester en relation avec les deux grands principes cosmiques qui sont le Père céleste et la Mère divine.