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mercredi 16 octobre 2013

Vérité scientifique et vérité de la vie : le talent ne suffit pas


On rencontre dans la vie des personnes très douées, on est vraiment en admiration devant ce qu’elles sont capables de réaliser et on est poussé à  les encourager. Mais, dans la plupart des cas, on constate qu’elles croient n’avoir rien de mieux ni de plus important à faire que de cultiver leurs talents, et c’est là leur limite. Avoir du talent, c’est très bien, mais cela ne suffit pas, et c’est ce que je peux encore vous montrer en étudiant le tableau des six corps :



Selon la manière dont ils se manifestent dans l’existence, on peut, schématiquement, classer les humains en six catégories ; la brute, encore proche de l’animal ; l’homme ordinaire ; l’homme de talent ; le génie ; le saint ; et enfin le grand Maître, l’Initié qui a déjà accès au règne angélique. L’homme de génie est bien au-dessus de l’homme de talent. Mais le saint est supérieur au génie, car il possède des qualités de pureté, de désintéressent, d’amour, de sacrifice de soi, que ne possèdent souvent pas les génies, car uniquement préoccupés de créer une œuvre immortelle, ils ont tendance à sacrifier leur entourage à cette création. Et un Maître, qu’est-ce qui fait sa supériorité sur le saint ? C’est qu’il manifeste les mêmes qualités morales et spirituelles, mais il possède en outre le savoir et les pouvoirs.

Développer ses talents est indispensable, mais ce n’est pas encore l’activité la plus haute, car le talent appartient au domaine de la nature inférieure ; et on peut même dire que, pour la majorité des humains, leurs talents ne sont que l’occasion de nourrir leur nature inférieure. Ils croient qu’ils n’ont rien de mieux à faire que de cultiver ces talents afin de s’imposer aux autres, de se montrer partout pour être appréciés, applaudis, aimés, à l’exclusion de toute autre considération. Donc, même s’il est normal de cultiver ses dons et d’apprécier aussi les dons que les autres possèdent, il ne faut jamais perdre de vue qu’ils sont encore l’expression de la nature inférieure égoïste, avide, vindicative. Or, que voit-on le plus souvent ? Un homme ou une femme se distingue dans le domaine intellectuel, artistique, sportif… tous l’apprécient, l’invitent, l’embrassent, ils ne s’occupent pas tellement d e savoir s’il est bon, juste, honnête, généreux. Le talent, c’est tout ce que l’on regarde et que l’on essaie aussi de cultiver chez les enfants et les adolescents. Rien ne paraît plus important de nos jours que de voir les jeunes réussir dans leurs études, et la joie pour les parents d’avoir des enfants qui deviennent ingénieurs, médecins, chimistes, juristes, économistes ;.. Le monde entier est ainsi rempli de gens capables, talentueux, c’est formidable comme les talents pullulent ; mais pourquoi tellement de capacités et de talents ne peuvent-ils pas sauver le monde ?

Au contraire même, on dirait qu’ils contribuent à le détruire… mais cela ne fait rien, quelqu’un a des connaissances qu’il sait exposer brillamment dans des discours ou des écrits, et c’est cela qui compte aux yeux des gens ; qu’intérieurement règnent le désordre, la laideur, la pourriture, ça n’a aucune importance ; et c’est pourquoi chacun ne se préoccupe que de développer des facultés qui seront appréciées par les autres.

Penser qu’il n’existe rien de mieux que de cultiver des dons est une grave erreur. Les dons doivent être mis à la deuxième place. La question importante, c’est comment vivent les êtres ; est-ce que leurs pensées, leurs sentiments et leurs actes soient en accord avec les lois divines, avec la pureté, la noblesse, la grandeur ? On entend souvent dire ; « ah ! Elle est tellement douée, il a tellement de capacités, on peut tout lui pardonner ». Eh bien, voilà un très mauvais raisonnement. Un être qui est particulièrement favorisé par la nature doit au contraire s’efforcer de soutenir, de couronner ses dons et ses talents par des qualités morales, spirituelles. Sinon, au lieu de devenir, comme il le devrait, un bienfaiteur de l’humanité, il se conduit comme un criminel.

Chacun doit s’efforcer de franchir cette frontière qui sépare sa nature inférieure de sa nature supérieure afin de développer ses corps spirituels ; les corps causal, bouddhique et atmique. Car contrairement à ce que beaucoup de gens ont tendance à croire, la spiritualité n’est pas un domaine facultatif que l’on peut choisir ou ne pas choisir comme on le fait justement pour les autres disciplines ; les sciences, l’art, la littérature etc… Etant donné la structure de l’être humain, la spiritualité est pour lui une nécessité vitale, et tant qu’il ne prendra pas conscience de cette nécessité, il choisira des orientations qui finiront par se révéler dangereuses pour lui-même et pour les autres. Tel qu’il est construit, s’il ne cherche pas la nourriture que réclament son âme et son esprit, malgré ses succès il sera continuellement tourmenté par un sentiment de vide qu’il essaiera en vain de combler

Psychiquement, l’être humain est comme un puits sans fond ; aucune réalité matérielle, aucun succès, aucun savoir intellectuel ne peut vraiment le satisfaire. Il ne faut donc pas s’étonner si tant de personnalités remarquables par leurs capacités, leur intelligence, finissent par tomber dans le spires égarements ; parce qu’ils n’arrivent pas à trouver ce qu’ils cherchent et ne sont même pas conscients de chercher, tous ces gens sont pris dans un engrenage sans fin ; il leur faut toujours plus de notoriété, toujours plus de pouvoir, toujours plus de places à occuper… et ils sont prêts pour cela à asservir ou à écraser le monde entier ; mais même quand ils ont réussi à s’emparer de tout ce qui fait l’objet de leurs convoitises, ils ne sont pas encore satisfaits, car ils n’ont pas réussi à combler ce bide qu’ils sentent en eux comme un gouffre géant ; ils mènent une vie trépidante, mais au fond d’eux-mêmes c’est la mort qui gagne du terrain.

Le seul moyen de lutter contre ce vide, c’est d’avoir un idéal spirituel qui nous lie à un monde supérieur dont nous recevons la nourriture et la vie. Celui qui goûte, ne serait-ce que quelques secondes, à cet élixir de la vie divine reçoit infiniment plus que ne pourraient lui apporter des années d’études, de succès, de pouvoir, de gloire. Cela vous étonne ? Et bien, c’est que vous ne connaissez pas la nature du monde spirituel. Le monde spirituel est placé sous le signe de la qualité, à la différence du monde matériel qui est placé sous le signe de la quantité. C’est la qualité de ce que vous vivez dans votre âme et dans votre esprit qui peut, en une seconde, vous donner une plénitude qu’aucune découverte, aucune réalisation intellectuelle ou artistique ne pourra jamais vous faire éprouver.

Il n’y adonc pas à être tellement admiratif de tous ces gens talentueux, brillants, qui négligent la vie de l’âme et de l’esprit ; et il ne faut surtout pas se fier à eux. Comme ils ne cherchent pas une nourriture spirituelle, la seule qui pourrait les combler, ils sont comme des fauves affamés, et leurs ambitions, leur voracité finissent fatalement par les entraîner sur des chemins dangereux pour eux-mêmes et pour leur entourage. Il est donc nécessaire de revoir la manière dont on envisage l’éducation de la jeunesse. Bien sûr, on doit la pousser à développer ses talents, mais en même temps lui faire comprendre que les talents ne représentent qu’une étape sur ce long chemin intérieur que tous les humains ont à parcourir. Il faut toujours aller plus loin, plus haut, ne pas se contenter de réussir dans quelque discipline que ce soit, sinon on reste dans les grilles de la nature inférieure, et alors là toutes les erreurs, tous les crimes même sont possibles. Vous ne me croyez pas ? Eh bien, réfléchissez. Par qui ont été commis les plus grandes abominations de l’histoire de l’humanité ? Par des gens incultes, ignorants, stupides ? Non. Par des gens instruits, capables et plein de talents, soutenus par d’autres qui étaient également instruits, capables et pleins de talents. Il n’y adonc pas de quoi s’émerveiller devant le talent et les capacités de ceux qui ne mettent pas ces talents et ces capacités au service d’un idéal moral, spirituel…

Oui, il n’y a pas de quoi s’émerveiller, mais il y a de quoi avoir peur.